XðXX♫XXðXX♥XXðXX■XXðXX©XXðX XXXXXXXXXXEuh j'ai loupé un épisode là ? Qu'est-ce que j'ai bien pu dire pour le vexer autant ? Il a des graves problèmes de comportement ce jeune homme ! Déjà qu'il s'amuse à me tripoter les cheveux pendant que je dors, maintenant il se barre blanc comme un linge, pour une petite remarque de ma part ! Il doit se passer des choses particulières dans son microscopique cerveau ! Il m'a traité d'autruche tout à l'heure mais vous savez que l'½il d'une autruche est plus gros que son cerveau ? J'ai bien l'impression qu'Alex ressemble plus à une autruche que moi ! Passons, j'ai un souci à régler bien plus important que de me préoccuper du médiocre encéphale de mon colocataire, qui est « comment empêcher mon pervers de colocataire à trois neurones de venir violer mon intimité ? ». Réponse : l'empêcher définitivement de pénétrer dans ma chambre ! Cela implique de l'expédier dans une autre salle-de-bain, et de poser un cadenas à ma porte ! Quoi ? Vous croyez vraiment que j'allais le laisser entrer dans ma chambre comme bon lui semblait, pour lui donner d'autres occasions de poser ses sales pattes sur moi ? Vous rêviez les filles, il a beau être totalement craquant et avoir un petit coté irrésistible, j'apprécie guère son attitude éhonté et provocatrice, sans parler de sa nouvelle manie de se prendre pour un coiffeur ! Non non non, s'en est fini de notre cohabitation de salle d'eau ! Il va aller s'en chercher une autre plus loin !
XXXXXXXXXXPrise d'une folie de me débarrasser de lui, je me lève d'un bond, empoigne un sac plastique dans lequel j'entreprends de balancer toutes ses affaires de toilette. Je me précipite au salon et dépose sans ménagement ses effets personnels sur le canapé avant de m'affaler devant une bonne tasse de café serré. Ma patience déjà bien entamée par ce réveil des plus inopportuns, la caféine finit par me mettre dans un état d'énervement intensif ! Très bien je ne vais pas attendre ce soir pour pouvoir me calfeutrer décemment dans ma chambre. J'avale d'une traite le fond de liquide noir, enfile un survêtement et sors sans maquillage à la recherche d'un magasin susceptible de vendre quelque chose ressemblant de près ou de loin à un verrou. Au bout d'un moment, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais, j'ai même rajouté un petit extra : une pancarte « private » à placer sur ma porte. Parfait ! Maintenant il n'y a plus qu'à installer tout ça et le tour et joué... Mais je crois qu'il ne faut pas que je mise sur mes talents de bricoleuse. La dernière fois que j'ai essayé d'accrocher un tableau, j'ai fait un trou dans le mur de diamètre supérieur à celui de la vis! Après cet incident mon père m'a privée de perceuse ! Mais ça ne doit pas être si difficile que ça de planter une dizaine de clous pour faire tenir deux petits bouts de métal ! Non ? En fait si, c'est plus dur que ça n'y parait, sans compter qu'il faut manier avec habilité la cuillère. Vous vous demandez ce que fait une cuillère dans cette histoire ? Et bien, j'ai omis d'acheter un marteau, je dois bien me débrouiller avec les moyens du bord ! Au moins je ne risque pas de me broyer les doigts en m'assénant un coup avec les couverts en argent massif de Josh ! À force de m'acharner j'ai enfin réussi à clouer tout ce petit monde sur ma porte. Ce n'est pas bien droit mais le verrou ferme, et le « private » tient, que demander de plus ? De la perfection ? Oui mais pour une première à la cuillère je trouve ça pas trop mal !
XXXXXXXXXXIl est à peine 8h30.J'ai tellement peu de cours à l'université que j'ai oublié qu'on pouvait se lever si tôt ! Alex m'a mise dans un tel état d'énervement, que je sais parfaitement que je ne serai pas capable de me rendormir. Je n'ai donc plus qu'à profiter de ma matinée pour remettre de l'ordre dans ma vie. Un, je fini de ranger mes affaires, deux je vais voir Joy pour mettre les choses au clair et trois je me cherche un boulot pour pouvoir payé mes frais médicaux. J'ai du pain sur la planche ! J'ouvre les derniers cartons, vestige de mon déménagement et commence à faire de cette chambre la mienne et plus celle d'Alex. Je me sens déjà plus dans mon univers lorsque mes biblots et mes photos viennent égailler le blanc immaculé de la pièce. J'essaie de pas m'attarder sur les photographies, les visages de Mandy et Jacob provoque en moi une violente souffrance me rappelant ma condition de morte de sursit. En ouvrant le tiroir de la table de nuit pour y déposer des livres de poche, j'y découvre un petit carnet noir. Une excitation s'imprègne rapidement en moi, j'ai le sentiment que cet objet renferme un secret... J'ai toujours adoré fourré mon nez dans les endroits interdits. Je pourrais refermer le tiroir et faire comme si je n'avais rien trouvé... Mais ma curiosité est bien trop forte. Je prends délicatement le carnet entre mes mains, comme si je tenais une relique et m'assoie calmement sur mon lit. Je caresse doucement la couverture de cuir du carnet, bloque ma respiration sous l'effet d'attente et l'ouvre à la première page. Une écriture féminine illustre la photographie d'une belle blonde embrassant l'objectif :
Un nouveau départ... Un nouveau carnet ...
Love XXX
Cassy
XXXXXXXXXXÇa commence bien ! Cette première page indique déjà pas mal de chose : ce n'est pas le premier carnet d'Alex, et surtout cette Cassy n'a pas l'air d'être sa s½ur ! Sa meilleure amie peut être ? Non je doute qu'une meilleure amie laisse une photo d'elle entrain d'envoyer un baiser... Et puis j'aime à penser qu'elle peut être plus pour lui. Impatiente je tourne les pages une à une et découvre des parcelles de la vie d'Alex. Tout est daté de 2005-2006, sa première année d'université. Il y a des textes, des poèmes, des photos ... C'est une sorte de journal intime illustré. Avide de tout découvrir je dévore chaque page, en tentant de déchiffrer le sens de ses mots entrelacés, de ses photos agencées de manière réfléchie.
XXXXXXXXXXAinsi je connais la peur, qu'il a ressentie en quittant les siens pour l'université. S'il était pressé de se détacher de ses parents, il était anxieux de se séparer de celle qu'il aimait Cassy et de son frère Noah. Des larmes me montèrent aux yeux en lisant la retranscription de ses adieux avec sa famille à la gare. Son âme s'est brisée en mille morceaux quand il a vu les longs sanglots de Cassy alors qu'il se détachait d'elle à contre c½ur. Elle avait voulu le retenir, mais il l'avait repoussée gentiment, de peur de ne pas trouver la force de partir si elle l'embrassait encore une fois. Il avait retenu ses larmes dans le train, essayant d'effacer de son esprit l'image de Cassy souriant et pleurant à la fois. Il ne l'avait pas appelée à son arrivée à New-York, il n'avait pas la force d'entendre sa voix. Puis les jours étaient passés, et il avait réussi à chasser un peu son chagrin grâce à son amitié naissante avec Max, son colocataire.
XXXXXXXXXXDes coups à ma porte me tirent de ma lecture. C'est Josh. Je le fais entrer après avoir dissimuler le carnet sur mon oreiller.
Josh : déjà réveillée jeune demoiselle ?
Lena : toi aussi !
Josh : l'avenir est à ceux qui se lèvent tôt ! Enfin disons, pas trop tard ! Que fais-tu beauté ?
XXXXXXXXXXEuh... je fouille dans le passé d'Alex !
Lena : rien...
Josh : Et m'autorises-tu à ne rien faire également en ta compagnie ?
Lena : bien sur !
XXXXXXXXXXJe tapote le lit à coté de moi !
Lena : assieds-toi !
Josh : avec plaisir.
XXXXXXXXXXIl se pose délicatement à mes cotés et m'embrasse la joue.
Josh : bonjour belle demoiselle !
Lena : salut mec !
Josh : arrête de vouloir à tout prix me rendre ridicule avec tes paroles de banlieusarde !
Lena : hé hé, c'est bien le but ! Je compte bien t'apprendre le langage normal des jeunes de notre âge !
Josh : je te croyais au dessus de l'occupation de nos congénères... Les suivre comme un mouton, c'est tout ce que tu sais faire ? C'est bien dommage ! Tu as un potentiel et tu le gâches inutilement !
XXXXXXXXXXRaaaaaaaa, je hais sa répartie !
Lena : toi aussi tu es un mouton très cher !
Josh : ah oui ? Peux-tu étayer ?
Lena : tu es un mouton noir !
Josh : nous y voilà ... Mouton noir au milieu de vous jeunes prolétaires, mais je ne suis qu'un mouton blanc parmi d'autre dans mon milieu d'origine. Tout dépend de quel coté tu te places !
Lena : si tu veux vraiment qu'on fasse une étude sociologique sur ton cas, je dirais que tu es un mouton blanc à cinq pattes chez toi.
Josh : et pourquoi ça ?
Lena : je me demande bien pourquoi un jeune homme brillant de ton acabit, n'est pas allé à Yale, Brown ou Princeton comme tout héritier qui se respecte ? Non, tu as choisi NYU ! Pourquoi ?
Josh : brillant ? Non j'ai passé plus de temps à faire la fête dans les plus grands hôtels de la ville qu'à penser à mes études. Tout l'argent de mes parents n'a pas pu me faire entrer dans une seule université de l'Ivy League, alors je suis resté à New-York.
Lena : tu regrettes ?
Josh : de ne pas avoir été studieux au lycée ?
Lena : oui
Josh : Non pas du tout ! Je me sens bien ici, j'ai trouvé des vrais amis, et puis mon diplôme à la NYU me donnera tout autant accès à la tête de l'entreprise de mon père. Pas besoin de Harvard, pour reprendre les rennes d'une multinationale familiale !
Lena : et tu veux vraiment faire ça ? Reprendre l'entreprise de ton père ?
Josh : je ne pense pas avoir vraiment le choix !
Lena : rien ne t'oblige à suivre le chemin qu'a tracé ton père pour toi ! Tu peux tout abandonner et aller étudier les ours dans la forêt, si tu en as envi!
Josh : mais bien sur ! Tu me vois au milieu d'arbres toi ? La seule flore que je connaisse, est la verdure de Central Park !
Lena : c'était juste un exemple. Tu n'as pas envi, d'aller plus loin ? De voir autre chose ? De découvrir l'inconnu ?
Josh : la connaissance est bien plus sure que l'inconnu !
Lena : je croyais que tu étais un aventurier !
Josh : tu te trompes ! J'apprécie mon confort, je ne souhaite en rien le quitter !
Lena : dommage ! Je comptais t'emmener vivre avec moi dans une tribu d'Afrique !
Josh : il me reste encore tellement à découvrir sur ma tribu de Manhattan !
Lena : j'abandonne ! Je ne ferai pas de toi un aventurier ! Tu es plus borné que moi !
Josh : borné ? Non ! Je sais juste comment je voudrais que soit ma vie ! Et il est certain que je ne m'imagine pas en tenues hippies dans une secte beetnik !
Lena : c'est un peu poussé comme vision ! Tu pourrais avoir envi de choses plus conventionnelles, comme je ne sais pas, être enseignant !
Josh : Lena, j'apprécie que tu te préoccupes de mon avenir, mais ne t'inquiète pas pour moi ! Je sais exactement ce qui me convient ! Mais merci, d'avoir prit la peine d'essayer de me faire changer d'avis ! Un peu d'attention de la part de quelqu'un, c'est toujours agréable !
Lena : de rien ! Tu vois je ne suis pas si asociale qu'il n'y parait !
Josh : c'est une image que tu t'es donnée, et je compte bien découvrir pourquoi !
XXXXXXXXXXOups ! J'aurai mieux fait de me taire ! Maintenant il va essayer de fouiller dans ma vie et je ne veux pas qu'il découvre ma maladie ! Je me renfrogne, et m'allonge sur le lit pour dérober mon visage de ses yeux avides de réponses. Je ne le vois plus mais je sens son regard peser sur moi. Doucement il prend ma main dans l'une des siennes et me caresse la paume avec son pouce.
Josh : tu sais je ne veux pas te forcer la main. On se connaît guère c'est vrai, mais j'ai l'impression de te connaître depuis toujours. J'ai deviné aisément que tu cachais quelque chose, et j'ai l'intuition que c'est plus sérieux que tu ne laisses entendre. Je ne vais pas te forcer à te dévoiler, mais sache que si tu as besoin de parler, de te confier à quelqu'un je serai là. Je peux être une oreille attentive et de bon conseil. Je n'évoquerai plus jamais le sujet, la balle est dans ton camp maintenant, à toi de voir si tu souhaites me la renvoyer.
XXXXXXXXXXSon petit discours me touche énormément. J'ai voulu fuir l'amitié mais elle nous rattrape toujours... Même si ses mots me mettent en confiance, je me suis jurée de m'épargner les regards de pitié de mes pairs alors je ne lui dévoilerai rien. Je lui serre doucement les doigts pour lui montrer ma reconnaissance et tire doucement son bras pour qu'il s'allonge à mes cotés. Il se laisse tomber et grogne lorsque sa tête heurte mon oreiller.
Lena : qu'est-ce qu'il y a ?
Josh : y'a du plomb dans ton oreiller ?
Lena : hein ?
XXXXXXXXXXIl se redresse, soulève l'oreiller, et y découvre le carnet d'Alex. Je crois que je viens d'être prise en flagrant délit. Je lui souris d'un air innocente, peut être ne sait-il pas qu'il appartient à Alex...
Josh : ne me dit pas que c'est ce que je crois ?
XXXXXXXXXXVisiblement j'avais tord, il sait très bien ce que cet objet représente.
Lena : tout dépend de ce que tu crois...
XXXXXXXXXXJ'ai envi de lui arracher le carnet des mains pour qu'il n'ait pas le loisir de découvrir la vérité. Mais c'est trop tard, il a déjà tourné la couverture de cuir. Il soulève un sourcil, et oriente son visage vers le mien. Son expression n'est pas sévère comme je l'aurai cru, je lis même dans ses yeux un certain amusement. Ouf, je ne vais pas être réprimandée pour ma curiosité.
Josh : tu es une petite chanceuse toi ! J'ai toujours rêvé de feuilleter le carnet intime d'Alex !
XXXXXXXXXXFinalement je ne suis peut-être pas la plus curieuse ici !
Lena : alors que penses-tu qu'on le feuillette ensemble, tu vas peut être pouvoir m'éclairer sur les zones d'ombre ...
XXXXXXXXXXUn sourire s'étire sur son magnifique visage.
Josh : entendu !
Lena : avant que l'on commence, j'aimerais bien que tu me parles un peu de Cassy !
Josh : ah Cassy ! Très jolie créature !
Lena : ranges tes pulsions sexuelles animales, et dis moi comment un mec qui semble au premier abord amoureux au point d'en pleurer quand il quitte celle qu'il aime pour l'université, peut devenir un vrai goujat ?
Josh : non, il a pleuré ?
Lena : il s'est retenu de le faire... mais c'est tout comme !
Josh : dommage que cette petite intrusion dans la vie d'Alex doive rester secrète. Je suis déçu de ne pas pouvoir le taquiner avec cela !
Lena : moi je te jure que s'il continue à me taper sur les nerfs je ne me gênerai pas !
Josh : je ne crois pas que ça serait tellement judicieux de le faire !
Lena : et pourquoi ça ?
Josh : parce que je connais Alex... Il n'est pas foncièrement méchant. Il est juste un peu aigri.
XXXXXXXXXXAigri ? C'est peu dire ! Il est ravagé ce mec !
Lena : aigri par quoi ?
Josh : j'en ai trop dit... désolé mais je lui ai promis de ne jamais en reparler, que ça soit avec lui ou avec quelqu'un d'autre...
XXXXXXXXXXNon ! Comment peut-il titiller ma curiosité ainsi et la laisser ensuite sans satisfaction ?
Lena : ne te parjure pas alors ! Mais peut-être que je trouverai la réponse dans ce carnet !
XXXXXXXXXXY'a intérêt, sinon je risque d'égorger Josh pour lui soutirer des informations !
Josh : c'est possible...
Lena : parle-moi de Cassy maintenant ! Tu as le droit de le faire non ?
Josh : oui ... honnêtement je ne sais pas grand-chose sur elle... Mais pose tes questions !
Lena : comment ce sont-ils rencontrés ?
Josh : ils étaient au lycée ensemble. Alex était le quaterback de l'équipe de football et Cassy était la capitaine des cheerleaders ... Tu connais la suite !
Lena : une love story banale !
XXXXXXXXXXComme celle que j'ai vécue avec Jacob...
Josh : une amourette de jeunesse typique et mielleuse. À gerber !
Lena : hé surveille ton langage !
Josh : c'est l'hôpital qui se moque de la charité !
Lena : pour une fois qu'il y a une faille dans ton langage, laisse moi en profiter !
Josh : je suis presque parfait, il y a tellement peu de choses sur lesquelles tu puisses te moquer de moi, je dois bien te laisser une petite marge d'action !
Lena : hum ? Parfait toi ? Laisse-moi rire !
XXXXXXXXXXQuoi que ... si on lui enlève son coté Dom Juan, il est quasiment parfait !
Josh : plait-il ?
XXXXXXXXXX« Plait-il » ? Et il me dit ça de façon banale, comme si il ne sortait pas une absurdité !
Lena : il me plait ! Mais revenons à nos moutons... Que s'est-il passé entre Cassy et Alex ? Pourquoi se sont-ils séparés ?
Josh : je crois bien ne pas pourvoir te répondre...
Lena : ça fait donc partie du il-est-aigri-parce-que-quelque-chose-que-je-ne-saurais-jamais !
Josh : tout à fait !
Lena : laisse-moi deviner ! Elle l'a trompé, il l'a découvert et maintenant il se venge de cet affront sur le sexe opposé ?
Josh : absolument pas !
Lena : alors je patauge !
Josh : tu risques de patauger longtemps, je ne pense pas que tu puisses découvrir ce qui lui est arrivé !
Lena : sauf si c'est dans le carnet !
Josh : effectivement !
Lena : maintenant que je suis renseignée sur Cassy, si on regardait un peu le contenu de ce carnet ?
Josh : allons-y !
XXXXXXXXXXJe m'approche de lui, et pose ma tête sur son torse, les yeux rivé sur le carnet qu'il tient au dessus de lui. J'attends qu'il tourne les pages, mais il reste fixé sur la photographie du baiser de Cassy.
Lena : alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
Josh : je me sens coupable de faire ceci !
Lena : aller, c'est pas comme si tu ne connaissais pas tous ses secrets !
Josh : ce carnet est un peu trop intime ! Je ne connais pas toute sa vie... Je doute que ça soit une bonne idée de violer ses secrets !
Lena : je comprends... c'est ton ami, tu ne veux pas le trahir.
Josh : d'un autre coté, je suis d'une curiosité maladive !
Lena : alors on va trancher. Nous n'avons pas à lire ses textes, nous pouvons simplement regarder les photos !
XXXXXXXXXXEt moi je ne m'embarrasserai pas de tant de précaution, je lirai chaque mot de ce carnet quand il aura le dos tourné !
Josh : ça me parait un bon compromis !
XXXXXXXXXXIl tourne quelques pages, pour s'arrêter sur une, intitulée « intégration ». Il y a trois photos, une de Max, une d'Alex et l'autre représentant des cadavres de bouteilles d'alcool. Vu la tête des deux zigottos sur les photos, on se doute aisément que se sont eux qui ont descendu tout ce liquide. Josh sourit devant leur visage trahissant leur abus de boissons.
Josh : je ne les connaissais pas encore à l'époque... Enfin si j'avais rencontré Alex, mais on ne s'appréciait guère.
Lena : mais les temps ont changé ! Vous êtes quasiment inséparables maintenant !
XXXXXXXXXXUn petit rire sort de sa gorge.
Josh : si tu m'avais dit à ce moment là que j'allais me mettre en colocation avec eux, je t'aurais prise pour une psychotique !
Lena : comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences !
XXXXXXXXXXIl me gratifie d'un sourire et tourne quelques pages du carnet d'Alex. Je vois défiler un paquet d'images, essentiellement de Cassy, mais aussi de son frère Noah. A chaque fois je suis subjuguée par les traits de ce jeune homme blond. Il parait si innocent ... Ces yeux marrons reflètent une douceur intense, et une honnêteté sans borne. C'est une espèce d'ange, la gentillesse incarnée. Au fil des pages, je me pose de plus en plus de questions sur lui. Je ne peux me résoudre à les laisser sans réponse.
Lena : Alex est très proche de son frère ? Non ?
XXXXXXXXXXJosh fait comme si il ne m'avait pas entendu, et continue de regarder les photographies.
Lena : Josh ?
XXXXXXXXXXIl ne me répond toujours pas, et fait semblant d'être absorbé par les polaroids. S'il croit que je vais changer de sujet, il peut courir !
Lena : hé ho ! Je t'ai posé une question !
XXXXXXXXXXIl détache ses yeux du carnet, et les pose sur moi en soupirant.
Josh : comme tu l'as compris plus tôt, il y a beaucoup de secret autour d'Alex. Il a vécu des choses pas très agréables... Une promesse est une promesse je préfère être silencieux, plutôt que de trahir la parole que je lui ai donné. S'il souhaite te faire part de ses troubles il le fera...
Lena : je comprends... Ne t'inquiète pas.
XXXXXXXXXXJe comprends, certes, mais ça ne m'empêche pas d'être frustrée. Il se replonge dans le carnet et me montre des photographies d'une soirée qu'il a passé avec Max et Alex.
Josh : tu vois la fille qui tire l'oreille de Max ?
XXXXXXXXXXJe me focalise quelques secondes sur cette jolie brune pétillante.
Josh : c'est l'ex de Max. Une vraie emmerdeuse !
XXXXXXXXXXJe mime un geste choqué, pour lui signaler son incartade langagière.
Josh : range ton expression outragée ! Dis-toi bien, que si j'emploie ce terme, c'est que je ne la porte pas dans mon c½ur !
Lena : j'imagine !
Josh : tu vois, je me dis parfois que c'est à cause d'elle que Max a viré de bord ! Après elle, on ne peut décemment pas croire que les femmes sont un cadeau du ciel !
Lena : on n'est pas toutes des « emmerdeuses » !
Josh : non c'est vrai... Mais il me suffisait de l'entrapercevoir quelques secondes pour regretter l'existence de la gente féminine !
Lena : tu me la dépeins de façon terrible !
Josh : elle l'est ! Je plaints celui qui va passer le reste de sa vie à ses cotés !
Lena : ce n'est parce que tu ne l'apprécies pas, que c'est le cas de tous le monde ! Tiens regarde, si Max est sortit avec elle, c'est bien parce qu'il l'aimait bien !
Josh : au début oui, mais il a vite déchanté !
Lena : pauvre Max ...
XXXXXXXXXXJosh rit doucement avant de refermer le carnet.
Josh : je dois aller me faire un brin de toilette, je ne peux échapper à l'université plus longtemps !
Lena : le devoir n'attend pas.
XXXXXXXXXXIl m'embrasse sur le front et se lève. Avant de fermer la porte il me lance :
Josh : tu sais tu aurais pu attendre que j'appelle un ouvrier, il t'aurait installé ce verrou correctement !
XXXXXXXXXXEst-il en train de dire que je bricole mal ?
Lena : qu'est-ce qu'il a mon verrou ?
Josh : une forte tendance à basculer à droite ! Un spécialiste lui aurait évité ce petit défaut !
Lena : insinues-tu que je ne suis pas douée en bricolage ?
Josh : je n'insinue rien du tout, je constate !
Lena : mais oui c'est ça ! Déguerpis petit bourgeois, avant que je décide de repeindre ta chambre
Josh : dieu m'en garde !
XXXXXXXXXXIl explose de rire avant de filer rapidement sans demander son reste. Quant à moi, tant de questions ce bousculent dans ma tête. Toutes ces choses que Josh n'a pas voulues me dévoiler m'intriguent. Cédant à l'impatience je reprends ma lecture du journal intime d'Alex. Je lis avidement chaque mot, mais je n'en sais pas vraiment plus sur Cassy et Noah. Je commence à désespérer quand je tombe sur un poème adressé à Noah.
Tu resteras à jamais ancré dans nos c½urs,
Telles les racines d'un arbre dans la terre,
Puisant notre force à travers cette douleur,
Souffrance qui ne sera en rien éphémère.
Un vide, un néant autour de nous s'est créé,
Qui ne pourra et ne sera jamais comblé.
Ce vide où seul subsistera ton souvenir,
Réminiscence que nous ne pourrons bannir.
Car tu as été pour nous tous notre lumière,
Eclairant constamment nos vies de ta lueur,
Nous baignant de joie, de gaieté à ta manière.
Mais quand ton éclat s'est éteint, sont nés des pleurs
Enfants de tout l'amour que tu nous as donné
Que tu as si largement offert sans compter.
Chaque parcelles de mon corps, hurlent de peine,
Car souvient toi que pour l'éternité, je t'aime ...
XXXXXXXXXXEn le parcourant, je comprends enfin les silences de Josh... Noah est décédé! Je veux en savoir plus, mais le reste du carnet n'est que pages blanches. Je lis et relis ces alexandrins, en quête d'un élément qui donnera un sens, un indice à cette mort. Mais rien. Il ne dévoile rien. Juste sa douleur, sa peine, sa souffrance et le manque que lui procure l'absence de ce frère trop vite disparu. Ma vue se brouille, une larme s'échappe de mon ½il droit, que je m'empresse d'écraser sur ma joue. Je n'ai jamais pu supporter la détresse des autres, je suis trop sensible. Je prends conscience alors que l'attitude d'Alex n'est qu'une échappatoire à sa condition d'âme blessée. J'ai pitié de lui, de ce qu'il doit endurer à chaque minute de son existence. Je suis prise de cette fichue pitié que je ne veux pas voir naitre dans le regard des autres à mon égard. J'essaie de la repousser, mais c'est trop tard. Je n'ai plus la même amertume envers Alex qu'il y a quelques heures. Car tout les deux, nous avons un point commun, nous savons que la vie est fragile et éphémère.
XXXXXXXXXXLa vie est juste un fil. Nous la traversons comme des funambules et il suffit de rien – un coup de vent, un moment de maladresse- pour que nous basculions dans les abîmes de la mort. Mon fil est fragile, je lutte pour ne pas tomber, mais inexorablement je vais sombrer... Mais quand ? Dans quelques jours ? Quelques mois ? Quelques années ? J'ai cette épée de Damoclès au dessus de ma tête qui a des chances de s'abattre bientôt sur moi, mais je ne suis pas anxieuse. J'ai juste peur pour les autres. Quand je vois les changements que la mort de Noah a engendré chez Alex, je ne souhaite ça à personne, pas même à mon pire ennemi. Je voulais me séparer des gens pour leur éviter cette souffrance et je fais tout le contraire. Mais je ne suis pas assez forte pour vivre sans les autres, sans la chaleur humaine, sans me sentir aimé. Je suis égoïste, je me focalise sur mon bonheur présent, sans réellement penser aux conséquences sur les autres. Comment réagira Josh quand mon anévrisme se rompra ? Il sera surement anéanti, comme Jacob et Mandy d'ailleurs. J'ai beau avoir coupé les ponts avec eux, ils n'en seront pas moins peinés. Que dois-je faire ? M'exiler dans un lieu où il n'y a aucune vie humaine à laquelle je pourrai me raccrocher ? Ou peut-être tout simplement mettre fin à cette mascarade qu'est ma vie ? Si je meurs aujourd'hui, je n'aurai plus l'occasion de me créer une nouvelle victime potentielle ! J'en suis là maintenant... à penser au suicide... Mais ce n'est pas la solution, ce n'est jamais la solution. Quitte à mourir autant le faire sur une table d'opération à essayer de narguer la mort... J'avais évincé cette solution, mais pourquoi pas finalement. Je vais y repenser...
XXXXXXXXXXJe suis tellement dans mes pensées que je ne fais pas attention aux bruits autour de moi. J'entends des éclats de voix au salon, mais ça met égale. Ma porte s'ouvre bruyamment, laissant entrer un Alex furibond. Que me veut-il ? Il s'approche de moi d'un pas décidé, mais se stoppe soudainement. Ses yeux font des brusques allers-retours entre mon visage et le carnet toujours ouvert entre mes mains. Il était furieux en entrant dans ma chambre, mais de me découvrir plongée dans son carnet le met dans un état de rage violente. Il se précipite sur moi en grondant. Je ferme les yeux et le laisse approcher sans fuir. Peut-être que je n'ai pas besoin de me suicider ou de mourir sur la table d'opération... Alex semble bien vouloir me tuer de ses propres mains ...
Mitch Hewer est Noah
Hayden Pannetiere est Cassy