Chapitre 13 - Alex

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XXXXXXXXXXIl est déjà 6h30 ! J'ai l'impression de m'être endormi il y a à peine 5 minutes ! J'ai trop mal dormi ! Le canapé à l'air beau comme ça, surtout au prix où l'a payé Josh, mais il n'est absolument pas confortable ! Résultat : j'ai mal au dos ! Je vais devoir me faire payer de séances de kinésithérapie par Lena ! Je me lève doucement, et j'ai la sensation d'être un vieux de quatre-vingts ans bourré de rhumatismes ! Je crois que je vais être obligé d'investir dans un lit ! C'est quand même amusant de se dire qu'on a un immense appartement et même pas de quoi coucher tous ses occupants ! Dans une semaine, j'aurai réussi à virer les appareils de musculation de Josh et j'aurai une nouvelle chambre ! Ce n'est pas comme si je n'avais pas mon intimité dans le salon mais presque ! Et si Josh me met des bâtons dans les roues pour cette entreprise, j'irai dormir avec lui, je suis sure que ça le motivera à enlever tout son attirail de bodybuilder inutile !

XXXXXXXXXXJe me fais couler un café et m'étire devant. Je suis le seul à me lever ce matin et c'est totalement déprimant ! J'entends les ronflements de Max, et ça me donne envi d'aller me recoucher ! Ça devrait être interdit les cours avant 16h, c'est affreux ! Même carrément INHUMAIN ! En plus les concepteurs de mon emploi du temps aurait du penser à l'accorder avec celui de Lena... Je vais être obligé de traverser SA chambre pour aller me laver alors qu'elle dort ! Si je la réveille je n'ose même pas imaginer l'avoiner que je vais me prendre ! Je bois mon café d'une traite, prends des habits propres relégués depuis hier dans le meuble télévision... c'est d'un pratique ! Maintenant il va falloir trouver une nouvelle place aux DVD, parce que sur le sol du salon c'est pas mal, mais ce n'est pas tellement décoratif ! Je voulais entreposer ma garde-robe dans la salle de musculation, mais « bon dieu non » c'est la salle privé de monsieur Josh ! Mais plus pour longtemps !

XXXXXXXXXXJ'ouvre tout doucement la porte de la chambre de Lena, et me dirige tout doucement vers la salle de bain. Vous avez remarquez, que plus on essayait d'être silencieux plus on faisait de bruit ? Dans le noir, je n'ai pas vu qu'elle avait déplacé un fauteuil et me cogne dedans. Bien sur c'est le petit doigt de pied qui à prit le plus en rencontrant malencontreusement le pied du fauteuil.

Alex : bordel de merde !

XXXXXXXXXXJe réprime l'envie de balancer le fauteuil à travers la pièce, attrape mon pied endolori avec ma main et atteint difficilement la salle de bain en sautillant. Avant de fermer la porte je jette un premier regard sur Lena. Dans l'atmosphère sombre de la pièce, je ne la distingue pas très bien, mais je crois deviner qu'elle dort toujours ou que du moins elle fait semblant. Dans la salle de bain, il n'y a pas une invasion féminine comme je le croyais. Il y a une petite trousse de maquillage et quelques produits en plus. Pas de quoi s'affoler en criant que mon territoire est occupé par l'ennemie ! Je ne sais pas pourquoi, mais je suis déçu par cette découverte ! Je m'étais surement préparé à me plaindre à cause de ça et surtout à lui faire payer, que je suis dégouté de ne pas pouvoir mettre mes plans à exécution ! Tant pis je vais bien trouver d'autre moyen pour la rendre chèvre : la réveiller en partant tout à l'heure, ça pourrait être amusant non ?

XXXXXXXXXXJe me douche rapidement, me mets du gel dans les cheveux, puis fini avec un brossage de dent... que ma vie est intéressante, n'est-ce pas ? Je vérifie mon allure une dernière fois, et sors de la salle de bain satisfait du résultat. Durant ma séance de « pomponnage » le soleil s'est levé et je vois très clairement la pièce. Lena est allongée sur le coté, ses draps ont glissé dévoilant ses fines jambes nues. Je remonte lentement mon regard sur ses genoux, puis ses cuisses fuselées, pour finir sur son charmant fessier que très peu couvert par sa nuisette noire. Je m'approche doucement en contournant le fauteuil coupable et m'accroupit face à elle. Sa poitrine ressort légèrement du fin tissu de soie, me laissant imaginer des choses peu catholique ! Y'a pas photo, Lena a de quoi affoler n'importe quel homme bien constitué ! Je glisse mon regard le long de son cou, et me surprends à rêver d'embrasser sa nuque gracile. Je fixe ensuite son visage endormi, une sorte d'inquiétude perce de ses traits. Soudain, l'envi me prend de passer le dos de ma main sur sa joue pour dissoudre les tourments qui semblent l'assaillir. Sa peau est douce sous mes doigts et je sens un frisson me parcourir des omoplates jusqu'au bas des reins. Je reste interdit quelques secondes surprit par la réaction de mon corps, ma main toujours égaré sur son visage. J'ai l'impression que mes caresses l'apaise, fort de cette réussite je plonge mes doigts dans sa chevelure dorée et soyeuse. Elle ouvre brusquement les yeux, réveillée par la hardiesse de mon geste, et se redresse vivement dans le lit. Oups ! Je suis prit la main dans le sac !

Lena : je peux savoir ce que tu fais ?

XXXXXXXXXXVite une idée ! Vite !

Alex : tu avais un morceau de tissu dans les cheveux, je voulais juste le retirer !

XXXXXXXXXXNote d'improvisation : 2/20 ! Médiocre !

Lena : je pensais qu'un pervers dans ton genre, avait des réponses un peu plus plausibles pour justifier ses tripotages intempestifs !

XXXXXXXXXXElle a raison, habituellement je suis meilleur dans ce petit rôle ! Mais le matin... à froid... je n'ai pas tous mes neurones connectés !

Alex : moi un pervers ? Tu me vexes !

Lena : alors quel est le mot pour te qualifier ?

Alex : charmant !

Lena : ben voyons !

Alex : ne trouves-tu pas mon visage charmant ?


XXXXXXXXXXJe m'approche d'elle, colle mon visage à quelques centimètres du sien et plonge mon regard dans ses yeux bleus marines. Elle ne cille pas immédiatement, tentant de sonder dans mes iris ce que je projette. Mais elle ne peut pas gagner à ce jeu là... Défier du regard est une de mes spécialités, à tel point que je n'ai jamais perdu ! C'est surement mon charisme naturel qui impressionne! Me voilà encore vainqueur, puisqu'elle vient de tourner la tête ! Note d'intimidation : 18/20 ! Excellent !

Alex : alors ?

Lena : alors quoi ?

Alex : mon charme ?

Lena : je te mentirai si je te disais que tu as un physique ingrat ! Par contre ton comportement se classe plus dans la case « pervers exécrable » que dans celle « charmant » !

Alex : je retiens juste le positif, j'ai une plastique parfaite !


XXXXXXXXXXNote physique : 20/20 ! La perfection dans tout son art !

Lena : les gens sont plus qualifiés par leurs défauts que par leurs qualités ! Si j'étais toi je ne retiendrai que le négatif ! Comme ça, si tu entends quelqu'un dire « ce connard fini », tu sauras que l'on parle de toi !

Alex : ça serait plutôt « ce connard fini, au corps d'athlète » ! Là je saurai que c'est de moi que l'on parle !

Lena : j'aurai plutôt dit « connard fini, narcissique à forte tendance égocentrique »

Alex : savoir que l'on est quelqu'un d'attrayant n'est pas un défaut. La société a naturellement défini des critères physiques et moraux qualifiés de supérieur. Constater que l'on se situe dans cette référence hors norme montre juste notre capacité de discernement.


XXXXXXXXXXEuh ? C'est moi qui viens de parler comme ça ? Josh, sors immédiatement de mon corps !

Lena : t'en vanter par contre prouve que tu ne rentres pas dans la catégorie « humble »

Alex : ne fais-je pas preuve d'altruisme, en offrant généreusement au monde la connaissance que j'ai acquis sur moi-même ?


XXXXXXXXXXJosh ? Qu'est-ce que tu fais encore là ?

Lena : tu veux à tout prix avoir raison hein ?

Alex : à quoi me servirai une joute verbale si ce n'est pas pour la remporter ?


XXXXXXXXXXNote de combativité : 17/20 ! Frôle l'obsession !

Lena : à parler de toi ! Dis moi tu crois vraiment qu'une personne peu modeste offre une partie d'elle au autre en faisant le paon à longueur de journée ?

XXXXXXXXXXPour une blonde elle se débrouille pas mal...Oui, je sais ce n'est qu'un préjugé sans fondement –comme tout les préjugés-, mais même les blondes se servent de cette excuse pour justifier certaines de leur connerie ! Je ne suis donc pas le premier à blâmer !

Alex : j'offre beaucoup plus de moi, dans mon rôle de paon faisant la roue que toi en autruche avec ta tête bien enterré sous terre pour se couper du monde qui l'entoure !

XXXXXXXXXXElle me regarde interloquée et troublée en même temps, aurais-je touché un point sensible ? Note de jugement : 19/20 ! Presque hors norme !

Lena : si on reste dans les métaphores animales, je dirais que tu es sur mon territoire, si j'étais toi je le quitterai immédiatement ! Ne doute pas qu'une autruche ait le dessus sur un paon !

Alex : la taille et la force ne prime pas sur l'intelligence ! Pas la peine de te remémorer ce qu'il s'est passé entre David et Goliath ?


XXXXXXXXXXNote de répartie : 15/20 ! En progrès !

Lena : le petit gabarit c'est moi dans l'histoire, pas toi !

Alex : si on sort de la métaphore animale oui ! Mais ce n'est pas moi qui ai lancé le sujet « je te compare à un de nos amis habitant de la faune » !

Lena : ta réflexion est totalement puérile ! J'ai l'impression d'avoir à nouveau six ans, avec un gosse qui me hurle dans les oreilles « c'est celui qui le dit, qui l'est » !


XXXXXXXXXXA mon tour d'être troublé... Pas par elle et son accusation, mais pas les souvenirs que cette citation enfantine fait naitre en moi. Je viens de quitter le présent, pour faire un bond de quelques années en arrière. Je revois sa petite tête blonde et son sourire d'ange. Il a six ans, moi sept ... Je lui crie dessus, le taquine, lui dit qu'il est la personne la plus nulle du monde... Lentement ses yeux bruns clairs se remplissent de larmes et il se mord la lèvre inférieur pour ne pas éclater en sanglot devant ce frère si méchant qui retournerait sans scrupules cette faiblesse contre lui. Je vois ses yeux brillants et souris de satisfaction, j'ai atteins mon but : il pleure ! Mais ça ne me suffit pas, je lui susurre à l'oreille qu'il n'est rien d'autre qu'un faible et qu'il le restera toujours. Il se bouche les oreilles pour ne plus m'entendre le rabaisser, et entame une litanie en se balançant d'arrière en avant. « C'est celui qui le dit, qui l'est » répète-t-il inlassablement comme si c'était une formule magique pour que je disparaisse à jamais. Après ces moment là, j'étais toujours prit de remords, et je le laissais ensuite jouer avec mes affaires pour me faire pardonner et tout était oublié jusqu'à ce que je décide à nouveau de me passer les nerfs sur lui. J'étais le frère tortionnaire et lui était le martyr ! Heureusement, avec le temps j'ai appris à canaliser cette colère et nous sommes devenus aussi proche que des jumeaux. Maintenant qu'il nous a quittés, je ressens son absence tous les jours comme si une partie de moi avait été arrachée. Je ne serais jamais entier sans lui ... Sans Noah ...

Lena : Alex ?

XXXXXXXXXXSa voix n'a plus le ton agressif qu'elle avait il y a quelques minutes. Elle a surement remarqué mon trouble et s'inquiète de mon silence soudain. J'essaie de me ressaisir, pour ne pas lui montrer ma faiblesse. J'aborde un air hautain et quitte la pièce. Elle me regarde jusqu'à ce que je disparaisse, levant les sourcils d'incompréhension face à mon changement d'attitude. En traversant le hall d'entré, j'aperçois mon reflet dans l'immense miroir que Josh a fait installer la vieille. J'ai le teint blafard et les yeux éteints. Je comprends pourquoi Lena avait l'air si inquiète, on a l'impression que je viens de voir un revenant ! C'est tout comme..... Le fantôme de Noah me poursuivra à jamais...



Ma Honey n'étant pas là du Week end
elle n'a pas pu me relire avant publication,
Alors n'hésitez pas à me signaler,
fautes d'orthographe, de conjugaison,
de grammaire, de tournure... ect ...


Chapitre 13 - Alex

# Posté le samedi 13 septembre 2008 20:39

Modifié le samedi 04 octobre 2008 14:56

Chapitre 14 - Lena

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XXXXXXXXXXEuh j'ai loupé un épisode là ? Qu'est-ce que j'ai bien pu dire pour le vexer autant ? Il a des graves problèmes de comportement ce jeune homme ! Déjà qu'il s'amuse à me tripoter les cheveux pendant que je dors, maintenant il se barre blanc comme un linge, pour une petite remarque de ma part ! Il doit se passer des choses particulières dans son microscopique cerveau ! Il m'a traité d'autruche tout à l'heure mais vous savez que l'½il d'une autruche est plus gros que son cerveau ? J'ai bien l'impression qu'Alex ressemble plus à une autruche que moi ! Passons, j'ai un souci à régler bien plus important que de me préoccuper du médiocre encéphale de mon colocataire, qui est « comment empêcher mon pervers de colocataire à trois neurones de venir violer mon intimité ? ». Réponse : l'empêcher définitivement de pénétrer dans ma chambre ! Cela implique de l'expédier dans une autre salle-de-bain, et de poser un cadenas à ma porte ! Quoi ? Vous croyez vraiment que j'allais le laisser entrer dans ma chambre comme bon lui semblait, pour lui donner d'autres occasions de poser ses sales pattes sur moi ? Vous rêviez les filles, il a beau être totalement craquant et avoir un petit coté irrésistible, j'apprécie guère son attitude éhonté et provocatrice, sans parler de sa nouvelle manie de se prendre pour un coiffeur ! Non non non, s'en est fini de notre cohabitation de salle d'eau ! Il va aller s'en chercher une autre plus loin !

XXXXXXXXXXPrise d'une folie de me débarrasser de lui, je me lève d'un bond, empoigne un sac plastique dans lequel j'entreprends de balancer toutes ses affaires de toilette. Je me précipite au salon et dépose sans ménagement ses effets personnels sur le canapé avant de m'affaler devant une bonne tasse de café serré. Ma patience déjà bien entamée par ce réveil des plus inopportuns, la caféine finit par me mettre dans un état d'énervement intensif ! Très bien je ne vais pas attendre ce soir pour pouvoir me calfeutrer décemment dans ma chambre. J'avale d'une traite le fond de liquide noir, enfile un survêtement et sors sans maquillage à la recherche d'un magasin susceptible de vendre quelque chose ressemblant de près ou de loin à un verrou. Au bout d'un moment, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais, j'ai même rajouté un petit extra : une pancarte « private » à placer sur ma porte. Parfait ! Maintenant il n'y a plus qu'à installer tout ça et le tour et joué... Mais je crois qu'il ne faut pas que je mise sur mes talents de bricoleuse. La dernière fois que j'ai essayé d'accrocher un tableau, j'ai fait un trou dans le mur de diamètre supérieur à celui de la vis! Après cet incident mon père m'a privée de perceuse ! Mais ça ne doit pas être si difficile que ça de planter une dizaine de clous pour faire tenir deux petits bouts de métal ! Non ? En fait si, c'est plus dur que ça n'y parait, sans compter qu'il faut manier avec habilité la cuillère. Vous vous demandez ce que fait une cuillère dans cette histoire ? Et bien, j'ai omis d'acheter un marteau, je dois bien me débrouiller avec les moyens du bord ! Au moins je ne risque pas de me broyer les doigts en m'assénant un coup avec les couverts en argent massif de Josh ! À force de m'acharner j'ai enfin réussi à clouer tout ce petit monde sur ma porte. Ce n'est pas bien droit mais le verrou ferme, et le « private » tient, que demander de plus ? De la perfection ? Oui mais pour une première à la cuillère je trouve ça pas trop mal !

XXXXXXXXXXIl est à peine 8h30.J'ai tellement peu de cours à l'université que j'ai oublié qu'on pouvait se lever si tôt ! Alex m'a mise dans un tel état d'énervement, que je sais parfaitement que je ne serai pas capable de me rendormir. Je n'ai donc plus qu'à profiter de ma matinée pour remettre de l'ordre dans ma vie. Un, je fini de ranger mes affaires, deux je vais voir Joy pour mettre les choses au clair et trois je me cherche un boulot pour pouvoir payé mes frais médicaux. J'ai du pain sur la planche ! J'ouvre les derniers cartons, vestige de mon déménagement et commence à faire de cette chambre la mienne et plus celle d'Alex. Je me sens déjà plus dans mon univers lorsque mes biblots et mes photos viennent égailler le blanc immaculé de la pièce. J'essaie de pas m'attarder sur les photographies, les visages de Mandy et Jacob provoque en moi une violente souffrance me rappelant ma condition de morte de sursit. En ouvrant le tiroir de la table de nuit pour y déposer des livres de poche, j'y découvre un petit carnet noir. Une excitation s'imprègne rapidement en moi, j'ai le sentiment que cet objet renferme un secret... J'ai toujours adoré fourré mon nez dans les endroits interdits. Je pourrais refermer le tiroir et faire comme si je n'avais rien trouvé... Mais ma curiosité est bien trop forte. Je prends délicatement le carnet entre mes mains, comme si je tenais une relique et m'assoie calmement sur mon lit. Je caresse doucement la couverture de cuir du carnet, bloque ma respiration sous l'effet d'attente et l'ouvre à la première page. Une écriture féminine illustre la photographie d'une belle blonde embrassant l'objectif :


Un nouveau départ... Un nouveau carnet ...
Love XXX
Cassy


XXXXXXXXXXÇa commence bien ! Cette première page indique déjà pas mal de chose : ce n'est pas le premier carnet d'Alex, et surtout cette Cassy n'a pas l'air d'être sa s½ur ! Sa meilleure amie peut être ? Non je doute qu'une meilleure amie laisse une photo d'elle entrain d'envoyer un baiser... Et puis j'aime à penser qu'elle peut être plus pour lui. Impatiente je tourne les pages une à une et découvre des parcelles de la vie d'Alex. Tout est daté de 2005-2006, sa première année d'université. Il y a des textes, des poèmes, des photos ... C'est une sorte de journal intime illustré. Avide de tout découvrir je dévore chaque page, en tentant de déchiffrer le sens de ses mots entrelacés, de ses photos agencées de manière réfléchie.

XXXXXXXXXXAinsi je connais la peur, qu'il a ressentie en quittant les siens pour l'université. S'il était pressé de se détacher de ses parents, il était anxieux de se séparer de celle qu'il aimait Cassy et de son frère Noah. Des larmes me montèrent aux yeux en lisant la retranscription de ses adieux avec sa famille à la gare. Son âme s'est brisée en mille morceaux quand il a vu les longs sanglots de Cassy alors qu'il se détachait d'elle à contre c½ur. Elle avait voulu le retenir, mais il l'avait repoussée gentiment, de peur de ne pas trouver la force de partir si elle l'embrassait encore une fois. Il avait retenu ses larmes dans le train, essayant d'effacer de son esprit l'image de Cassy souriant et pleurant à la fois. Il ne l'avait pas appelée à son arrivée à New-York, il n'avait pas la force d'entendre sa voix. Puis les jours étaient passés, et il avait réussi à chasser un peu son chagrin grâce à son amitié naissante avec Max, son colocataire.

XXXXXXXXXXDes coups à ma porte me tirent de ma lecture. C'est Josh. Je le fais entrer après avoir dissimuler le carnet sur mon oreiller.

Josh : déjà réveillée jeune demoiselle ?

Lena : toi aussi !

Josh : l'avenir est à ceux qui se lèvent tôt ! Enfin disons, pas trop tard ! Que fais-tu beauté ?


XXXXXXXXXXEuh... je fouille dans le passé d'Alex !

Lena : rien...

Josh : Et m'autorises-tu à ne rien faire également en ta compagnie ?

Lena : bien sur !


XXXXXXXXXXJe tapote le lit à coté de moi !

Lena : assieds-toi !

Josh : avec plaisir.


XXXXXXXXXXIl se pose délicatement à mes cotés et m'embrasse la joue.

Josh : bonjour belle demoiselle !

Lena : salut mec !

Josh : arrête de vouloir à tout prix me rendre ridicule avec tes paroles de banlieusarde !

Lena : hé hé, c'est bien le but ! Je compte bien t'apprendre le langage normal des jeunes de notre âge !

Josh : je te croyais au dessus de l'occupation de nos congénères... Les suivre comme un mouton, c'est tout ce que tu sais faire ? C'est bien dommage ! Tu as un potentiel et tu le gâches inutilement !


XXXXXXXXXXRaaaaaaaa, je hais sa répartie !

Lena : toi aussi tu es un mouton très cher !

Josh : ah oui ? Peux-tu étayer ?

Lena : tu es un mouton noir !

Josh : nous y voilà ... Mouton noir au milieu de vous jeunes prolétaires, mais je ne suis qu'un mouton blanc parmi d'autre dans mon milieu d'origine. Tout dépend de quel coté tu te places !

Lena : si tu veux vraiment qu'on fasse une étude sociologique sur ton cas, je dirais que tu es un mouton blanc à cinq pattes chez toi.

Josh : et pourquoi ça ?

Lena : je me demande bien pourquoi un jeune homme brillant de ton acabit, n'est pas allé à Yale, Brown ou Princeton comme tout héritier qui se respecte ? Non, tu as choisi NYU ! Pourquoi ?

Josh : brillant ? Non j'ai passé plus de temps à faire la fête dans les plus grands hôtels de la ville qu'à penser à mes études. Tout l'argent de mes parents n'a pas pu me faire entrer dans une seule université de l'Ivy League, alors je suis resté à New-York.

Lena : tu regrettes ?

Josh : de ne pas avoir été studieux au lycée ?

Lena : oui

Josh : Non pas du tout ! Je me sens bien ici, j'ai trouvé des vrais amis, et puis mon diplôme à la NYU me donnera tout autant accès à la tête de l'entreprise de mon père. Pas besoin de Harvard, pour reprendre les rennes d'une multinationale familiale !

Lena : et tu veux vraiment faire ça ? Reprendre l'entreprise de ton père ?

Josh : je ne pense pas avoir vraiment le choix !

Lena : rien ne t'oblige à suivre le chemin qu'a tracé ton père pour toi ! Tu peux tout abandonner et aller étudier les ours dans la forêt, si tu en as envi!

Josh : mais bien sur ! Tu me vois au milieu d'arbres toi ? La seule flore que je connaisse, est la verdure de Central Park !

Lena : c'était juste un exemple. Tu n'as pas envi, d'aller plus loin ? De voir autre chose ? De découvrir l'inconnu ?

Josh : la connaissance est bien plus sure que l'inconnu !

Lena : je croyais que tu étais un aventurier !

Josh : tu te trompes ! J'apprécie mon confort, je ne souhaite en rien le quitter !

Lena : dommage ! Je comptais t'emmener vivre avec moi dans une tribu d'Afrique !

Josh : il me reste encore tellement à découvrir sur ma tribu de Manhattan !

Lena : j'abandonne ! Je ne ferai pas de toi un aventurier ! Tu es plus borné que moi !

Josh : borné ? Non ! Je sais juste comment je voudrais que soit ma vie ! Et il est certain que je ne m'imagine pas en tenues hippies dans une secte beetnik !

Lena : c'est un peu poussé comme vision ! Tu pourrais avoir envi de choses plus conventionnelles, comme je ne sais pas, être enseignant !

Josh : Lena, j'apprécie que tu te préoccupes de mon avenir, mais ne t'inquiète pas pour moi ! Je sais exactement ce qui me convient ! Mais merci, d'avoir prit la peine d'essayer de me faire changer d'avis ! Un peu d'attention de la part de quelqu'un, c'est toujours agréable !

Lena : de rien ! Tu vois je ne suis pas si asociale qu'il n'y parait !

Josh : c'est une image que tu t'es donnée, et je compte bien découvrir pourquoi !


XXXXXXXXXXOups ! J'aurai mieux fait de me taire ! Maintenant il va essayer de fouiller dans ma vie et je ne veux pas qu'il découvre ma maladie ! Je me renfrogne, et m'allonge sur le lit pour dérober mon visage de ses yeux avides de réponses. Je ne le vois plus mais je sens son regard peser sur moi. Doucement il prend ma main dans l'une des siennes et me caresse la paume avec son pouce.

Josh : tu sais je ne veux pas te forcer la main. On se connaît guère c'est vrai, mais j'ai l'impression de te connaître depuis toujours. J'ai deviné aisément que tu cachais quelque chose, et j'ai l'intuition que c'est plus sérieux que tu ne laisses entendre. Je ne vais pas te forcer à te dévoiler, mais sache que si tu as besoin de parler, de te confier à quelqu'un je serai là. Je peux être une oreille attentive et de bon conseil. Je n'évoquerai plus jamais le sujet, la balle est dans ton camp maintenant, à toi de voir si tu souhaites me la renvoyer.

XXXXXXXXXXSon petit discours me touche énormément. J'ai voulu fuir l'amitié mais elle nous rattrape toujours... Même si ses mots me mettent en confiance, je me suis jurée de m'épargner les regards de pitié de mes pairs alors je ne lui dévoilerai rien. Je lui serre doucement les doigts pour lui montrer ma reconnaissance et tire doucement son bras pour qu'il s'allonge à mes cotés. Il se laisse tomber et grogne lorsque sa tête heurte mon oreiller.

Lena : qu'est-ce qu'il y a ?

Josh : y'a du plomb dans ton oreiller ?

Lena : hein ?


XXXXXXXXXXIl se redresse, soulève l'oreiller, et y découvre le carnet d'Alex. Je crois que je viens d'être prise en flagrant délit. Je lui souris d'un air innocente, peut être ne sait-il pas qu'il appartient à Alex...

Josh : ne me dit pas que c'est ce que je crois ?

XXXXXXXXXXVisiblement j'avais tord, il sait très bien ce que cet objet représente.

Lena : tout dépend de ce que tu crois...

XXXXXXXXXXJ'ai envi de lui arracher le carnet des mains pour qu'il n'ait pas le loisir de découvrir la vérité. Mais c'est trop tard, il a déjà tourné la couverture de cuir. Il soulève un sourcil, et oriente son visage vers le mien. Son expression n'est pas sévère comme je l'aurai cru, je lis même dans ses yeux un certain amusement. Ouf, je ne vais pas être réprimandée pour ma curiosité.

Josh : tu es une petite chanceuse toi ! J'ai toujours rêvé de feuilleter le carnet intime d'Alex !

XXXXXXXXXXFinalement je ne suis peut-être pas la plus curieuse ici !

Lena : alors que penses-tu qu'on le feuillette ensemble, tu vas peut être pouvoir m'éclairer sur les zones d'ombre ...

XXXXXXXXXXUn sourire s'étire sur son magnifique visage.

Josh : entendu !

Lena : avant que l'on commence, j'aimerais bien que tu me parles un peu de Cassy !

Josh : ah Cassy ! Très jolie créature !

Lena : ranges tes pulsions sexuelles animales, et dis moi comment un mec qui semble au premier abord amoureux au point d'en pleurer quand il quitte celle qu'il aime pour l'université, peut devenir un vrai goujat ?

Josh : non, il a pleuré ?

Lena : il s'est retenu de le faire... mais c'est tout comme !

Josh : dommage que cette petite intrusion dans la vie d'Alex doive rester secrète. Je suis déçu de ne pas pouvoir le taquiner avec cela !

Lena : moi je te jure que s'il continue à me taper sur les nerfs je ne me gênerai pas !

Josh : je ne crois pas que ça serait tellement judicieux de le faire !

Lena : et pourquoi ça ?

Josh : parce que je connais Alex... Il n'est pas foncièrement méchant. Il est juste un peu aigri.


XXXXXXXXXXAigri ? C'est peu dire ! Il est ravagé ce mec !

Lena : aigri par quoi ?

Josh : j'en ai trop dit... désolé mais je lui ai promis de ne jamais en reparler, que ça soit avec lui ou avec quelqu'un d'autre...


XXXXXXXXXXNon ! Comment peut-il titiller ma curiosité ainsi et la laisser ensuite sans satisfaction ?

Lena : ne te parjure pas alors ! Mais peut-être que je trouverai la réponse dans ce carnet !

XXXXXXXXXXY'a intérêt, sinon je risque d'égorger Josh pour lui soutirer des informations !

Josh : c'est possible...

Lena : parle-moi de Cassy maintenant ! Tu as le droit de le faire non ?

Josh : oui ... honnêtement je ne sais pas grand-chose sur elle... Mais pose tes questions !

Lena : comment ce sont-ils rencontrés ?

Josh : ils étaient au lycée ensemble. Alex était le quaterback de l'équipe de football et Cassy était la capitaine des cheerleaders ... Tu connais la suite !

Lena : une love story banale !


XXXXXXXXXXComme celle que j'ai vécue avec Jacob...

Josh : une amourette de jeunesse typique et mielleuse. À gerber !

Lena : hé surveille ton langage !

Josh : c'est l'hôpital qui se moque de la charité !

Lena : pour une fois qu'il y a une faille dans ton langage, laisse moi en profiter !

Josh : je suis presque parfait, il y a tellement peu de choses sur lesquelles tu puisses te moquer de moi, je dois bien te laisser une petite marge d'action !

Lena : hum ? Parfait toi ? Laisse-moi rire !


XXXXXXXXXXQuoi que ... si on lui enlève son coté Dom Juan, il est quasiment parfait !

Josh : plait-il ?

XXXXXXXXXX« Plait-il » ? Et il me dit ça de façon banale, comme si il ne sortait pas une absurdité !

Lena : il me plait ! Mais revenons à nos moutons... Que s'est-il passé entre Cassy et Alex ? Pourquoi se sont-ils séparés ?

Josh : je crois bien ne pas pourvoir te répondre...

Lena : ça fait donc partie du il-est-aigri-parce-que-quelque-chose-que-je-ne-saurais-jamais !

Josh : tout à fait !

Lena : laisse-moi deviner ! Elle l'a trompé, il l'a découvert et maintenant il se venge de cet affront sur le sexe opposé ?

Josh : absolument pas !

Lena : alors je patauge !

Josh : tu risques de patauger longtemps, je ne pense pas que tu puisses découvrir ce qui lui est arrivé !

Lena : sauf si c'est dans le carnet !

Josh : effectivement !

Lena : maintenant que je suis renseignée sur Cassy, si on regardait un peu le contenu de ce carnet ?

Josh : allons-y !


XXXXXXXXXXJe m'approche de lui, et pose ma tête sur son torse, les yeux rivé sur le carnet qu'il tient au dessus de lui. J'attends qu'il tourne les pages, mais il reste fixé sur la photographie du baiser de Cassy.

Lena : alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

Josh : je me sens coupable de faire ceci !

Lena : aller, c'est pas comme si tu ne connaissais pas tous ses secrets !

Josh : ce carnet est un peu trop intime ! Je ne connais pas toute sa vie... Je doute que ça soit une bonne idée de violer ses secrets !

Lena : je comprends... c'est ton ami, tu ne veux pas le trahir.

Josh : d'un autre coté, je suis d'une curiosité maladive !

Lena : alors on va trancher. Nous n'avons pas à lire ses textes, nous pouvons simplement regarder les photos !


XXXXXXXXXXEt moi je ne m'embarrasserai pas de tant de précaution, je lirai chaque mot de ce carnet quand il aura le dos tourné !

Josh : ça me parait un bon compromis !

XXXXXXXXXXIl tourne quelques pages, pour s'arrêter sur une, intitulée « intégration ». Il y a trois photos, une de Max, une d'Alex et l'autre représentant des cadavres de bouteilles d'alcool. Vu la tête des deux zigottos sur les photos, on se doute aisément que se sont eux qui ont descendu tout ce liquide. Josh sourit devant leur visage trahissant leur abus de boissons.

Josh : je ne les connaissais pas encore à l'époque... Enfin si j'avais rencontré Alex, mais on ne s'appréciait guère.

Lena : mais les temps ont changé ! Vous êtes quasiment inséparables maintenant !


XXXXXXXXXXUn petit rire sort de sa gorge.

Josh : si tu m'avais dit à ce moment là que j'allais me mettre en colocation avec eux, je t'aurais prise pour une psychotique !

Lena : comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences !


XXXXXXXXXXIl me gratifie d'un sourire et tourne quelques pages du carnet d'Alex. Je vois défiler un paquet d'images, essentiellement de Cassy, mais aussi de son frère Noah. A chaque fois je suis subjuguée par les traits de ce jeune homme blond. Il parait si innocent ... Ces yeux marrons reflètent une douceur intense, et une honnêteté sans borne. C'est une espèce d'ange, la gentillesse incarnée. Au fil des pages, je me pose de plus en plus de questions sur lui. Je ne peux me résoudre à les laisser sans réponse.

Lena : Alex est très proche de son frère ? Non ?

XXXXXXXXXXJosh fait comme si il ne m'avait pas entendu, et continue de regarder les photographies.

Lena : Josh ?

XXXXXXXXXXIl ne me répond toujours pas, et fait semblant d'être absorbé par les polaroids. S'il croit que je vais changer de sujet, il peut courir !

Lena : hé ho ! Je t'ai posé une question !

XXXXXXXXXXIl détache ses yeux du carnet, et les pose sur moi en soupirant.

Josh : comme tu l'as compris plus tôt, il y a beaucoup de secret autour d'Alex. Il a vécu des choses pas très agréables... Une promesse est une promesse je préfère être silencieux, plutôt que de trahir la parole que je lui ai donné. S'il souhaite te faire part de ses troubles il le fera...

Lena : je comprends... Ne t'inquiète pas.


XXXXXXXXXXJe comprends, certes, mais ça ne m'empêche pas d'être frustrée. Il se replonge dans le carnet et me montre des photographies d'une soirée qu'il a passé avec Max et Alex.

Josh : tu vois la fille qui tire l'oreille de Max ?

XXXXXXXXXXJe me focalise quelques secondes sur cette jolie brune pétillante.

Josh : c'est l'ex de Max. Une vraie emmerdeuse !

XXXXXXXXXXJe mime un geste choqué, pour lui signaler son incartade langagière.

Josh : range ton expression outragée ! Dis-toi bien, que si j'emploie ce terme, c'est que je ne la porte pas dans mon c½ur !

Lena : j'imagine !

Josh : tu vois, je me dis parfois que c'est à cause d'elle que Max a viré de bord ! Après elle, on ne peut décemment pas croire que les femmes sont un cadeau du ciel !

Lena : on n'est pas toutes des « emmerdeuses » !

Josh : non c'est vrai... Mais il me suffisait de l'entrapercevoir quelques secondes pour regretter l'existence de la gente féminine !

Lena : tu me la dépeins de façon terrible !

Josh : elle l'est ! Je plaints celui qui va passer le reste de sa vie à ses cotés !

Lena : ce n'est parce que tu ne l'apprécies pas, que c'est le cas de tous le monde ! Tiens regarde, si Max est sortit avec elle, c'est bien parce qu'il l'aimait bien !

Josh : au début oui, mais il a vite déchanté !

Lena : pauvre Max ...


XXXXXXXXXXJosh rit doucement avant de refermer le carnet.

Josh : je dois aller me faire un brin de toilette, je ne peux échapper à l'université plus longtemps !

Lena : le devoir n'attend pas.


XXXXXXXXXXIl m'embrasse sur le front et se lève. Avant de fermer la porte il me lance :

Josh : tu sais tu aurais pu attendre que j'appelle un ouvrier, il t'aurait installé ce verrou correctement !

XXXXXXXXXXEst-il en train de dire que je bricole mal ?

Lena : qu'est-ce qu'il a mon verrou ?

Josh : une forte tendance à basculer à droite ! Un spécialiste lui aurait évité ce petit défaut !

Lena : insinues-tu que je ne suis pas douée en bricolage ?

Josh : je n'insinue rien du tout, je constate !

Lena : mais oui c'est ça ! Déguerpis petit bourgeois, avant que je décide de repeindre ta chambre

Josh : dieu m'en garde !


XXXXXXXXXXIl explose de rire avant de filer rapidement sans demander son reste. Quant à moi, tant de questions ce bousculent dans ma tête. Toutes ces choses que Josh n'a pas voulues me dévoiler m'intriguent. Cédant à l'impatience je reprends ma lecture du journal intime d'Alex. Je lis avidement chaque mot, mais je n'en sais pas vraiment plus sur Cassy et Noah. Je commence à désespérer quand je tombe sur un poème adressé à Noah.


Tu resteras à jamais ancré dans nos c½urs,
Telles les racines d'un arbre dans la terre,
Puisant notre force à travers cette douleur,
Souffrance qui ne sera en rien éphémère.

Un vide, un néant autour de nous s'est créé,
Qui ne pourra et ne sera jamais comblé.
Ce vide où seul subsistera ton souvenir,
Réminiscence que nous ne pourrons bannir.

Car tu as été pour nous tous notre lumière,
Eclairant constamment nos vies de ta lueur,
Nous baignant de joie, de gaieté à ta manière.
Mais quand ton éclat s'est éteint, sont nés des pleurs

Enfants de tout l'amour que tu nous as donné
Que tu as si largement offert sans compter.
Chaque parcelles de mon corps, hurlent de peine,
Car souvient toi que pour l'éternité, je t'aime ...


XXXXXXXXXXEn le parcourant, je comprends enfin les silences de Josh... Noah est décédé! Je veux en savoir plus, mais le reste du carnet n'est que pages blanches. Je lis et relis ces alexandrins, en quête d'un élément qui donnera un sens, un indice à cette mort. Mais rien. Il ne dévoile rien. Juste sa douleur, sa peine, sa souffrance et le manque que lui procure l'absence de ce frère trop vite disparu. Ma vue se brouille, une larme s'échappe de mon ½il droit, que je m'empresse d'écraser sur ma joue. Je n'ai jamais pu supporter la détresse des autres, je suis trop sensible. Je prends conscience alors que l'attitude d'Alex n'est qu'une échappatoire à sa condition d'âme blessée. J'ai pitié de lui, de ce qu'il doit endurer à chaque minute de son existence. Je suis prise de cette fichue pitié que je ne veux pas voir naitre dans le regard des autres à mon égard. J'essaie de la repousser, mais c'est trop tard. Je n'ai plus la même amertume envers Alex qu'il y a quelques heures. Car tout les deux, nous avons un point commun, nous savons que la vie est fragile et éphémère.

XXXXXXXXXXLa vie est juste un fil. Nous la traversons comme des funambules et il suffit de rien – un coup de vent, un moment de maladresse- pour que nous basculions dans les abîmes de la mort. Mon fil est fragile, je lutte pour ne pas tomber, mais inexorablement je vais sombrer... Mais quand ? Dans quelques jours ? Quelques mois ? Quelques années ? J'ai cette épée de Damoclès au dessus de ma tête qui a des chances de s'abattre bientôt sur moi, mais je ne suis pas anxieuse. J'ai juste peur pour les autres. Quand je vois les changements que la mort de Noah a engendré chez Alex, je ne souhaite ça à personne, pas même à mon pire ennemi. Je voulais me séparer des gens pour leur éviter cette souffrance et je fais tout le contraire. Mais je ne suis pas assez forte pour vivre sans les autres, sans la chaleur humaine, sans me sentir aimé. Je suis égoïste, je me focalise sur mon bonheur présent, sans réellement penser aux conséquences sur les autres. Comment réagira Josh quand mon anévrisme se rompra ? Il sera surement anéanti, comme Jacob et Mandy d'ailleurs. J'ai beau avoir coupé les ponts avec eux, ils n'en seront pas moins peinés. Que dois-je faire ? M'exiler dans un lieu où il n'y a aucune vie humaine à laquelle je pourrai me raccrocher ? Ou peut-être tout simplement mettre fin à cette mascarade qu'est ma vie ? Si je meurs aujourd'hui, je n'aurai plus l'occasion de me créer une nouvelle victime potentielle ! J'en suis là maintenant... à penser au suicide... Mais ce n'est pas la solution, ce n'est jamais la solution. Quitte à mourir autant le faire sur une table d'opération à essayer de narguer la mort... J'avais évincé cette solution, mais pourquoi pas finalement. Je vais y repenser...

XXXXXXXXXXJe suis tellement dans mes pensées que je ne fais pas attention aux bruits autour de moi. J'entends des éclats de voix au salon, mais ça met égale. Ma porte s'ouvre bruyamment, laissant entrer un Alex furibond. Que me veut-il ? Il s'approche de moi d'un pas décidé, mais se stoppe soudainement. Ses yeux font des brusques allers-retours entre mon visage et le carnet toujours ouvert entre mes mains. Il était furieux en entrant dans ma chambre, mais de me découvrir plongée dans son carnet le met dans un état de rage violente. Il se précipite sur moi en grondant. Je ferme les yeux et le laisse approcher sans fuir. Peut-être que je n'ai pas besoin de me suicider ou de mourir sur la table d'opération... Alex semble bien vouloir me tuer de ses propres mains ...



Mitch Hewer est Noah

Hayden Pannetiere est Cassy




Chapitre 14 - Lena

# Posté le lundi 06 octobre 2008 17:15

Modifié le dimanche 16 novembre 2008 19:50

Chapitre 15 - Alex

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XXXXXXXXXXApparence... Je ne suis qu'une apparence. J'ai endossé un rôle pour donner l'illusion au monde que je suis un être heureux. Mais sous ce masque si lisse, ma peau est craquelée. Sous mon implacable assurance se cache un esprit meurtrit. Sous mon apparente force, se calfeutre un c½ur brisé, blessé qui j'ai l'impression ne battra plus jamais. En faite, chaque partie de mon corps n'est que douleur. Le jour où Noah est mort, c'est comme si j'avais plongé dans un torrent d'acide qui depuis ne cesse de me ronger de l'intérieur. Cette souffrance ne s'arrêtera jamais, pas tant que je ne rejoindrai mon frère dans l'au-delà par le même chemin qu'il a emprunté il y a trois ans. Tous les jours, j'ai envi d'hurler, mais si je le faisais, je lâcherai cette bête enfouit en moi depuis trop longtemps. Elle se nourrit de ma peine, et si elle s'échappait, elle provoquerait une houle de folie en moi et je sais que je n'en sortirai pas indemne...

XXXXXXXXXXCoupable... Je suis coupable. J'ai vu apparaître cette aura noire autour de mon frère. J'ai vu... Mais je n'ai rien fait, rien tenté... Je n'ai même pas essayé de comprendre. Je l'ai laissé mourir sous mes yeux. Beaucoup de gens me disent que ce n'est pas de ma faute. Mais je sais, que je suis fautif. L'alcool avait annihilé toute mes facultés, et lorsque que j'ai vu naitre cette brume vaporeuse noire autour du corps de Noah, j'ai rit. Je me suis moqué de ma piètre résistance à la Vodka, et je me suis amusé de mes illusions. Je ne me suis pas inquiété... Comment aurai-je put savoir que je ne divaguais pas ? J'aurai du le deviner, mais j'étais bien trop saoul pour arriver à une telle conclusion. Maintenant Noah est mort et il ne reviendra jamais. J'étais le seul à pouvoir le sauver, et je n'ai rien fait. Mon don s'est manifesté et je l'ai ignoré. Cela fait de moi un coupable.

XXXXXXXXXXImpuissant... je me sens impuissant. Tous ses gens que je vois mourir sans que j'arrive à faire quoi que se soit, provoquent en moi une colère. A quoi me sert ce satané don si je ne peux rien faire pour leur venir en aide ? Juste me blesser un peu plus visiblement... Mais je n'y crois pas, j'ai la capacité de voir la mort ce n'est pas anodin. Pourquoi me prévenir si je ne peux pas les sauver ? Il doit y avoir un moyen, et je le trouverai ! Je ne serais plus jamais celui qui assiste à la mort avec impuissance. Ainsi, je m'amenderai de la dette que j'ai envers Noah, Anna ou encore le vieux monsieur de Central Park. Je sais que je ne serais jamais pardonné, mais j'espère au moins me respecter assez pour me dire que je suis finalement quelqu'un de bien.

XXXXXXXXXXPlongé dans mes réflexions je n'ai pas vu le temps passé jusqu'à l'université. Avant de pénétrer dans l'établissement, je secoue vivement la tête pour me débarrasser de mes idées noires. Je ferme les yeux quelques secondes, inspire profondément une bouffée d'air polluée de New-York. Quand j'ouvre mes paupières, il n'y a plus de trace de l'Alex troublé qui est sortit en trombe de la chambre de Lena. Cet Alex là est enfouit au plus profond de moi, et j'arbore à nouveau mon masque. Je suis redevenu ce personnage sur de lui et roulant des mécaniques. Je me dirige d'un pas franc et assuré jusqu'à la porte de mon amphithéâtre, serrant quelques mains au passe, et provoquant quelques sourirse de jeunes filles. Si elles savaient ce que j'avais en tête en les regardant, elles s'abstiendraient de me servir des yeux aguicheurs. J'entre dans la pièce prend place sur un siège, le plus éloigné possible de l'estrade où se dresse l'imposant bureau de mon enseignant de littérature. Je sors mon ordinateur portable et surfe sur internet en attendant le début du cours. Je sens qu'une personne se glisse à coté de moi, mais je ne lève pas la tête de mon écran. Peu de gens valent la peine que je m'intéresse à eux. Cependant mon intuition me souffle que cette personne ne s'est pas assise à coté de moi par hasard. Les relents de son parfum m'indiquent que c'est une fille. Un souffle outré m'oblige à me tourner vers l'intruse, mais avant je prends bien soin de laisser apparaître de l'agacement sur mon visage. L'importune est une fille brune qui me dit vaguement quelque chose. Elle a une plastique relativement intéressante, j'ai du la repérer au détour d'un couloir. Je la toise quelques instant et soulève un sourcil d'un air interrogateur. Elle me fixe blessée par ma réaction. Elle croyait peut-être qu'un coup de foudre allait s'abattre sur nous deux ? Soudain énervé par son mutisme et son attitude je me permets d'ouvrir la bouche.

Alex : oui ?

XXXXXXXXXXSon visage se crispe et une multitude de sentiments apparaissent successivement au fond de ses yeux noisette. Peine, chagrin, colère, incompréhension... tout se mélange. Elle ne me répond pas et continue à me fixer, tiraillée par toutes les émotions qui l'assaillent.

Alex : c'est pourquoi ?

XXXXXXXXXXSa réaction est immédiate cette fois, ses poings se ferment de colère, et ses narines se dilatent brusquement.

??? : on m'avait dit que tu étais un salop. Mais moi, j'ai eut confiance en toi. Je t'ai laissé une chance Alex ! Une chance de montrer que tu n'étais pas celui que colportaient les rumeurs !

XXXXXXXXXXMais de quoi parle-t-elle ? Elle se vexe parce que je ne lui témoigne pas d'attention ?

??? : même après que tu m'ais laissée me réveiller seule, je t'ai trouvé des excuses ! Une obligation ou quelque chose dans le genre. Mais non tu étais bien le monstre décrit dans les pires ragots de l'université !

XXXXXXXXXXAh c'est donc ça ! J'ai couché avec elle ? Je ne m'en souviens même pas ! Ça ne devait pas être tellement réjouissant ! Pas la peine de s'attarder. Je hausse les épaules et me reconcentre sur mon ordinateur.

??? : c'est tout ce que tu as pour ta défense ? Un haussement d'épaule ?

XXXXXXXXXXJe l'ignore et continue à pianoter sur mon clavier.

??? : tu es un lâche ! Tu n'as même pas le courage de me dire la vérité en face !

XXXXXXXXXXMoi, lâche ? Non ! Je ne m'encombre pas de discussions inutiles ! Mes silences sont beaucoup plus explicites que des mots ! Soudain elle m'empoigne le menton et fait pivoter ma tête vers elle. Je retire brusquement sa main de ma peau !

Alex : ne me touche pas !

??? : amusant, tu ne disais pas la même chose l'autre soir !


XXXXXXXXXXUn sourire sadique nait sur mon visage.

Alex : surement parce que tu touchais autre chose ... je t'aurai bien proposé de recommencer, mais tu vois j'aime bien la variété. Il ne faut pas manger le même plat chaque jour, sinon l'attrait de la nouveauté s'estompe, surtout si le menu n'était pas inoubliable.

XXXXXXXXXXJe suis méchant, je sais, mais bizarrement j'en éprouve aucun remord. Elle contracte sa mâchoire et je vois qu'elle est sur le point de me poser une question.

??? : tu ne te rappelles pas de moi hein ?

XXXXXXXXXXSon ton est peiné, pourtant je pensais plutôt qu'elle serait en colère.

Alex : non... désolé

XXXXXXXXXXMême si je ne le suis pas...

??? : si je te dis jacuzzi, champagne... chez toi et tes colocataires... tu te souviens maintenant ?

XXXXXXXXXXC'était donc elle la fille qui m'avait fait oublier la mort d'Anna durant quelque minute... je lui suis reconnaissant pour ça, elle mérite donc un peu plus de respect que ce que je lui ai témoigné jusqu'à présent.

Alex : oui je me souviens. Ecoute je suis comme je suis... Appelle ça comme tu veux : coureur, Dom Juan ou salop. Je ne t'ai rien promis, tu n'avais pas le droit d'espérer quoi que ce soit de moi. Tu savais comment j'allais te traiter, alors ne mets pas la faute sur moi. La prochaine fois choisi quelqu'un de bien ok ? Et ne fondes pas des espoirs sur un type comme moi.

??? : tu as raison, je n'aurai pas du espérer, mais tu es en tord toi aussi ! Tu devrais prévenir tes proies avant d'abuser d'elles !


XXXXXXXXXXUne petite moue donne à son visage un air enfantin. Amusant, j'ai un souvenir flou d'elle, mais le peu qui me revient à l'esprit se limite juste à son attitude d'allumeuse. Maintenant, j'ai l'impression d'avoir une gamine en face de moi... Difficile de l'imaginer en cet instant, nue et provocatrice, sa bouche parcourant chaque centimètre carré de ma peau...

Alex : j'ai peut être la mémoire altérée, mais je me souviens aisément que tu ne m'as pas vraiment laissé le temps de m'exprimer.

XXXXXXXXXXElle rougit et baisse la tête. J'aime tellement rendre les gens mal à l'aise ! J'ai bien envi d'en rajouter une couche...

Alex : cet épisode te servira de leçon, tu sauras qu'il ne faut pas s'amuser avec l'appareil de communication d'un homme. Tu vois aujourd'hui, tu n'as pas fourré ta langue dans ma bouche, je peux donc te parler sans anicroche.

XXXXXXXXXXLe rouge de ses joues s'accentue de plus belle. Dois-je stipuler que je suis fier de moi ? Elle bafouille quelques phrases que je ne comprends pas, et s'enfuit à toutes jambes rejoindre ses amies quelques rangs plus loin. Dommage, je m'amusais bien... Pourquoi n'y a-t-il pas une fille assez douée pour jouter verbalement avec moi ! C'est déprimant ! Je rêve quelque instant de trouver la fille capable de me clouer le bec, mais la voix monotone de mon enseignant de littérature signe mon billet de retour à la réalité. Je soupire, et me focalise sur mon ordinateur. C'est partit pour deux heures de blabla inutile...

XXXXXXXXXXDès la fin du cours je range mes affaires rapidement, et me précipite promptement dehors. En passant devant le rang de la brune, je ne peux m'empêcher de la fixer avec un sourire radieux, ce qui a pour effet de faire virer sa peau tannée à l'écarlate. Je réprime un rire, content de ma capacité à manipuler mes confrères humains. A nouveau dans les couloirs, je suis l'objet d'attentions féminines. Une blonde me percute – volontairement, bien entendu, comme si j'étais assez débile pour ne pas remarquer sa man½uvre- et ses classeurs tombent sur mes pieds. En gentleman je lui ramasse, et lui tend ses affaires avec le plus éclatant de mes sourires. Elle cille quelques secondes, et décide de forcer sa chance.

??? : merci... désolée je suis une gaffeuse. Heureusement qu'il existe des gens aimables comme toi qui pense à m'aider dans mon malheur plutôt qu'à me réprimander.

XXXXXXXXXXElle pince ses lèvres d'anxiété.

Alex : pas la peine d'en faire un drame... ça arrive à tout le monde d'être maladroit.

??? : à moi plus qu'à d'autre.

Alex : les gènes ne sont pas répartit équitablement...


XXXXXXXXXXEn disant cela, je n'ai pas pu résister à l'envi de la détailler. Effectivement, elle n'a pas eut de chance quant à son attribution de gènes. Cette fille est banale, heureusement qu'une poitrine généreuse vient rehausser son manque d'originalité.

??? : il a fallut que ça tombe sur moi bien entendu... Mais pour finir ce n'est pas une si mauvaise chose. Mon défaut me permet de rencontrer de gentilles personnes.

XXXXXXXXXXElle me lance un regard appuyé, pour bien me faire comprendre qu'elle parle de moi ... Merci mais j'avais bien relevé l'allusion !

Alex : c'est le principe du ying et du yang. Il y a toujours une part de bon dans le mal !

??? : tout à fait...


XXXXXXXXXXElle cligne rapidement ses paupières chargées de maquillage. Ridicule ! Je remarque pour la première fois la couleur de ses yeux. Un bleu-gris très froid qui semble m'agresser. Rien à voir avec le ton de ceux de Lena, bleus marines, chauds et rassurants. Lena ... Je viens de comparer les yeux de cette fille avec ceux de Lena ! Rien de va plus ! Je me demande bien pourquoi je n'ai pas pensé à ceux de Joy ! Qui a déjà vu une telle paire d'yeux ? Un bleu azur et envoutant ! J'essaie de me concentrer sur ce bleu turquoise, mais le regard de Lena vient à nouveau s'interposer... Des saphirs... Voilà à quoi me fond penser les prunelles de ma colocataire. Si je devais écrire un poème sur elle, cette pierre précieuse bleue en serait le titre. Mais qu'est-ce que tu dis Alex ? Je n'écris plus de poème depuis bien longtemps ! Le dernier était pour Noah... En hommage je lui ai offert ma dernière prose, je ne peux pas faire d'exception pour cette fille insupportable, même si ses yeux me plonge dans l'extase ! Je me concentre sur la blonde en face de moi. Il me parait tellement insipide comparé à ... STOP ! Il faut que je me tire de là !

Alex : ben ravi de t'avoir rencontrée... Essaye de ne tuer personne avec tes classeurs !

XXXXXXXXXXElle glousse. C'est de pire en pire ! On dirait un dindon ! Je m'éloigne mais elle me rattrape.

??? : ça te dirait qu'on aille boire un verre un de ces quatre ?

XXXXXXXXXXMon esprit tourne à 100 à l'heure... Visiblement, il me serait facile de la mettre dans mon lit. Mais est-ce que j'en ai vraiment envi ?

Alex : je ne pense pas que ça plairait à ma petite amie...

XXXXXXXXXXRien de mieux pour remballer une fille en douceur.

??? : j'ai entendu dire que tu n'étais pas du genre à te poser !

XXXXXXXXXXElle en sait plus sur moi qu'elle ne veut en laisser paraître. C'est bien ce que je pensais, elle m'a volontairement percuté pour me parler.

Alex : les temps changent...

??? : effectivement... Si tu changes d'avis, je te laisse mon numéro.


XXXXXXXXXXElle glisse un papier dans ma poche et je n'essaie même pas de l'en empêcher, je le jetterai plus tard. Elle se met sur la pointe des pieds et me chuchote à l'oreille :

??? : je sais que tu n'es pas du genre à t'attacher... Moi non plus. Mais rien n'empêche qu'on s'amuse un peu ...

XXXXXXXXXXElle s'éloigne me laissant pantois... Je l'ai mal jugée celle-là ! Elle me parait plus ouverte qu'elle n'y parait. Pour finir je vais peut-être garder son numéro... on ne sait jamais ! Je reprends ma progression à travers le couloir et je surprends encore des regards insistants et fuyants de filles. Parfois ça me satisfait, d'autre fois, ça m'irrite. Aujourd'hui ça commence sérieusement à m'énerver. J'ai l'impression d'être dans une pub « Axe ». Je marche calmement mais j'ai envi de fuir. Arrivé dehors, je respire un bon coup, inconsciemment j'étouffais à l'intérieur. Je prends le chemin de la colocation, j'ai fini les cours pour la matinée. Quand je pousse la porte de l'appartement, j'aperçois immédiatement des objets jetés comme des ordures sur le canapé, MON canapé ! Je m'approche et remarque que se sont MES affaires de toilette ! Si je comprends bien je viens de me faire virer de ma propre salle-de –bain ! Je suis sympa, je laisse ma chambre à Lenaok, j'ai plus fait ça pour Josh que pour elle, mais quand même !- et c'est comme ça qu'elle me remercie ! C'est vrai, je lui ai touché les cheveux, mais ce n'est pas comme si je l'avais violée ! Je commence à pester et me dirige à grands-pas vers mon ex-chambre. Je reste interdit quelque secondes devant la pancarte « private » placardé sur la porte, et explose de colère de plus belle. J'entre violement dans la chambre et je découvre Lena allongée sur le lit avec mon carnet intime entre les mains. Mon regard fait des rapides allers-retours entre le carnet et ses yeux saphir, avant que je comprenne pleinement ce qu'il se déroule devant moi ! Comment-a-t-elle osé profaner mon jardin secret de la sorte ? Que sait-elle maintenant ? Qu'a-t-elle lu de moi ?

XXXXXXXXXXJe n'ai qu'une envi, c'est l'étrangler. Je me jette sur elle, enroulant mes doigts autour de son cou. Une sorte d'électricité me traverse les phalanges mais je l'ignore, continuant à enserrer gentiment son cou. Je ne veux pas la tuer mais juste lui faire peur. Je me plonge dans ses magnifiques yeux bleus et je n'y lis aucune frayeur. Elle est juste... sereine. C'est moi qui ai peur tout à coup. Que suis-je en train de faire ? De stupeur j'arrache mes mains de son corps gracile, et recule vivement. Elle se redresse et me fixe compréhensive.

Lena : désolée Alex, je n'aurai pas du... La curiosité est un vilain défaut...

XXXXXXXXXXJe ne réponds rien, trop horrifié de la voir se frotter compulsivement le cou. Ai-je vraiment tenté de l'étrangler ?

Lena : Tu aurais pu me tuer...

XXXXXXXXXXSa phrase ne sonne pas comme un reproche mais plutôt comme une constatation.

Alex : à moi de m'excuser... je suis impulsif, désolé.

Lena : ce n'est pas grave, je comprends...


XXXXXXXXXXToute à l'heure, elle piquait une crise pour un effleurage de cheveux, et maintenant elle me pardonne de l'avoir brutalisée ! Cette fille est bizarre !

Alex : non je ne suis pas pardonnable...

Lena : c'est rien... Tu étais énervé... Je ne pense pas que tu avais l'intention de m'éliminer. Tu t'es défouler, tant mieux.


XXXXXXXXXXJe m'éloigne d'elle le plus possible. Je suis fou et elle aussi !

Lena : oh arrête, tu veux ! Range-moi ce visage horrifié ! Tu n'appuyais pas fort !

XXXXXXXXXXJe regarde son cou et je remarque des traces rouges sur sa peau diaphane. Je sers les mâchoires et fronce les sourcils.

Lena : quoi ? Qu'est-ce que tu fixes comme ça ?

XXXXXXXXXXElle se lève et va se regarder dans le miroir de la salle-de-bain. Je ne bouge pas, toujours sous le choc de mon attitude inacceptable – pourtant, elle l'a acceptée-. Elle revient quelques instants plus tard, en riant, et s'approche de moi.

Lena : me dis pas que tu flippes pour les marques ? C'est rien !

XXXXXXXXXXJe m'étrangle à moitié.

Alex : Rien ?!

Lena : Regarde ...


XXXXXXXXXXElle passe son index le long de sa glotte, laissant quelque seconde plus tard apparaître une trainé rouge sur sa peau laiteuse.

Lena : tu vois je marque vite... pas la peine de paniquer !

XXXXXXXXXXD'accord elle marque vite... Mais ça n'excuse toujours pas mon geste !

Alex : ce n'est pas la question ! Je n'aurai jamais du faire ça ! Point !

Lena : je ne vais pas essayer de te raisonner ! Tu veux te tracasser pour ça, c'est ton problème.

Alex : tu ne comprends pas... c'est juste inadmissible !

Lena : tu veux que je t'engueule ? Enfin que je fasse semblant ?

Alex : ça m'aiderai je crois !

Lena : n'importe quoi ! Tu sais, je suis plus énervée contre toi de m'avoir touchée pendant que je dormais, que pour ça ! Ce geste là était légitime ! Je conçois que c'était un peu bizarre, mais tu ne m'as pas fait mal ! Alors que ce matin, je me suis sentie violée...

Alex : tu ne m'aides pas là !

Lena : je te dis simplement la vérité ! Je ne dis pas ça pour que tu te sentes mieux ! On n'a pas vraiment d'affinité tous les deux, si tu m'avais vraiment traumatisée je te l'aurais dit ! Au lieu de t'en vouloir pour mon cou tu ferais mieux de te reprocher le tripotage intempestif de tout à l'heure !


XXXXXXXXXXElle n'a pas tord... On ne s'aime pas, elle ne se serait pas gênée pour me dire ses quatre vérités ! Par contre si je regrette d'avoir tenté de lui faire peur de manière effrayante, je ne regrette pas du tout d'avoir caressé sa peau de soie et plongé ma main dans ses cheveux soyeux. Merde, elle est attirante cette fille ! Je suis juste un homme ! Comment ne pas résister à la tentation qu'un corps pareil fait naître en moi ? Sa forme, sa texture, sa couleur m'appelle, de la même façon que le rivage appelle le naufragé. J'ai envi de parcourir son corps, de dessiner ses traits, de plonger mes mains dans sa chevelure dorée et surtout de me noyer dans ses iris bleu nuit. Oui je suis un naufragé, et le rivage m'appelle. Elle est si proche de moi, qu'il me suffirait de tendre un peu le bras pour effleurer la peau nue de ses épaules. Au lieu de ça, je fourre mes mains dans mes poches pour entraver tous mouvements inappropriés. Je ne me souviens pas avoir autant été attiré par une fille. Oublié, mon moment de folie. Oublié, mon mal être de ce matin. Oublié, Noah. Oublié mon carnet. Je LA veux ! Non c'est son corps que je souhaite. Je voudrais le posséder, le ravager encore et encore, jusqu'à ce qu'enfin je trouve mon rivage. Mon souffle se heurte, et je sens mon c½ur battre la chamade. Je ne peux détacher mes yeux de cette magnifique enveloppe charnelle. Lena semble troublée. Mon visage trahit-il mon désir ? J'essaie de détourner le regard, mais c'est peine perdue, je reste encré dans ses prunelles saphir étincelantes. Elle me sourit, surement gênée par la façon dont je la dévore des yeux. Elle ne bouge pas, ses bras sont ballants et elle semble attendre que je lui réponde. Mais je ne me souviens plus de ce qu'elle a dit, ni ce que je suis censé lui répliquer. Je suis juste dans ma mer houleuse tentant ne nager vers le rivage.

Lena : Alex ? Tu vas bien ?

XXXXXXXXXXEntendre mon prénom ne me sort pas de ma transe. Au contraire, la manière dont elle l'a prononcé a provoqué des frissons dans mon échine.

Lena : Alex ?

XXXXXXXXXXA nouveau les mêmes frissons ... Qu'est-elle en train de faire de moi ?

Lena : tu commences à me faire peur ...

XXXXXXXXXXElle touche doucement mon bras, et je sens ma peau s'échauffer à ce contact. Mon c½ur bat de plus belle, et je suis incapable de réagir. Si je bouge, je ne pourrais m'empêcher de la toucher, de l'embrasser... Elle raffermi la pression sur mon bras et me secoue gentiment. Je ferme les yeux pour rompre le contact, mais je me focalise sur la chaleur que me procure sa main autour de mon biceps. Alex, il faut que tu sois fort... Je recule d'un pas, et surprise elle lâche prise. Privé de son image et de son touché, je retrouve un peu de clairvoyance. Profitant de ce moment de répit, je lui tourne le dos, et me dirige vers la porte.

Alex : désolé... je viens de me rappeler un truc, on en reparle plus tard... et encore désolé pour toute à l'heure.

Lena : euh...ok. T'es sure que ça va ?


XXXXXXXXXXJe ne la regarde toujours pas

Alex : oui oui...

Lena : ok.


XXXXXXXXXXJe claque la porte, et enfile ma tenue de jogging. J'ai besoin de me mettre les idées dans l'ordre ... Quoi de mieux qu'un footing pour trier mes pensées ?


Chapitre 15 - Alex

# Posté le lundi 06 octobre 2008 17:22

Modifié le lundi 01 décembre 2008 14:16

Honey

Honey



XXXXXXXXXXJoyeux anniversaire Honey !

XXXXXXXXXXOk ok, ce n'est pas ton anniversaire à proprement parlé, c'est notre anniversaire ! Et oui ça fait maintenant 1 an qu'on se connaît.

XXXXXXXXXXUn an de délires: (« You're the one I want... oooh ooh ooh »),un an de fantasmages : (« Non tu n'auras pas mon frère ! Non plus, tous les autres auxquels tu aspires ... Rob' y comprit! »), un an de bavages (« Non on ne critique pas, on constate ! »), un an de philosophies (« Dis, pourquoi on est célibataire ? »), un an de psychanalyses (« Je n'aime pas mon nez ! »), un an de jeux (« ok, on fait un pari ! La première qui trouve un mec a gagné un cadeau ! »), un an de rêves (« Road triiiiiiiiiiip ! »), un an de gamineries (« Ah non ! « Hey(y) Jude » c'est ma chanson ! »), etc...

XXXXXXXXXXUn an d'amitié tout simplement ...

XXXXXXXXXXYou know I love you?

XXXXXXXXXXYour Sweety

XXXXXXXXXXPs : Oui on dirait un vieux couple... Oui cette déclaration fait un peu pitié... Et alors ? Je l'aime ma Honey c'est tout !


# Posté le mardi 30 décembre 2008 09:24

Modifié le mardi 20 janvier 2009 12:25

Chapitre 16 - Lena

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XXXXXXXXXXIl claque la porte violement...

XXXXXXXXXXOh mon dieu ! Je pose la main sur ma poitrine et je sens les impulsions rapides –trop rapides- de mon c½ur sous mes doigts. Je recule pantelante jusqu'à mon lit et m'écroule dessus à bout de force. J'ai l'impression d'avoir courut un marathon. Je ne sens plus mes jambes, ma respiration est difficile et mon c½ur bat à un rythme qui me semble insoutenable. Et puis il y a cette excitation... Cette excitation qui me parcourt les veines, et assaille mon cerveau pour le plonger d'un un brouillard euphorique... comme de l'endomorphine, sauf que c'est tout autre. Seulement je n'arrive pas à mettre un nom sur cette sensation qui me possède en cet instant. C'est en même temps si douloureux et si jouissif. Je ferme les yeux et tente de réguler mon souffle en inspirant et expirant de grandes goulées d'air. Lentement, mon corps se détend, ma respiration se fait moins saccadée, les pulsions de mon c½ur se font moins violentes et moins rapides. Je sens que je retrouve progressivement mon état initial. Maintenant que je ne suis plus affaiblie par cette troublante émotion, j'essaie de me remémorer quel événement a contribué à me faire sombrer tant physiquement que mentalement. Je me rejoue chaque instant de la scène qui s'est déroulée précédemment.

XXXXXXXXXXSes mains enserrant mon cou. Ses doigts chauds et électriques sur ma gorge. Son visage déformé par l'horreur de son geste. Son incompréhension face à ma réaction. Ses yeux brulants soudainement d'une lueur indéchiffrable. Au souvenir de ses iris brillantes, je sens que mon pouls s'accélère violement. Cette image s'impose dans mon esprit, aussi vivace que si il était encore là à me fixer, et m'empêchant de penser à autre chose. Je me laisse à nouveau emporter par le ravage que son regard exerce sur moi. Hier déjà, son odeur me transportait, maintenant c'est au tour de ses yeux de me faire chavirer. Je ne peux plus nier l'évidence, je suis attirée par Alex. Ou tout du moins attirée par son corps. Je ne me rappelle pas avoir éprouvé autant d'attrait physique pour quelqu'un. Je croyais avoir atteint des sommets avec Jacob, mais je me trompais. Ce que j'ai ressenti avec lui n'était rien comparé à ce qu'Alex a provoqué en moi juste avec un léger coup d'½il et la fragrance de sa peau. Cet homme est capable de me dévaster.

XXXXXXXXXXMes pensées dérivent au fantasme. Je me vois poser mes mains sur son torse musclé, laisser glisser mes doigts le long de ses clavicules, enfouir mon visage dans ses cheveux, tracer le contour de ses lèvres avec ma langue et surtout contempler à nouveau ses yeux verts si mystérieux. Ma petite Lena il est temps de revenir sur terre ! Il est bien évident que jamais cela ne se produira ! Premièrement parce que je ne le laisserai pas « m'avoir » comme toutes les autres filles de l'université ! Deuxièmement je ne suis pas du genre à séparer désir et passion, il me faut les deux, et Alex ne m'offre que le désir ! Troisièmement ce genre de relation ne s'inscrit pas vraiment dans mes plans d'asociale ! Et pour finir, je ne crois pas qu'il éprouve le quart du millième de l'attirance que j'ai pour lui ! Autant dire que mon désir restera relégué au rang de fantasme inassouvi !

XXXXXXXXXXEt puis, le physique ne fait pas tout... Enfin j'essaie de ne m'en convaincre ... Rien que de penser à ses remarques acides et à son agressivité, devrait calmer mes ardeurs, mais il n'en est rien ! J'ai beau essayer de me résonner je n'y arrive pas. Les réticences de mon esprit n'ont aucuns impacts sur les envies de mon corps ! Je suis mal-barrée ! Pourtant mon cerveau produit des arguments plus que valables ! Comment désirer un homme qui à la moindre contrariété se permet des débordements caractériels ? Mais peut-être que justement cette part de lui-même joue un rôle dans l'attraction qu'il exerce sur moi... Stop Lena, tu te fais du mal ! L'attrait que tu éprouves est à sens unique, alors il est vain de se poser autant de question... mais peut être que la lueur étrange au fond de ses yeux était le résultat d'un désir ? Mais non je n'ai pas eut cette impression. J'avais plutôt dans l'idée, qu'il avait un pied dans le présent, contemplant avec effroi sa tentative d'étranglement, et un autre dans le passé, comparant ce qu'il avait sous les yeux avec un événement antérieur. Oui ça doit plus se rapprocher de ça, que d'un désir ardent.

XXXXXXXXXXUne pensée absurde commence à naître en moi... Et s'il avait fait quelque chose de mal à son frère ? Il a dit qu'il était impulsif ! Je l'imagine aisément perdre les pédale à cause d'une broutille et provoquer involontairement la mort de Noah ! Ses yeux vides étaient surement le reflet de souvenirs douloureux et pleins de remords ! Cette explication donnerait enfin du sens à sa réaction bizarre de toute à l'heure ... et aussi aux silences de Josh sur le sujet ! Si mes théories sont véridiques, ça veut dire qu'il y a un tueur sous le même toit que moi ! Ok, je crois qu'il vaut mieux que j'évacue cette idée de ma tête immédiatement avant de virer paranoïaque ! En plus j'ai des choses à faire, beaucoup plus vitales que d'imaginer des absurdités ! Notamment allé voir Joy et me trouver un boulot !

XXXXXXXXXXJe décide d'allé à mon ancienne chambre universitaire à pied et en même temps je m'arrêterai chez des potentiels employeurs. Je fais quelques pas et entre dans un joli salon de thé en croisant les doigts. Une serveuse vient à ma rencontre et me demande ce que je souhaite. Je lui parle de ma recherche de travail, et elle m'envoie dans le café juste en face où il manque de personnel. Au bout de dix minutes d'un entretien rapide, je signe un contrat de six mois en tant que serveuse. Je ne vais pas gagner des milles et des cents avec ce job, mais au moins je vais pouvoir rembourser mes frais médicaux, si je cumule mon salaire avec l'argent que Josh me fait économiser sur mon loyer. En tout cas, l'opération s'est faite rapidement, plus rapidement que je ne le pensais... De quoi me mettre de bonne humeur pour un moment. J'en oublie presque les déboires matinaux que m'a fait subir Alex. C'est donc d'un pas guilleret que je me rends chez Joy. Arrivée devant sa porte, anxieuse, je mets un certain temps avant de me décider à frapper. J'entends un bruit étouffé, par le battant de bois. La poigné s'abaisse doucement, la porte s'ouvre laissant entre-apercevoir la tête de Joy, tout sourire. Lorsqu'elle pose ses magnifiques yeux azur sur moi, le coin de ses lèvres s'abaisse et son visage joyeux se transforme instantanément en un masque boudeur. Elle me fixe un moment, hautaine, avant d'enfin m'adresser la parole.

Joy : qu'est-ce que tu veux ?

XXXXXXXXXXSon agressivité me prend au dépourvu. Pourtant j'aurai du m'y attendre... Je ne sais pas pourquoi, j'avais imaginé que d'un simple regard j'allais pouvoir la persuader que je n'étais pas celle qu'elle imaginait. Un doute nait soudainement en moi... Et si je n'arrivais pas à me réconcilier avec elle? Je serai peinée c'est vrai, mais j'étais surtout là pour Josh, et peut-être aussi pour mes deux autres colocataires. Josh m'a accueillie à bras ouvert chez lui, et Max et Alex n'y ont opposé aucune résistance, enfin pas vraiment de résistance. Ils ont plutôt été gentils d'accepter, et Max à même prit ma défense face à mon ex-colocataire, je me dois de faire en sorte de les réconcilier avec elle. Après tout c'est moi l'élément perturbateur de l'histoire ! Mais j'ai tellement peur d'échouer... surtout pour Josh. Une soudaine anxiété pénètre dans mes veines, et me paralyse. J'essaie d'ouvrir la bouche pour parler mais mes mots restent coincés au fond de ma gorge. Joy me regarde amusé, et un rictus se forme sur son visage. C'est sur, j'ai l'air d'une idiote avec ma bouche grande ouverte, incapable de prononcer le moindre mot.

Joy : je savais que tu avais des problèmes... venir juste pour me regarder ne trahi pas une personne saine d'esprit.

XXXXXXXXXXOk, Lena, elle t'en met plein la tête ! C'est normal ! Maintenant si tu ne veux pas passer pour une attardée et surtout arriver à tes fins, tu dois aligner quelques mots !

Lena : je souhaite juste te parler... tu me laisses entrer ?

XXXXXXXXXXElle soupire d'agacement, mais s'écarte tout de même en me faisant signe d'entrer. Je m'assoie sur mon ex lit, et elle s'écroule sur le sien. Elle me fixe d'un air interrogateur. Parle Lena parle !

Lena : écoute, je sais qu'on n'est pas partit du bon pied. Et c'est absolument ma faute. Je ne voulais pas te faire souffrir ... J'ai des problèmes personnels et je croyais que la meilleure solution pour éviter de les compliquer était d'éradiquer tous contacts humains de ma vie. Seulement je me suis rendu compte que ce n'était pas une solution. Il est surement trop tard, le mal est déjà fait, mais j'aimerai que tu me donnes une chance de te prouver que je suis quelqu'un de bien et pas la snobinarde que tu as pu voir ...

XXXXXXXXXXDurant mon monologue ses traits se sont adoucis. J'ai à nouveau en face de moi la Joy au visage angélique que j'ai rencontré le premier jour.. Je ne pensais pas que ça serait aussi facile ! Comme quoi, il suffit de quelques mots pour arranger les choses.

Joy : je ne suis pas rancunière, j'ai toujours cru à la rédemption, alors je vais te donner une nouvelle chance. Mais sache que ça sera la seule à laquelle tu auras le droit !

XXXXXXXXXXJe suis tellement excitée que je ne contrôle plus mon contentement ! Un job et une réconciliation en moins d'une heure, il m'en faut moins pour grimper au plafond ! Je me lève avec rapidité et lui plante un bisou au milieu de la joue. Elle rie de mon emportement mais ne me repousse pas. Je me rassois, un immense sourire plaqué sur mon visage, je suis aux anges !

Lena : merci ...

Joy : de rien ... je n'arrive pas à être fâché bien longtemps avec quelqu'un !


XXXXXXXXXXAh, voilà qui va faire mon affaire ça ! La petite dispute avec les garçons ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir !

Lena : j'ai vraiment honte du comportement que j'ai eut avec toi... surtout que tu viens de me pardonner comme si il ne s'était rien passé... ça me fait me sentir encore plus coupable !

Joy : ne te laisse pas envahir par ce sentiment. J'ai n'ai pas été des plus agréable non plus avec toi !

Lena : c'est moi qui avais commencé, tu n'avais plus qu'à répliquer ! C'était juste de la légitime défense !

Joy : il y a de ça... Mais je me suis laissée emporter par d'autres facteurs !


XXXXXXXXXXNous y voilà ! Je vais enfin pouvoir rétablir la vérité sur ma relation avec Josh !

Lena : j'ai cru deviner quel était l'un des facteurs !

Joy : j'ai essayé de le cacher mais visiblement je suis assez facile à décrypter ! Sauf pour la personne concernée !


XXXXXXXXXXLà c'est le moment où je donne un coup de pouce à ces deux amoureux transis ? Ou je les laisse se trouver tout seul ? J'y mets mon grain de sel bien sur ! Pour une fois que je peux servir à quelque chose !

Lena : détrompe-toi ...

XXXXXXXXXXSon visage s'illumine avant de virer soudainement à l'angoisse.

Joy : il le sait... alors pourquoi me laisse-t-il comme ça dans l'attente d'un geste de lui ? Je préférerai un geste négatif plutôt que cette indifférence !

Lena : il a peur, je crois. Peur de ce que tu représentes pour lui. Il ne s'est jamais engagé avec personne et ça le terrorise, c'est pour ça qu'il s'est enfuit après... hum... tu vois... Ce n'était pas du tout la même chose avec les autres filles... Il a des sentiments pour toi et ça l'a effrayé.

Joy : il a des sentiments pour moi ?

Lena : oui ... plus que tu peux seulement l'imaginer. Mais il ne te l'avouera jamais.

Joy : pourquoi ?

Lena : parce qu'il croit que tu ne lui pardonneras jamais son comportement. Et puis il n'a pas l'impression de te mériter, il pense qu'il n'est pas assez bien pour toi...

Joy : c'est ridicule !

Lena : c'est bien ce que j'ai essayé de lui dire... On a qu'une vie, c'est bien dommage de s'arrêter à de telle considérations... Repousser le bonheur ne l'a jamais rendu meilleur ! Pour le moment il est encore septique mais je suis sure que je vais parvenir à le persuader !

Joy : tu es une fille bien tout compte fait...


XXXXXXXXXXAaaah, si on enlève mon réveil brutal et que je me suis fait étrangler, c'est vraiment une très très bonne journée !

Lena : merci !

Joy : tu vois, je ne perçois plus comme une petite snobinarde !

Lena : c'est rassurant !


XXXXXXXXXXJe lui souris doucement. Elle me retourne mon sourire. Dans ses yeux azurs, je vois qu'elle cogite sur un point. Elle ouvre la bouche, hésite à parler, puis finalement se lance.

Joy : tu me ferais le plaisir de répondre à une question très franchement ?

Lena : je crois que je te dois bien ça...

Joy : as-tu couché avec lui ?


XXXXXXXXXXJe l'attendais celle-là...

Lena : non. On a juste discuté et franchement on a rapidement sympathisé. C'est un mec bien malgré le fait qu'il agisse parfois comme un abrutit ! Il a beau se cacher derrière un masque, au fond on sait tous qu'il n'est pas ce qu'il prétend être. Tu as vraiment de la chance qu'il t'ait choisie. Il va prendre soin de toi à en rendre jalouse plus d'une fille sur cette terre !

XXXXXXXXXXElle baisse la tête quelques secondes, et quand elle la relève ses yeux sont brillants, remplis de larmes.

Joy : j'espère sincèrement que tu as raison ! Je ne supporterai plus qu'il me fasse encore souffrir !

XXXXXXXXXXJe me lève est m'assoie doucement à coté d'elle en posant une main sur son épaule.

Lena : jamais il ne te blessera à nouveau. Il tient trop à toi pour cela.

XXXXXXXXXXElle me sourit gentiment et me serre la main reconnaissante.

Joy : merci Lena... Du fond du c½ur ! Je regrette vraiment les pathétiques accusations dont je t'ai accablée !

Lena : je méritais largement toutes les attaques du monde ! Je suis heureuse que tu m'ais pardonnée, mais ...


XXXXXXXXXX... « je ne sais pas si j'ai le droit de te faire ça ! Être ton amie, c'est ce que je souhaite ardemment, mais j'ai peur de te faire souffrir ! » Je suis pathétique n'est-ce pas ! Essayer de fuir l'amitié, mais à la désirer plus que tout... Je suis faible de m'être laisser emporter par mes envies, mais maintenant il est trop tard pour reculer, j'ai officiellement deux nouveaux amis, et pour me faire pardonner tout le mal que je vais peut-être leur faire je me dois de les rendre heureux ! Et si le bonheur pour eux se résume à être ensemble, alors je ferai en sorte que cette chose arrive même si c'est la dernière chose que je devrais faire sur cette terre !

Joy : mais ?

Lena : rien ...


XXXXXXXXXXChangeons de sujet avant qu'elle pose des questions et que moi aussi je me mette à pleurer !

Lena : je pensais, ça serai sympa qu'on se fasse une petite soirée ce week-end à l'appartement histoire de remettre tout le monde en bon terme !

Joy : je ne crois pas être la bienvenue chez vous...

Lena : c'est autant chez moi que chez eux... si je souhaite t'inviter, ils ne peuvent pas s'y opposer ! Et puis je crois qu'ils avaient dans l'idée de faire une petite soirée réconciliation !

Joy : si tu me garantis que l'entrée ne me sera pas refusée, je serais là !

Lena : alors je compte sur toi...

Joy : entendu.


XXXXXXXXXXAprès quelques minutes de discussion supplémentaire, je suis obligée de prendre congé pour me préparer pour mes cours de l'après-midi. C'est avec le c½ur léger que je pousse la porte de l'appartement. Si on enlève les interventions néfastes d'Alex, je passe une excellente journée. Je sautille en sifflotant jusqu'à ma chambre, mais ma bonne humeur s'envole dès le moment où j'aperçois l'objet de mes désirs assis sur mon lit, son carnet intime entre les mains, avec une attitude vengeresse. La discussion de tout à l'heure n'est pas terminée, et mon petit doigt me dit que celle là ne va être plus agréable que la précédente ! Son air menaçant ne me fait pas peur, mais c'est l'attrait physique qu'il exerce sur moi qui me terrorise. Je ne dois pas me faire dominer par mon fantasme et pour limiter au maximum l'agitation de mes hormones, je dois surtout éviter à tout prix de le regarder. Et ça, ce n'est pas gagné !



Chapitre 16 - Lena

# Posté le mardi 06 janvier 2009 18:58

Modifié le samedi 28 février 2009 08:34