XXXXXXXXXXJ'ai déjà dilapidé le premier versement que ma mère a fait sur mon compte ! Je sens qu'elle ne va pas apprécier ! Mais je m'en moque, elle est bien trop loin pour m'atteindre ! Elle est complètement terrorisée de me savoir à New-York. Elle croit encore qu'il y a des violeurs et des gangsters à tous les coins de rue ! Mais non maman, redescends sur terre ! NY est grandiose. J'ai beau lui répéter, elle n'arrête pas de m'appeler pour savoir si je suis encore en vie. Je vais essayer de ne pas lui répondre un coup pour voir ce que ça fait... Il serait bien possible que le FBI débarque au quart de seconde dans ma chambre universitaire en ayant préalablement localisé mon portable bien entendu. Tout compte fait je ne vais pas tenter le diable. En parlant de tentation, je viens de remarquer un petit débardeur dans une vitrine, et je vous annonce toute suite que je le veux ! Il doit absolument faire partit de ma garde robe ! Je me précipite dans le magasin, je file dans les cabines, et ... Il est parfait ! Seulement, je risque d'être à découvert... Oh, et puis tant pis, on a qu'une vie, J'ACHETE ! Bon maintenant, il est temps d'arrêter et de rentrer au bercail, avant que je ruine ma famille. Je n'ai pas très envi d'ailleurs. Ma colocataire arrive aujourd'hui et je n'ai pas spécialement envi de faire sa connaissance, mais personne ne me demande mon avis de toute façon...
XXXXXXXXXXJe m'engouffre dans une rame de métro direction l'université. Je regrette déjà tous mes achats qui m'encombrent. J'avance péniblement jusqu'à une place libre, non pas sans bousculer les gens avec mes sacs d'emplettes. Mes victimes grognent, je m'excuse en souriant, mais ils gardent leurs airs renfrognés. Que de convivialité dans cette ville ! Individualisme est le maitre mot de tous les New-Yorkais ! Tu vas peut être devenir comme ça ma petite Lena ! Oh que non ! Enfin, je n'espère pas que ça m'arrive ! J'essaie tant bien que mal de m'installer sur le siège. Je ne sais vraiment pas quoi faire de tous mes sacs, je me sens pataude. Mon téléphone sonne... Je reconnais la sonnerie que j'ai attribuée à ma mère. J'avais dit que je ne décrochais pas, non ? Mais je vois tous les autres passagers du métro qui me fusillent du regard, visiblement ils n'aiment pas trop être dérangés les New-Yorkais... Sous leur regard insistant je me sens obligé de répondre. Je balance mes sacs par terre, et fouille dans mon sac à mains pour attraper mon téléphone. Quand j'appuis sur le bouton vert, c'est trop tard ma mère a déjà raccroché. Oups... J'entends déjà les policiers enfoncer ma porte. Elle va rappeler, j'en suis sure ! Je fixe le combiné comme si ce petit morceau d'électronique avait ma vie entre ses mains et ... Tadaaaaaaa ! Maman rappelle ! Je vois que tout le monde me fixe à nouveau d'un air réprobateur ! Quoi, bande de blaireaux décérébrés ? Vous n'avez jamais entendu un téléphone sonné ? Je décroche et je parle doucement... on sait jamais, peut être que les citadins n'aiment pas entendre le son d'une voix... Je pourrais me faire égorger pour avoir brisé le silence sacro-saint du métro !
Lena : Maman ! Ça c'est une surprise !
XXXXXXXXXXOh oui, quelle surprise, n'est-ce pas ?
Lena : non je n'ai aucuns problèmes !
XXXXXXXXXXSi toi...
Lena : je ne trouvais pas mon téléphone dans mon sac c'est tout... Pas de quoi faire un drame !
XXXXXXXXXXElle a paniqué ! Je vous l'avais dit, elle était à la limite d'appeler la garde nationale ! Pas tout à fait quand même, mais pas loin !
Lena : désolée maman que tu ais eut peur... Va falloir te faire à l'idée que j'ai 18 ans, que je suis à plusieurs centaines de kilomètres de la maison et que je sais me débrouiller !
XXXXXXXXXXEt surtout, que je suis libreuh comme l'air !
Lena : oui je fais en sorte que tu puisses toujours me joindre ! Mais tu admettras que sous la douche il me sera difficile de décrocher... Alors dans ce cas là, pas la peine de paniquer, rappelle quelques minutes plus tard !
XXXXXXXXXXOu au pire m'appelle pas du tout, ça sera plus simple !
Lena : mais oui je comprends très bien ! Tu te fais du souci pour moi ! Mais tu n'as pas à t'en faire, je suis une fille raisonnable et responsable !
XXXXXXXXXXSauf quand il est question de shopping et d'alcool.
Lena : aujourd'hui ? J'ai fait un peu de shopping !
XXXXXXXXXXOoh, si peu !
Lena : quelques bricoles...
XXXXXXXXXXEt un tout petit peu plus...
Lena : non je n'ai pas trop dépensé.
XXXXXXXXXXOups ! Je crois qu'il est temps que je mette un terme à cette conversation.
Lena : je t'en parlerai après, là je dois descendre du métro... Rappelle-moi demain bisous !
XXXXXXXXXXOh quoi ? J'allais presque descendre du métro ! Ne me regardez pas comme ça ! Un petit mensonge ça ne fait pas de mal, de toute façon elle va bien finir par découvrir le trou sur mon compte !
XXXXXXXXXXJe mets illico-presto mon portable en vibreur histoire de ne plus déranger mes nobles compagnons de route. Mes sacs sont étalés par terre, j'aurais peut être du les poser avec ménagement. Je me penche pour les ramasser, et mes lunettes de soleil que j'avais entreposées sur le haut de ma tête tombent au milieu de mes sacs. Certains voyageurs ricanent, mais y'en a pas un qui vient m'aider, ou qui esquive seulement un geste ! Ben bravo la solidarité ! Il me serait arrivé le même genre de chose chez moi, un charmant jeune homme serait venu m'aider à ramasser mes affaires ! Mais ici pas d'âmes charitables, à croire que les mecs n'ont même pas envi de draguer ! Je me rassoie et j'observe les gens qui m'entourent. Hé vous, bande de méchants ! Oui vous ! Je retiens vos visages, et si un jour vous tombez sur les rails, je ne viendrais même pas à votre secours ! Nah ! Ça c'est fait !
XXXXXXXXXXLe métro arrive enfin dans ma station, je me précipite vers la sortie sans ménagement, je mets même un petit coup de sac volontaire à un homme d'affaire ! Bien fait ! Enfin l'air libre ! J'étouffais dans cette cage aux lions. J'ai bien envi de faire un détour... mais il va bien falloir que je la rencontre ma fichue colocataire ! J'aimerai bien qu'elle ne soit pas sympa, comme ça je n'aurais pas à faire semblant de la détester. Pas d'attaches c'est mon mot d'ordre ! Pourquoi ? Hum... je ne suis pas encore prête à en parler, vous m'excuserez, c'est encore trop récent...
XXXXXXXXXXC'est limite si je ne marche pas à reculons... Allez Lena courage ! Je pousse la porte de ma chambre et j'aperçois une superbe fille brune aux yeux étonnamment clairs, assise sur un des lits ! Arrrrg non, elle a l'air sympa ! Dites moi que c'est juste un air ! Voilà qu'elle me saute dessus ! Je vais devoir me la jouer fille froide !
??? : Hey ! Tu dois être Lena ! Moi c'est Joy, ravie de te connaître !
XXXXXXXXXXArrrrrg ! Moi aussi ! Aller tu n'as plus qu'à répondre d'un ton morose...
Lena : salut.
Joy : Je vais jouer la chiante toute suite, comme ça le sale quart d'heure sera passé et on pourra faire connaissance. On va mettre quelques petites règles de collocation en place, c'est vraiment nécessaire ! Crois-moi c'est ma quatrième année universitaire, si on ne fixe pas quelques lignes de conduites tout de suite, on va avoir du mal à vivre ensemble.
Lena : ok
XXXXXXXXXXJe joue la fille bavarde !
Joy : pas de fête dans la chambre
Lena : ok
Joy : on a une moitié de frigo chacune
Lena : ok
Joy : on range nos affaires
Lena : ok
XXXXXXXXXX Vous avez vu, je sais bien dire ok !
Joy : on ne s'approprie pas la chambre pour passer du bon temps avec un mec. Si je dis ça c'est que mon ancienne coloc' avait la fâcheuse tendance de ramener son copain très régulièrement, et de laisser « malencontreusement » la clef dans la serrure.
Lena : ok
XXXXXXXXXXJ'aurais peut être du répondre autre chose là ! Je crois qu'elle me regarde bizarrement. Tant mieux !
Joy : Maintenant que j'ai fait le tyran, on peut peut être essayer de se connaître un peu mieux. Raconte-moi tout !
XXXXXXXXXXEt c'est là que je la casse. Elle est gentille comme tout ! Ça me fait mal de devoir faire ça.
Lena : écoute, je n'ai rien contre toi d'accord. Je ne suis pas quelqu'un de sociable, et je ne veux pas d'amis. On cohabite c'est tout... je respecterai tes règles.
Joy : ...
XXXXXXXXXXJe l'ai blessée je crois. Mais je n'avais pas le choix, c'est pour elle que je fais ça. Je me dirige vers mon armoire et je range mes nouveaux achats à l'intérieur.
Lena : au fait, j'ai prit ce lit, mais si tu veux changer y'a pas de soucis !
Joy : c'est bon, c'est très bien comme ça ! C'est juste un lit.
XXXXXXXXXXElle me regarde avec des yeux de biche égarée ! Ses iris d'un bleu irréel plongés dans les miens plus foncés, provoquent immédiatement en moi une sensation de culpabilité. Non ! Arrête ça sur le champ Joy ! Je ne veux pas avoir de remord !
Joy : tu sais, si c'est la fac' qui te fait peur je comprends... Tu viens d'une petite ville... New-York et l'université t'apportent trop de changements radicaux et ça t'effraie. J'étais comme toi quand je suis arrivé ici ! Mais tu vas t'y faire !
XXXXXXXXXXTu es à coté de la plaque mais tu es adorable...
Joy : je te propose un truc. Ce soir, je suis invité à une soirée. Viens avec moi, tu verras un peu autre chose que ces grands espaces citadins et les cours en perspectives. Viens t'amuser, ça te détendra !
XXXXXXXXXXOoh elle est vraiment trop adorable ! Mais je ne peux pas accepter.
Lena : je ne sais pas...
Joy : je te fais entrer, mais on ne passe pas la soirée ensemble. Tu fais ce que tu veux, tu peux même faire comme si tu n'étais pas venue avec moi ou que tu ne me connaissais pas. Tu bois, tu observes les gens, tu parles à personne si tu le souhaites. Bref tu es libre, pas de contrainte.
XXXXXXXXXXJ'adore les soirées et pas de contraintes d'amitié ... Je ne peux pas résister...
Lena : ok. Mais ça ne veut pas dire que je suis devenue ton amie. Je ne le serais jamais...
XXXXXXXXXXJe lis sur son visage de l'incompréhension. Elle tente de me cerner, mais non je ne m'ouvrirai pas. Cette fille a une tête d'ange qui inspire une confiance aveugle. Mais je ne peux pas, je ne dois pas m'attacher ... Elle me regarde fixement, comme si elle essayait de percer mon mystère, avant d'ajouter :
Joy : départ 19h30, tiens toi prête !
Lena : ok
XXXXXXXXXXVous trouvez que je suis méchante avec Joy ? Oui c'est vrai, mais bientôt vous comprendrez pourquoi ! Promis !