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Chapitre 3 - Alex

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XXXXXXXXXXJe me rassois correctement dans mon siège. Ok Alex, ferme les yeux, respire un bon coup, tu es entrain de te faire des films ! Maintenant tu te penches doucement dans l'allée et tu verras que la jeune fille n'a aucun halo noir autour d'elle... Non, elle en a un ! J'aimerai tellement rêver... Dites moi que c'est juste un satané cauchemar ! Dites-moi que je dors encore ! Je pince la peau de mon poignet, et la douleur m'irradie le bras, je suis bien réveillé ! Je la regarde encore et encore espérant que cette aura va se dissiper, mais c'est tout le contraire qui se déroule devant mes yeux : elle est de plus en plus foncée et opaque. La vérité s'insinue en moi violement, me frappant de terreur. Cette fille va mourir... Et je ne crois pas être capable de la sauver !

XXXXXXXXXXCe n'est pas la première fois que ça m'arrive. J'essaie de me remémorer la seule et unique fois où j'ai déjà été confronté à ce phénomène, mais rien de concret ne me revient. J'avais trop bu ce soir là, je croyais que je déraillais complètement. Mais visiblement je me suis trompé, ma perception et mes sens n'avaient pas été faussés par l'alcool. Aucunes réminiscences qui pourraient m'aider à venir au secours de cette fille ne remontent à la surface. Combien de temps lui reste-il à vivre ? Je ne sais pas ... Tout ce que je sais, c'est que si je ne tente rien, elle va mourir !

XXXXXXXXXXElle est amusée de me voir la regarder, me cacher ensuite derrière le siège, puis glisser à nouveau furtivement ma tête dans sa direction. Elle croit surement que je suis un piètre dragueur, mais elle me sourit autant que son avenir est sombre. Pourquoi ne pas profiter de cette aubaine pour l'aborder gentiment ? Ainsi, si elle me fait l'honneur de ne pas m'envoyer sur les roses, je serais aux premières loges pour intervenir le moment venu. Je me lève, je m'approche d'elle et commence à lui parler avec un sourire forcé de circonstance.

Alex : bonjour, je m'appelle Alex. Je vais être franc avec vous, je m'ennuie... J'ai vu que vous n'aviez pas l'air tellement occupée, alors je me suis dit que si vous étiez d'accord on pourrait faire un petit peu causette histoire de passer le temps.

??? : vous auriez put trouvez mieux comme excuse pour m'aborder... Vous donner l'impression d'être tellement désespéré par votre ennui, que vous vous rabattez sur la chose la plus horrible du monde : parler avec une inconnue. C'est agréable de se sentir comme la dernière roue de carrosse !

Alex : désolé de vous avoir donné cet effet. Mais comme vous l'avez souligné, c'est juste une impression. Oui je m'ennuie, mais ça me fait plaisir de venir vous parler. Je peux m'asseoir ? Ou je retourne tête basse à ma place ?

??? : prenez place, j'ai bien envi de compagnie moi aussi. Je m'appelle Anna.

Alex : enchanté Anna... Alors dites-moi, vous aller où ?

Anna : New-York.

Alex : les études ?

Anna : non. J'ai un job qui m'attend là-bas.

Alex : vous connaissez un peu la ville, ou vous allez débarquer en terrain inconnu ?


XXXXXXXXXXElle me sourit, visiblement elle m'apprécie. Elle est tellement belle. Je n'arrive pas à m'imaginer que la mort l'attend bientôt à un coin de rue.

Anna : c'est la grande découverte de New-York... Un appart' m'y attend, mais je ne sais pas si je vais être capable de m'y rendre.

XXXXXXXXXXJe ne peux pas laissé filer une occasion en or comme celle-ci de passé du temps avec elle.

Alex : je ne me proclame pas expert en orientation à New-York, mais je peux vous guidez, si vous le souhaitez. En tout bien tout honneur, bien sure.

Anna : si c'est « en tout bien tout honneur », j'accepte volontiers !


XXXXXXXXXXElle rit. Elle a confiance en moi. A sa place je n'aurais jamais accepté. Je ne vais pas lui faire de mal, mais une autre personne pourrait ne pas en faire autant.

Alex : j'espère que vous avez un peu plus d'indications que le nom d'une rue, sinon on va y passer du temps !

Anna : c'est dans Brooklyn, à quelques rues de l'aquarium de NY.

Alex : j'y suis allé une fois, ça ne devrait pas poser de problème.

Anna : tant mieux, je détesterai être perdue.

Alex : alors vous allez pester souvent. New-York est tellement grand qu'on se croirait dans un immense dédale ! Je peux vous dire que je me suis perdu plus d'une fois... Mais au bout d'un moment, on commence à comprendre comment ça marche, et surtout on intègre le fonctionnement des métros et leur direction. Après, ça roule tout seul.

Anna : vous êtes donc un nouveau New-Yorkais ?

Alex : j'entame ma quatrième année universitaire en tant que tel.

Anna : profitez... Je rentre dans la vie active, et j'ai peur de regretter mes années à la faculté.

Alex : c'est les plus belles années de ma vie, même si il y a toujours quelques événements pour noircir le tableau.

Anna : comme les examens, et les lendemains de soirées trop arrosées...

Alex : par exemple !


XXXXXXXXXXNous continuons à discuter, et passons rapidement au tutoiement. Cette fille est vraiment sympathique. Doucement elle s'ouvre un peu, et je découvre une personne drôle et attachante. Le voyage file maintenant à une vitesse fulgurante que j'en oublie presque comment j'ai put trouver le temps long quelques heures plus tôt. Même si j'ai l'air à l'aise, un cri d'alarme retentit à chaque seconde dans mon cerveau. Le temps qui est impartit à Anna est un sablier. Il s'écoule inexorablement et c'est la mort qui va frapper quand le dernier grain de sable sera tombé... Mais quand sera-t-il totalement égrainé ?

XXXXXXXXXXL'arrivée à la gare de N-Y est plutôt mouvementée. L'après-midi touche à sa fin, les travailleurs qui rentrent chez eux abondent sur le quai, rendant les déplacements très difficiles pour tout le monde, mais en particuliers pour ceux qui ont une montagne de bagages comme nous. Anna sur mes talons, je crée un chemin dans la foule dense des voyageurs jusqu'à la station de métro. Si la traversée de la gare n'a pas été une partie de plaisir, le métro aux heures de pointes c'est carrément l'enfer. Anna me suit tant bien que mal, je vois dans ses yeux qu'elle a peur de cet environnement qui lui est inconnu. On a l'impression qu'elle évolue dans un milieu hostile. J'aimerai lui prendre la main pour la rassurer mais nos valises nous encombrent trop. Dans la rame, nous sommes séré comme des sardines, c'est le meilleur terrain de jeu des pickpockets, je suis donc à l'affut de tout mouvement suspect. Quand nous sortons enfin à Brooklyn, je remarque qu'Anna est beaucoup plus détendue. Les bains de foules n'ont pas eut l'air de la brancher, mais elle s'y fera. Elle est subjuguée par ce qui l'entoure, le soleil commence à se coucher, ce qui donne un charme certain aux rues de Brooklyn. Nous trouvons rapidement son appartement et pour me remercier elle m'invite au restaurant qui se situe en face de chez elle.

XXXXXXXXXXJe commence à avoir peur, il ne s'est rien passé de soupçonneux mais mon instinct me souffle de me méfier, cette aura noire est toujours omni présente et de plus en plus sombre. Je suis plus distant durant le repas et elle le remarque. Je m'excuse par un manque de sommeil. Nos assiettes terminées, je sens que les règles de bonnes conduites me dictent de prendre congé, mais je ne peux pas la laisser à son triste sort. J'essaie de gagner du temps avant qu'elle rentre chez elle. Elle doit penser que j'attends quelque chose d'elle, mais ça n'a pas l'air de la gêner. Je ne veux pas lui faire croire que j'ai une certaine attirance envers elle. Elle est jolie oui, mais je ne suis pas là pour ça et surtout je ne suis pas le mec qu'elle attend. Depuis quelques années j'enchaine les coups d'un soir, et dans ce genre de relation, il vaut mieux ne pas connaître la fille en question pour s'éviter tout remord inutiles. Mon portable sonne, c'est Josh, je m'excuse auprès d'Anna et je décroche. Voilà un moyen de gagner encore un peu de temps.

Alex : Hey Josh ! [...] Désolé j'ai rendu service à quelqu'un et j'ai un peu de retard. [...] Quoi vous m'avez fait une surprise ? Maintenant que je le sais s'en est plus vraiment une ! [...] Oui tu as raison je ne sais pas ce que c'est... mais vous connaissant j'ai ma petite idée. [...] On verra si j'ai raison tout à l'heure ! [...] Oui je me dépêche ! Si je trouve pas l'appart' je vous appelle ! [...] à toute suite...

XXXXXXXXXXJe raccroche et je relève la tête vers Anna qui me dévore des yeux

Alex : désolé, c'était un de mes colocataires qui commençait à s'inquiéter de mon retard

Anna : je ne vais pas te retenir plus longtemps alors...


XXXXXXXXXXJe vais me détester pour ce que je vais lui dire, mais je ne peux pas la quitter alors que le noir autour d'elle n'a jamais été aussi foncé.

Alex : je n'ai pas vraiment envi de rentrer... On peut rester encore un peu à discuter...

XXXXXXXXXXUn sourire éclatant apparaît sur son visage et elle me répond franchement

Anna : ou on peut monter chez moi...

XXXXXXXXXXJ'acquiesce tout en me maudissant. Si j'arrive à la sauver, je vais regretter d'être aller plus loin avec elle. Elle est jolie et sympathique, mais pas au point de bouleverser des années de fonctionnement avec les filles. Au petit matin je me serais enfuit comme à mon habitude et elle souffrira de mon comportement. Je n'aime pas briser les gens que j'apprécie, mais c'est le seul moyen pour rester avec elle... Si je lui dis qu'un halo noir l'entoure et que la dernière fois que j'ai vu ça, la personne est morte, elle va me prendre pour un fou échappé de l'asile. Tant pis, il vaut mieux qu'elle soit triste que décédée.

XXXXXXXXXXOn sort du restaurant. Je m'arrête pour refaire mon lacet alors qu'elle traverse la rue. Quand je me redresse, je suis horrifié par ce que je vois. Une voiture est entrain de foncé à vive allure sur Anna qui ne se doute de rien. Je crie son prénom, pour l'avertir, mais je sais qu'il est trop tard. Elle a juste le temps de voir le véhicule, mais pas d'éviter la collision. Le choc est violent, et son corps est projeté à plusieurs mètres. La voiture ne s'arrête pas, et percute quelques mettre plus loin un arrêt de bus. Le conducteur ouvre sa portière et s'enfuit à pied, j'ai envi de le poursuivre, mais je ne peux pas laisser Anna toute seule. Je me précipite sur elle, mais je sais déjà ce que je vais trouver. Je le sais depuis le début, elle devait mourir et je ne pouvais pas empêcher ça. Elle ne respire plus, mais je sens un pouls au niveau de sa carotide. J'appelle les secours avant de lui faire des insufflations. Au bout de quelques minutes, son c½ur ne bat plus et je commence un massage cardiaque. Je lui crie de tenir bon, de ne pas me faire ça. Mais rien n'y fait, son système cardio-vasculaire ne repart pas. Je suis épuisé quand les secours arrivent et prennent le relais. Ils m'autorisent à monter dans l'ambulance. Ils ne me disent rien, mais je vois à leur comportement qu'elle n'a pas beaucoup de chance de s'en sortir.

XXXXXXXXXXArrivé à l'hôpital, je suis immédiatement évincé dans une salle d'attente. Je m'assois tremblant et je remarque le regard des autres sur moi. Une gamine pleure, et se cache dans les bras de sa mère, visiblement elle a peur de moi. C'est à ce moment là que je me rends compte que mes mains sont maculées de sang. Je me lève et me dirige vers les toilettes, je veux me débarrasser de ce liquide pourpre et poisseux. En me postant devant le robinet, je comprends la frayeur de la petite fille, je vois dans le miroir que mon visage est couvert de sang, surtout au niveau de la bouche. Elle a dut me prendre pour un vampire. Bizarrement cette pensée me fait sourire dans un moment aussi tragique. Je me débarbouille du mieux que je peux. Chaque gouttes rouges qui s'écrasent sur l'émail blanc immaculé du lavabo me donnent envi de pleurer. Je me retiens de tout envoyer valser, pourtant ce n'est pas l'envi qui me manque de défoncer le distributeur de savon et tout le reste.

XXXXXXXXXXQuand je retourne dans la salle d'attente un médecin m'attend, je crois savoir ce qu'il va me dire mais j'ai tort, elle est encore en vie. Il veut connaître des détails sur elle, mais je ne sais rien. Je regrette tellement de ne pas lui avoir demandé plus de chose sur elle. Je ne sais même pas d'où elle vient, ni son nom de famille, ni où joindre ses proches, ni ses antécédents médicaux... C'est une inconnue pour moi. Le médecin me remercie quand même avant de retourner au chevet de sa patiente. Une demi-heure plus tard je n'ai toujours pas de nouvelles. Je sens vibrer mon portable dans ma poche mais je ne prends pas la peine de décrocher. Ça doit être Josh ou Max qui veulent savoir où j'en suis et je n'ai pas la force de leur expliquer.

XXXXXXXXXXA nouveau, le médecin entre dans la pièce et à ses yeux je sais que c'est fini. Je ne m'effondre pas, mais je me jure que la prochaine fois que je verrai une aura noire entourant une personne, je courrai dans le sens opposé. A quoi bon s'acharner à vouloir sauver quelqu'un alors que le destin en a décidé autrement ? Je me suis attaché à cette fille et maintenant je souffre... Plus jamais je n'interviendrai dans les affaires du destin... ça fait trop mal !



Chapitre 3 - Alex

# Posté le vendredi 13 juin 2008 11:07

Modifié le lundi 30 juin 2008 19:11

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