Chapitre 30 - Alex

XðXXXXðXXXXðXXXXðXX©XXðX




XXXXXXXXXXNeuf jours, une heure et seize minutes... Neuf jours, une heure, et seize minutes, que je me suis réveillé sans elle à mes cotés. J'ai cru qu'elle était juste parti chercher un café, un thé, un cookie ou n'importe quoi... Mais quand j'ai vu que ses affaires les plus précieuses avaient disparues, j'ai commencé à me poser des questions. Je ne voulais pas y croire, mais dans mon inconscient je savais. Tout est devenu clair quand j'ai découvert l'attitude de Joy et Josh. Pas la peine qu'ils me le disent, leur visages étaient parlant d'eux même. Mais les paroles de Joy résonnent encore dans ma tête. « Elle est désolée ». Pas autant que moi j'imagine. Je lui ai tout donné, mon c½ur, mon âme et mon corps, mais elle les a piétiné sans retenu. « Elle ne souhaite pas que tu la contactes ». Comme si j'allais courir après une traitresse en exode. « Je crois qu'elle t'aime Alex ». Elle a une drôle de façon de le montrer en tout cas. « Elle a surement eu peur de ses sentiments et surtout que tu l'abandonnes, comme les autres ». Je ne crois pas, non. Après tout ce que j'ai dit et fait cette fameuse nuit, elle savait pertinemment que je n'étais plus le gars qu'elle avait rencontré au début du semestre. Qu'elle aille au diable, elle et ses belles promesses muettes qu'elle m'a adressées. Elle s'est bien moquée de moi.

XXXXXXXXXXC'est le carma qui se retourne contre moi. Je ne pouvais pas espérer agir comme un abrutit avec les filles et ne pas en subir les conséquences un jour ! C'est l'arroseur qui est arrosé... Une bonne douche froide. J'ai essayé de faire un trombinoscope mental des filles avec qui j'ai couché ces trois dernières années, impossible de me souvenir de toutes, mais la liste est déjà longue. Si je devais me faire briser le c½ur pour chaque fille dont j'ai profité, je finirais ma vie avec un myocarde en mille morceaux et incapable de battre. Mais qu'importe, je n'aimerai plus jamais de toute façon. Trois coups à la porte, me tire de mes pensées cyclique et permanente. Max entre dans ma chambre –celle de Lena- avec une boite de carottes râpées qu'il me tend avec une fourchette.

Alex : merci, mais je n'ai pas faim...

Max : écoute Alex, tu n'es pas sortit de cette chambre depuis dix jours...

XXXXXXXXXXNeuf jours, une heure et dix-neuf minutes.

Max : à moins que tu sois un ornithorynque, et que tu te serves de ton long museau et ta grande langue pour attraper de la nourriture à la cuisine sans bouger d'ici, je doute que tu ais mangé quoi que ce soit. Alors tu vas me faire le plaisir d'avaler ça !

Alex : tu sais qu'un ornithorynque a un bec ? Et je ne crois pas qu'il ait une grande langue... tu dois surement parler d'un fourmilier !

Max : on s'en fout Alex ! Tu as très bien comprit ce que je voulais dire !

Alex : j'ai comprit mais cela ne change absolument rien au fait que je n'ai pas la moindre once d'appétit !

Max : ne me force pas à te gaver comme une oie ! Je te promets que si tu n'avales rien, je vais te faire ingurgiter le contenu du frigo avec un entonnoir !

XXXXXXXXXXJ'imagine la scène avec dégout.

Max : alors tu les manges ces carottes ?

Alex : j'apprécie tes efforts Max, mais je n'ai vraiment pas envi de manger ces carottes !

Max : dis-moi ce qui serait susceptible de te faire un minimum envi et tes désirs seront des ordres! Même si je dois cuisiner moi-même un canard laqué !

Alex : mais c'est une très bonne idée ça, j'ai toujours rêvé de manger un tadorne laqué ! Ça serait le bon moment pour essayer ! Je suis sure que tu es capable de faire mieux que de le cuisiner ! Tu peux aller acheter un fusil et essayer d'en abattre un à Central Park ! Je suis sure qu'il y en a quelques spécimens qui barbotent dans un des lacs artificiels ! Ça sera une partie de chasse palpitante ! Et pendant que tu y es, passe par le zoo et ramène-moi une cuisse de zèbre et un aileron de requin !

Max : arrête toute suite le cynisme ! J'essaie de t'aider bordel !

Alex : je sais, mais ça fait trente fois que je te dis que je n'ai pas faim, et tu n'as pas l'air de vouloir lâcher prise ! Tu emploies le harcèlement pour me faire craquer, et moi j'utilise le cynisme pour te faire fuir. Chacun sa méthode.

Max : ma méthode était plutôt sympa jusque là ! Mais je te jure que si tu n'as pas mangé la moindre chose d'ici dix minutes, je demande à Sacha de t'ouvrir la bouche, puis je t'enfoncerai dans la gorge des boulettes de steak haché ! Et, je te préviens d'avance, je ne m'arrêterai pas, même si tu t'étouffes avec !

XXXXXXXXXXIl ne plaisante pas. Je n'ai pas d'autre choix que d'accéder à sa demande, mais je vais m'en tirer avec une pirouette.

Alex : très bien.

XXXXXXXXXXJe sors de la chambre pour la première fois en neuf jours, une heure et vingt-et-une minutes. Mes articulations ankylosées par mon immobilité prolongée me font gentiment souffrir à chacun de mes pas. Je me dirige à la cuisine, Max sur mes talons, ouvre le frigo et propulse dans ma bouche un jet de chantilly.

Alex : voilà j'ai mangé.

XXXXXXXXXXMax me fixe consterné et impuissant. Je retourne dans la chambre, claque la porte et la verrouille pour me prémunir des assauts ultérieurs de mon colocataire. Poser les yeux sur le verrou me ramène à son absence. Neuf jours, une heure et vingt-deux minutes. J'ai besoin de la sentir vers moi. Je me glisse entre les draps et enfouit ma tête dans son oreiller. Son odeur me donne l'illusion de sa présence quelques secondes, puis la dure réalité me frappe de plein fouet. Elle s'est barrée et elle ne reviendra jamais ! Max voudrait que je mange, mais je me nourris de désillusion et de haine. C'est ce sentiment d'aversion qui est le moteur de mon écriture. Je crache mon venin sur le papier de mon carnet, puis progressivement je me rends compte que je ne la déteste pas autant que je le croyais. Difficile d'exécrer la personne que l'on aime, même si elle vous a réduit le c½ur en miette.

XXXXXXXXXXLa porte de la chambre s'ouvre violement. Visiblement je n'avais pas bien verrouillé. Sacha entre dans la pièce avec un sourire sadique sur le visage. Il donne toujours l'impression de roder comme un loup à la recherche d'une proie facile à dévorer. L'enfoiré.

Alex : merde !

Sacha : reste poli, tu veux !

Alex : tu voulais peut-être que je dise saperlipopette ?

Sacha : ça aurait été beaucoup plus appréciable !

Alex : qu'est-ce que tu veux ? Tu es syndicalisé comme ton frère à la ligue des emmerdeurs ce matin ?

Sacha : en quelque sorte ! C'est quand que tu sors ton affreuse tête de cette chambre, San Goku ?

Alex : va te faire foutre, sale Wookie !

Sacha : bon tu n'as pas l'air si léthargique que ça ! Max n'arrête pas de répéter que tu es une vieille larve. Ce n'est pas faux, mais je crois entrevoir un certain potentiel sous ton attitude dépressive. Maintenant, tu te lèves, tu mets tes baskets tu cours jusqu'à elle, tu lui dis que tu l'aimes, et tout est bien qui fini bien.

Alex : mais oui c'est ça ! Demain peut-être !

XXXXXXXXXXIl s'approche de moi, et me secoue comme un prunier.

Sacha : c'est fini la procrastination ! Pourquoi repousser au lendemain ce que l'on peut faire toute suite ? Arrête de rester cloitrer dans ton poulailler, poule mouillée ! Et en plus je fais des rimes !

Alex : barre-toi ! Je ne crois pas que les conseils d'un looser qui se prend momentanément pour un poète, me soient d'une grande utilité !

Sacha : d'accord je ne suis pas un model de réussite, mais quelle est ma plus grande qualité ?

Alex : t'incruster chez les gens, et vivre à leur crochet ?

Sacha : je ne voyais pas vraiment ça comme une qualité... mais on va faire comme si. Quel est donc mon deuxième talent ?

Alex : de te mêler de la vie des gens qui ne t'ont rien demandé...

XXXXXXXXXXSi ce n'est pas du grand talent ça...

Sacha : je l'aurais formulé de façon plus positive mais vu ton état lamentable je ne vais pas t'en demander davantage ! Bref... Devine donc ce que j'ai découvert avec mon extraordinaire don de lecture du comportement et des attitudes de mes concitoyens ?

Alex : que j'étais une larve lymphatique ?

Sacha : tu me fais pitié ! Mais non abruti, tout le monde est capable de voir que tu es une loque humaine ! Je te parle de quelque chose de beaucoup moins évident ! Elle t'aime !

XXXXXXXXXXQuoi ?

Alex : pardon ?

Sacha : à moins que tu ais besoin d'un implant cochléaire, je crois que tu as très bien entendu !

Alex : si c'est une technique pour que je sorte d'ici, c'est loupé !

Sacha : mais non ! Tu le fais exprès ou quoi ? Ce n'est ni une supposition, ni un stratagème. Je l'ai découvert, et je l'ai amenée à me le confirmer.

Alex : admettons que ce soit vrai. Toi qui es si bon pour déchiffrer les comportements du genre humain, pourquoi s'est-elle barrée ?

Sacha : deux solutions. Soit elle a eut peur que tu te serves d'elle comme tu l'as fait avec une belle brochette de bombasses.

XXXXXXXXXXNon. Elle sait que je ne suis plus comme ça... Mais il est possible qu'elle ait cru que c'était juste un subterfuge pour l'avoir...

Sacha : soit elle a d'autres problèmes bien plus graves. J'ai senti chez elle le parfum du secret dès que je l'ai rencontrée. J'ai voulu découvrir ce qu'elle cachait, mais elle était bien trop discrète pour me laisser entrevoir quoi que ce soit !

XXXXXXXXXXÇa c'est sure, elle cache quelque chose, mais je ne crois pas que ce soit ça qui l'ai poussé à fuir ! Elle ne m'aime pas c'est tout !

Alex : mouais. Je suis septique...

Sacha : qu'est-ce que tu lui a fais pour qu'elle fuit comme ça ? Tu lui as donné un charmant baiser, et elle a eut peur ? Je suis sure qu'elle n'est pas partit pour rien. Elle t'aime j'en suis persuadé, et elle n'avait pas l'intention de faire quoi que ce soit. Alors tu as provoqué quelque chose en faisant je ne sais trop quoi, et elle est partie à cause de l'une des deux raisons que j'ai évoqué.

XXXXXXXXXXIl est irritant à avoir toujours une certaine part de vérité.

Sacha : alors tu lui as fait quoi ?

Alex : elle a autant fait que moi, je ne pense pas que la faute me revienne !

Sacha : quoi, vous avez couché ensemble ? Tu m'étonnes qu'elle se soit barrée ! Elle s'est dit qu'elle devait se tirer avant que ce soit toi qui le fasses ou alors elle a pensé qu'elle avait une erreur à cause de ce qu'elle cache ardemment !

XXXXXXXXXXToujours pas convaincu !

Alex : ouai...

Sacha : tu ne me crois toujours pas. Je comprends ! Difficile de faire confiance à un type comme moi, je le conçois très bien ! Mais pour fois, crois en moi !

Alex : ne me déçois pas !

Sacha : qu'est-ce que je gagnerais à te raconter n'importe quoi ?

XXXXXXXXXXIl a raison. Je ne vois pas pourquoi il me mentirait.

Sacha : on va essayer de trouver ensemble pourquoi elle est partit. Ok ?

Alex : ok.

Sacha : raconte-moi ce qui s'est passé l'autre nuit.

XXXXXXXXXXJe lui donne rapidement les faits, sans m'attarder sur les détails, et en évinçant quelques éléments...

Sacha : bon, elle n'a pas eu peur que tu l'abandonnes alors...

Alex : non je ne pense pas.

Sacha : ça doit être autre chose...

XXXXXXXXXXIl regarde autour de lui.

Sacha : c'est ses affaires ?

Alex : oui tout est à elle. Elle a prit que quelques trucs avant de partir.

Sacha : pose tous ses machins sur le lit.

XXXXXXXXXXJe lui obéis au doigt et à l'½il, et dépose tout ce que je trouve sur le lit, même ses vêtements. Sacha regarde tous les objets.

Alex : tu arrives à déduire quelque chose de tout ce foutoir ?

Sacha : ouai !

XXXXXXXXXXIl s'empare d'une robe à fleurs et l'agite sous mon nez.

Sacha : je peux te dire qu'elle n'a pas toujours bon gout ! Promets-moi que dès l'officialisation de votre couple tu lui feras jeter cette affreuse robe champêtre !

Alex : imbécile ! T'as rien à déduire de plus intelligent ?

XXXXXXXXXXIl s'attarde un moment sur les photos de Lena. Elle est souvent en compagnie d'une jolie brune et d'un brun à l'allure athlétique, qui, je ne sais pour quelle raison, m'énerve.

Sacha : c'est qui ce gars ?

Alex : je n'en sais rien... Son meilleur ami ou son ex. Elle m'a dit qu'elle s'était séparée de son copain juste avant de venir à NY.

Sacha : c'est son ex. Tu as vu comme il la regarde ?

XXXXXXXXXXOui je vois, et je n'aime pas du tout ce regard !

Sacha : au fait, c'était bien joué le coup du copain imaginaire de Lena... Mais je n'y ai pas vraiment cru !

Alex : tu croyais vraiment qu'on allait te laisser t'incruster si facilement ?

Sacha : bien sur que non ! D'ailleurs, je note que vous m'avez laissé dormir par terre, alors qu'il y avait un joli canapé ici ! Je vois que vous aviez tout prévu pour me faire retourner d'où je viens !

Alex : mais visiblement ça n'a pas marché !

Sacha : à croire que je suis résistant...

Alex : beaucoup trop !

XXXXXXXXXXOn se sourit mutuellement. Je l'aime bien Sacha. C'est un glandeur, mais c'est finalement un chic type. Mais j'y pense, pourquoi a-t-il attendu neuf jours pour venir me parler des sentiments de Lena ?

Alex : enfoiré, pourquoi tu ne m'as pas parlé des sentiments de Lena plus tôt ?

Sacha : mon frangin ne t'a pas dit ? Je suis allé à Chicago pour un entretient d'embauche et j'en ai profité pour aller voir mes vieux. Quand je suis parti je n'étais pas encore au courant de l'histoire. Max m'en a parlé il y a quelques jours au téléphone. J'ai essayé d'appeler Lena pour lui en parler, elle n'a pas daigné décrocher. Je suis seulement revenu ce matin, vous dire au revoir puisque j'ai eut le job... Et je ne peux décemment pas te laisser dans cet état avant de partir... J'ai toujours rêvé d'endosser la cape de Batman pour aider quelqu'un ! Le moment est venu pour moi d'être ton sauveur !

XXXXXXXXXXL'annonce de son départ ne me réjouit pas plus que ça. On finit par s'habituer à lui. Il va même réussir à me manquer ce con !

Alex : c'est marrant... à chaque fois on fait tout pour te foutre à la porte, et à chaque fois, sans exception, j'ai un léger pincement de c½ur à ton départ !

Sacha : je suis un être irremplaçable !

Alex : je n'irai pas jusque là ! Mais je dirais plutôt que tu es un animal de compagnie attachant... Pour un Wookie ...

XXXXXXXXXXMon portable sonne et machinalement je décroche sans regarder. Ce doit être Josh, il m'appelle toutes les trois minutes pour savoir comment je me sens.

Alex : oui Josh je vais bien ... [...] excusez-moi, j'attendais un autre appel... [...] oui c'est bien moi. [...] Bonjour Monsieur Amnel.

XXXXXXXXXXC'est l'inspecteur qui enquête sur la mort d'Anna... J'espère qu'il a retrouvé le conducteur de la voiture. Je sors de la chambre pour que Sacha n'entende pas la suite de la conversation. Je n'ai vraiment pas envi de lui raconter l'histoire.

Alex : [...] il s'est rendu !

XXXXXXXXXXOh putain, enfin une bonne nouvelle !

Alex : [...] oui, bien sur, je peux venir l'identifier ! [...] à l'hôpital ? Pour quelle raison ? [...]

XXXXXXXXXXUne algie vasculaire de la face ? Mais qu'est-ce qu'il raconte ?

Alex : [...] ah, c'est un type de céphalée très douloureuse ! Je ne comprends pas très bien le rapport avec notre affaire... [...] Ce serait donc une « crise » qui lui aurait fait perdre le contrôle de son véhicule ? [...] Vous pensez qu'il dit vrai ? [...] Vous ne pouvez pas me donner d'affirmation tant qu'un médecin n'a pas confirmé sa pathologie... je comprends. [...] D'accord, je vous retrouve dans le hall de l'hôpital dans une heure.

XXXXXXXXXXJe raccroche mon portable, entre dans la chambre et m'habille en vitesse devant un Sacha très interrogateur.

Sacha : tu t'es enfin décidé à aller la voir ?

Alex : pas vraiment... J'ai une urgence. Tu peux continuer à décortiquer les affaires de Lena, et tu m'appelles si tu trouves quelque chose ?

Sacha : euh... oui.

Alex : merci. Je te revaudrai ça ! A toute à l'heure.

XXXXXXXXXXJe sors de l'appartement en quatrième vitesse et court presque jusqu'à la station de métro. L'hôpital n'est pas la porte d'à coté, j'espère arriver à l'heure. Heureusement, un train arrive immédiatement. Je m'assois sur le premier siège que je trouve et réfléchis enfin à ce qu'il va se passer. Migraine pathologique ou pas, si je peux défoncer la gueule de cet assassin je le ferai ! Et aucune armée de policiers ne pourra m'arrêter !

XXXXXXXXXXJ'arrive à l'hôpital avec dix minutes d'avance. Je m'assois sur un des fauteuils pas très loin des ascenseurs et attend patiemment l'arrivé de l'inspecteur Amnel. Un des ascenseurs fait un bruit de motoculteur. Il faudrait me payer très cher pour que je monte dedans. Je m'amuse un moment à imaginer le pire pour les personnes qui montent dans la cabine. La poulie qui se brise... le câble qui lâche... Mais une petite vieille avec cette putain d'aura noire passe devant moi me ramenant à la réalité. Des gens meurent pour de vrai, pas la peine d'imaginer des scénarii tragiques, la vie est déjà bien assez tragique en soi.

XXXXXXXXXXJ'arrête de fixer l'ascenseur bruyant et jette un coup d'½il aux gens dans le hall. J'aperçois quelques brumes sombres autour de certaines personnes de cette marée humaine. Il y a bien longtemps que j'ai comprit que je ne pouvais rien pour elles, alors je laisse couler et ferme les yeux... surtout qu'il n'y a plus Lena pour apaiser mes souffrances. Le souvenir de son absence me submerge à nouveau, à tel point que je crois l'apercevoir au loin, traversant la foule avec un gros sac de voyage. J'aimerai tellement l'avoir à mes cotés en cet instant que mon esprit me joue des tours. La fille que j'ai prise pour ma colocataire se prend les pieds dans son sac et tombe à plat ventre. Sans réfléchir, je me lève promptement pour aller relever la jeune femme. Ce n'est qu'à quelques centimètres d'elle que je remarque une aura très légère autour d'elle. La mort n'arrête jamais de frapper. Je la redresse facilement, et quand elle lève son visage pour me remercier, je suis frappé de plein fouet. Mon esprit ne s'est pas joué de moi... Cette fille est bien Lena... et elle va mourir !

Alex : NON ! Pas toi !

XXXXXXXXXXMa voix parait ne pas m'appartenir. C'est une sorte de cri d'animal en détresse. Et en détresse je le suis. Lena est l'arc-en-ciel dans ma vie pluvieuse et rien que de penser à sa disparition mes entrailles se déchirent. Pourquoi faut-il que tous les gens auxquels je tiens décèdent ?

Lena : désolée... après ce que je t'ai fait, je comprends que tu n'ais pas envi de me voir... le hasard ne fait pas toujours bien les choses !

XXXXXXXXXXTrop obnubilé par la brume grise qui l'entoure je ne réponds rien. Je suis perdu dans ma propre souffrance.

Lena : je peux savoir pourquoi tu me dévisages ? J'ai un bouton de fièvre ?

XXXXXXXXXXElle essaie de détendre l'atmosphère, insouciante de ce qui l'attend.

Lena : je sais que tu n'es pas heureux de me voir... ton visage est assez parlant pour toi. Je ne vais pas te faire l'affront de rester une minute de plus... Je suis désolée pour tout Alex.

XXXXXXXXXXElle s'éloigne. Ne plus l'avoir à proximité de moi, recréer cet immense vide que j'ai ressenti pendant ces neuf derniers jours. Je ne peux pas la perdre. Je ne veux pas la perdre. Je donnerai ma vie pour elle s'il le faut ! Je n'ai pas réussi à sauver les autres, mais aujourd'hui je dois réussir !

Alex : Lena attend !

XXXXXXXXXXElle s'arrête et se tourne vers moi. Je cours jusqu'à elle.

Alex : est-ce que tu as confiance en moi ?

Lena : que veux-tu dire ?

XXXXXXXXXXJe réitère ma question. Elle hésite un moment, et me réponds enfin en un doux murmure.

Lena : plus qu'en n'importe qui...

XXXXXXXXXXElle a opté pour me dire la vérité, car elle sait très bien que je sais détecter ses moindres mensonges.

Alex : alors dis-moi ce que tu caches...

Lena : il y a des choses qu'il ne vaut mieux pas savoir ! Crois-moi... C'est mieux que tu ne saches rien !

Alex : le temps des échappatoires est révolu !

Lena : je ne peux pas ... désolée...

XXXXXXXXXXJ'ai l'impression que tout est lié. L'aura, son secret, sa fuite... Si elle ne peut se résoudre à parler c'est donc moi qui vais le faire.

Alex : alors c'est moi qui vais te parler. Tu as confiance en moi, alors j'ai besoin que tu me crois. Ça va te paraître dingue, mais c'est malheureusement la vérité...

Lena : je t'écoute.

Alex : Je suis capable de voir les gens qui vont mourir...

XXXXXXXXXXElle trésaille.

Lena : comment ça ?

Alex : je vois une aura noire autour des personnes qui vont décéder... Je sais ça parait complètement fou ! J'ai même cru que j'étais névrosé... Mais à force de voir la mort frapper tous ces gens, j'ai commencé à y croire. C'est tellement ridicule de le dire à haute voix, que ça semble absurde.

Lena : pourquoi me dis-tu ça ?

Alex : parce que... parce que...

XXXXXXXXXXLes mots ont du mal à sortir de ma bouche. Comment annoncer la mort à quelqu'un qu'on aime ? Des larmes perlent au coin de mes yeux avant de rouler sur mes joues.

Alex : parce que je vois cette saloperie d'aura autour de toi en ce moment...

XXXXXXXXXXElle ferme les yeux et respire bruyamment. Elle ouvre doucement les paupières et encre ses prunelles bleues dans mon regard larmoyant.

Lena : je te crois...

XXXXXXXXXXElle est étrangement calme. C'est assez déroutant.

Lena : je m'étais préparée à ce moment... Mais je ne pensais pas être si sereine.

XXXXXXXXXXElle savait... c'est donc ça qu'elle me cachait... Tous les éléments qui aurait du me mettre la puce à l'oreille me revienne en tête... Ses problèmes d'argent, sa volonté de ne nouer aucuns liens avec les gens, la rencontre avec le neurologue dans ce même hôpital, sa sobriété, ses céphalées à répétitions...

Lena : je n'ai qu'un seul regret, c'est de ne pas avoir passé plus de temps avec toi. De ne pas avoir pu t'aimer comme je le voulais... Mais ça aurait été trop égoïste de ma part de le faire... Profiter d'un bonheur au détriment du tien... J'ai déjà bien assez dépassé les limites ! Mais mes sentiments pour toi étaient trop forts...

XXXXXXXXXXCet enfoiré de Sacha avait raison... Elle m'aime...

Alex : je ne te laisserai pas mourir !

Lena : c'est trop tard Alex...

Alex : NON ! Je ne te laisserai pas mourir sans me battre !

XXXXXXXXXXElle s'approche de moi et essuie une de mes joues baignée de larme du dos de sa main...

Lena : je ne veux pas me battre pour une cause perdue d'avance... Laisse-moi juste t'aimer et profiter de ta présence pour le temps qui me reste.

Alex : je ne peux pas m'y résoudre... Je ne pourrais plus jamais me regarder dans une glace si je ne tentais rien.

Lena : c'est mon choix Alex... J'aurai pu tenter quelque chose depuis longtemps, mais j'ai choisis de profiter de la vie plutôt que de me faire opérer. Je savais que ce jour arriverait. Alors s'il te plait, permets-moi de vivre les derniers moments de ma vie avec toi...

XXXXXXXXXXJe sens ma volonté faiblir. Je vais accéder à sa requête... Mon téléphone vibre dans ma poche. Pour gagner un moment de répit avant de lui donner la réponse qu'elle attend et qui va me briser, je décroche.

Alex : allo. [...] oui Sacha, je suis au courant... Elle est malade...

XXXXXXXXXXMa voix se brise, et je raccroche avant d'éteindre mon portable. Sacha a trouvé son secret grâce à son agenda, dans lequel étaient notés ses rendez-vous chez le neurologue, et se cachait une ordonnance pour son traitement. Et dire que j'ai eut cet agenda à porté de main pendant neuf jours ! Je prends Lena dans mes bras et la serre contre moi à l'étouffer.

Alex : d'accord...

XXXXXXXXXXÇa y'est je suis brisé. Mais il faut apprendre à rendre les armes. Qu'aurais-je pu faire ? Nous ne sommes pas dans un conte de fée où il suffit d'avaler un sirop et chanter « supercalifragilisticexpialidocious » pour que tout aille bien.

Lena : merci...

XXXXXXXXXXElle s'écarte doucement de moi, et me regarde à nouveau dans les yeux. Elle a perdu tout son sang froid et pleure en silence devant moi.

Lena : je t'aime... je crois que je suis tombée amoureuse de toi dès le premier jour.

Alex : moi aussi je t'aime... comme je n'ai jamais aimé quelqu'un.

XXXXXXXXXXElle se met sur la pointe des pieds et m'embrasse avec passion. C'est peut-être comme ça que notre histoire doit finir. Au milieu d'un hall bondé, plongés dans un baiser où se mêle amour et larmes. Tous les deux égarés dans une dimension entre la vie et la mort. Une fin tragique, mais une belle fin somme toute.

ð ð ð

Comme vous l'avez surement remarqué les mots que vous avez proposés pour le défi sont en gras, soulignés et ittaliques (si avec ça vous ne les repérez pas...). Mission accomplie, pour les obligatoires en tout cas ! Je déplore, mon échec pour asténosphère, zeugma, aphasie transcorticale sensorielle et anticonstitutionnellement ... Petite précision, les mots répétés plusieurs fois ne sont soulignés (et tout le reste) qu'à une reprise !

Sinon, la prochaine suite sera là plus rapidement... elle est déjà écrite comme les deux suivantes d'ailleurs ... Motivez moi à faire la mise en page ! (oui j'aime me faire prier !)

Goodbye everybody ! See you soon !
Chapitre 30 - Alex

# Posté le dimanche 18 octobre 2009 13:12

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 21:55

Chapitre 31 - Lena

XðXXXXðXXXXðXXXXðXX©XXðX


XXXXXXXXXXMes larmes se mêlent aux siennes. C'est exactement ce que je voulais éviter... La tristesse, les pleurs, les adieux. Mais le destin a placé Alex sur mon chemin. Lui et son étrange don. Une malédiction et bénédiction à la fois. Malédiction de le voir autant souffrir. Bénédiction de pouvoir passer les dernières heures de ma vie à ses cotés. Pourquoi ai-je gobé ses dires farfelus ? Je n'en sais rien ! Il avait cette sincérité qui émanait de tout son être, et je l'ai cru. Je le crois tout simplement. J'ai une foi aveugle en lui, s'en est à la fois déroutant et rassurant. Parce qu'au fond c'est un inconnu pour moi, et si avoir entièrement confiance en quelqu'un est rassurant s'en n'est pas moins inquiétant d'admettre que cette personne n'est rien d'autre qu'un illustre étranger. Mais qui peut se flatter de connaître parfaitement autrui ? On perçoit des brides de personnalités, des extraits de caractères cependant, on ne peut déceler que ce que l'on nous laisse entrevoir. Malgré tous ses efforts pour se rendre antipathique, Alex n'a cependant pas réussi à dissimuler la beauté de son âme. Et c'est cette splendeur qui a attrapé mon c½ur pour ne plus jamais le lâcher. Voilà pourquoi, lorsqu'il m'a avoué détecter cette aura m'entourant tel un linceul, présage d'un futur morbide, je l'ai cru. Parce que je l'aime, tout inconnu qu'il est.

XXXXXXXXXXEt maintenant, l'avenir est sombre, et même si je m'y attendais, toute ma sérénité s'est envolée aussi vite qu'un moineau menacé par un prédateur. Je vais mourir, et j'ai peur. Quel fichu imbécile peut affirmer que la mort n'est pas terrorisante ? Je ne peux pas vraiment spécifier ce qui m'effraie dans cette dernière étape de la vie. Ne pas savoir ce qu'il m'attend ou laisser derrière moi cette existence terrestre ? Les deux surement. Je n'ai jamais cru en une entité supérieure. Dieu, le Paradis n'ont toujours été que des balivernes pour moi, la scientifique, la rationnelle. Mais c'est dans ces instants que l'on se met à douter de tout ce qui a constitué nos croyances. Alex est bien capable de voir les personnes qui vont basculer dans l'au-delà, alors pourquoi la vie éternelle dans le jardin d'Eden n'existerait pas ? En pensant ceci, je me rends bien compte que je me raccroche à la même parcelle de ce fol espoir qui a brillé dans le c½ur de milliard d'âmes avant moi. C'est tellement plus facile de croire qu'un soupçon de vie peut encore être possible, que de savoir que c'est le néant qui nous attend tous. Et comme il est difficile de l'appréhender ce néant, comment imaginer qu'un jour on était, et que le lendemain, on est juste plus rien... Bordel, j'ai peur.

XXXXXXXXXXLe monde s'est arrêté de tourner dans le plus passionné des baisers. J'essaie de transmettre à Alex tout l'amour que je lui porte, mais j'ai l'impression que ce n'est pas encore assez. Parce que, ce que je fais en cet instant est si égoïste. Je suis là à me galvaniser de sa présence, alors que bientôt je vais disparaître le laissant seul et désemparé. Je n'ai pas le droit de profiter de lui de la sorte. Tout ce dont je suis capable c'est de le rendre encore plus malheureux... Je me détache de lui soudainement.

Lena : désolée, Alex... mais je ne peux pas faire ça !

Alex : faire quoi ?

Lena : profiter de chaque parcelle de toi... alors que je vais partir... C'est tellement égoïste de ma part. C'est comme si je prenais tout le bonheur, et que je te laissais pour seule amie la tristesse. Je n'arrive pas à t'infliger cela !

Alex : sauf que j'ai décidé de te donner ce bonheur et de prendre cette tristesse... Tout ce qu'il m'importe en ce moment c'est toi...

XXXXXXXXXXIl me prend dans ses bras.

Alex : laisse-moi te rendre heureuse une dernière fois...

Lena : alors ne pars pas...même si je te supplie plus tard de le faire.

XXXXXXXXXXQuelle sale égoïste je fais ... Mais il est la seule certitude qu'il me reste. Si c'est le néant au bout du tunnel, la fin de mon existence aura au moins été partagée avec l'homme que je j'aime et que je vais anéantir par la même occasion.

Alex : promis.

Lena : tu le jures ?

Alex : sur ma propre vie.

XXXXXXXXXXIl s'écarte doucement de moi, ramasse mon sac et me tends la main.

Alex : viens !

Lena : où va-ton ?

Alex : je ne sais pas encore...

XXXXXXXXXXJe place ma main dans la sienne, et le suit docile, trop désorientée pour réfléchir et résister. Tout ce que je veux c'est être avec lui. Il longe un couloir obscur, et pousse une porte qui donne sur un petit local.

Alex : parfait !

XXXXXXXXXXIl nous fait entrer tous les deux et ferme la porte à clef derrière lui. Il prend des draps sur une étagère et recouvre le sol avec, avant de nous y allonger tous les deux. Je me blottie contre lui et me remets à pleurer, de peur, d'incertitudes, et par amour aussi. C'est dingue à quel point je l'aime et savoir que je vais à nouveau le briser pourfend mon c½ur.

Alex : non Lena, je ne veux pas voir des larmes sur ton joli visage. Tu as le bonheur rappelles toi !

Lena : je n'arrive pas à m'arrêter...

XXXXXXXXXXCalmement, il embrasse mes joues, emprisonnant mes larmes entre ses lèvres.

Alex : tu vois c'est moi qui prends le malheur.

XXXXXXXXXXMais ses mots ne me réconfortent pas. Au contraire. Le fardeau que je lui laisse est bien trop conséquent. Mes pleurs redoublent d'intensité.

Alex : tu triches... Tu ne peux pas avoir le bonheur et la tristesse !

Lena : comment fais-tu pour être si calme ?

Alex : ce n'est qu'une apparence jolie demoiselle...

XXXXXXXXXXIl me fixe dans les yeux, et je plonge dans son regard émeraude serti d'or. Son visage est impassible, mais des ombres dansent au fond de ses pupilles. En effet, il ravale tous ses tourments. Pour moi.

Lena : tu ne peux pas imaginer à quel point je t'aime...

Alex : je pense que si... Ce que je ressens pour toi me ravage...

XXXXXXXXXXPour toute réponse, je croche ma main dans ses cheveux, et attire sa tête vers la mienne. Quand sa bouche brulante rentre en contact avec la mienne, j'oublie tout. Il fait de moi une amnésique, et en ce moment c'est ce dont j'ai besoin. De l'amour, du plaisir, et tout occulter le reste. Ses mains se glissent doucement sous mon t-shirt, faisant naitre des frissons sur leur passage. Sa langue caresse la mienne dans un savant mélange de douceur et de violence. Brusquement il s'arrête et me dit dans un souffle.

Alex : j'ai envi de toi à en crever.

Lena : alors fais moi l'amour...

XXXXXXXXXXAu lieu de m'embrasser comme je l'attendais, il caresse ma joue du dos de sa main, détaillant de ses yeux brillants de douleur, chaque infime détail de mon visage.

Alex : tu es tellement belle

XXXXXXXXXXSa main se déplace presque imperceptiblement vers mes lèvres. Du bout de l'index il dessine le contour de ma bouche.

Alex : tu sais que tes lèvres m'ont hanté ? Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde... Je voulais qu'elles m'appartiennent. Combien de fois je me suis torturé à brider la pulsion sauvage de t'embrasser que me dictait tous les nerfs de mon organisme ? Je ne saurais le dire, tellement le nombre est astronomique...

XXXXXXXXXXIl passe sa main sur mes yeux, me forçant à les fermer. Je sens qu'il dépose un léger baiser sur chacune de mes paupières.

Alex : et tes yeux... ils sont en même temps ma perte et mon phare. Je me noie en eux, submergé par leur couleur si intense. Mais ils sont aussi capables de me sauver et de me maintenir la tête hors de l'eau. Quand le mal-être m'investit, il me suffit juste d'imaginer tes pupilles de ce bleu si particulier pour respirer à nouveau.

XXXXXXXXXXDes larmes s'échappent de mes paupières closes, et je réprime des sanglots. Pourquoi a-t-il fallut que je sois si importante à ses yeux ?

Alex : sans parler de ton sourire ...

XXXXXXXXXXIl embrasse le coin de mes lèvres.

Alex : il a le pouvoir de transformer les films noirs et blancs en couleur. Je vais te confesser quelque chose... Il n'a pas été rare que je fasse l'imbécile rien que pour te faire sourire et que tu métamorphoses ainsi le terne en éblouissant... Pour que la partie sombre de mon c½ur soit à nouveau lumineuse mais je doute qu'il puisse l'être à nouveau si ton sourire s'éteint...

XXXXXXXXXXCette fois-ci, je ne peux plus contenir mes sanglots. Ils agitent mon corps, m'empêchant presque de respirer. J'ai mal... pour lui, pour toute la souffrance que je lui inflige.

Lena : je suis désolée, de tout le mal que je te fais subir !

Alex : ne pleure pas... ma vie aurait été bien plus triste si je ne t'avais jamais rencontrée... J'ai touché la plénitude et le bonheur avec toi. Jamais, au grand jamais je n'aurais ressenti et vécu autant de chose sans toi.

XXXXXXXXXXIl retire mon pull, puis mon T-shirt et dessine des formes aléatoires sur mon ventre du bout de ses doigts.

Alex : jamais je n'aurais pu toucher ta peau d'une douceur exquise.

XXXXXXXXXXIl déboutonne mon jean de son autre main tout en continuant ses caresses autour de mon nombril. Même dans mon état lamentable, son contact m'électrise, et provoque de la chair de poule sur ma peau.

Alex : jamais je n'aurais pu te voir frissonner sous mes caresses.

XXXXXXXXXXIl retire mon pantalon et mes sous-vêtements.

Alex : jamais je n'aurais pu admirer ton splendide corps, si fragile et fort à la fois.

XXXXXXXXXXPrécautionneusement, il s'allonge sur moi et dépose des baisers avides entre mes deux clavicules, juste à la naissance de ma gorge.

Alex : jamais je n'aurais pu gouter la peau tendre de ton cou.

XXXXXXXXXXSes mains chaudes caressent mes hanches et mes cuisses déclenchant en moi une vague de sensations enchanteresses.

Alex : jamais je n'aurais pu aller à la découverte de tes formes.

XXXXXXXXXXMes pleurs se sont atténués, et progressivement je rentre dans son jeu. Mes mains se baladent sur son torse musclé.

Alex : jamais je n'aurais eu d'ondes de plaisir à ton contact.

XXXXXXXXXXJe tire violement sur son t-shirt pour le rapprocher de moi.

Alex : jamais je n'aurais fantasmé sur toi en dominatrice.

XXXXXXXXXXSa remarque me fait sourire ce qui fait pétiller ses yeux.

Alex : jamais je n'aurais eu le droit à un tel sourire, capable de réconforter n'importe quelle âme en peine.

XXXXXXXXXXIl plonge ses doigts dans mes cheveux, et m'embrasse doucement en emprisonnant ma lèvre inférieure entre les siennes. Mon souffle se heurte, je voudrais sentir la caresse de sa bouche sur la mienne durant l'éternité.

Alex : jamais je n'aurais été aussi troublé qu'à chaque fois que je t'embrasse...

XXXXXXXXXXJe l'aide à retirer ses vêtements, et nous faisons l'amour, perdus dans ce monde de tendresse que nous avons créé. Tout le reste est oublié, comme si cela n'avait jamais existé. Comme si je n'allais jamais mourir... Mais le problème est bien là, c'est juste « comme si ». Parce que quand ce rêve aux vertus amnésiques s'arrêtera, le cauchemar de la réalité sera d'autant plus violent et dévastateur.

Alex : jamais je n'aurais connu la vraie définition du verbe aimer.

XXXXXXXXXXSes mots me frappent en plein c½ur, l'empêchant de battre normalement quelques secondes. Des vibrations de bonheur se propagent dans mon être, irradiant chaque infime cellule me constituant. Son nom s'échappe de mes lèvres.

Alex : jamais je n'aurais autant apprécié entendre mon prénom de la bouche d'une ...

XXXXXXXXXXJe l'embrasse pour l'empêcher de finir sa phrase. Car tous les mots qu'il me dit, m'affolent trop amplement, à tel point que je suis effrayée à l'idée que mon c½ur s'emballe brusquement et qu'il lâche avant que mon cerveau ne le fasse.

XXXXXXXXXXProgressivement, la jouissance prend possession de mon corps, marquant à la fois tout notre amour et surtout la fin de ce moment de grâce. Tout est terminé et la réalité refait son apparition, tout aussi poignante et destructrice qu'à l'instant où on l'avait quittée.

Alex : jamais je n'aurais eu le bonheur de voir ton visage embellit par le plaisir.

XXXXXXXXXXAlex tente de prolonger quelques secondes ce rêve, mais il est trop tard. Il s'est déjà évaporé laissant sa place à la peine et au chagrin, à la crainte et l'inquiétude, à la peur et à l'effroi, et surtout aux larmes. Encore.


Chapitre 31 - Lena

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 11:21

Modifié le samedi 28 novembre 2009 14:17

Chapitre 32 - Alex

XðXXXXðXXXXðXXXXðXX©XXðX



XXXXXXXXXXComment j'arrive à ne pas devenir fou ? La femme que j'aime s'éteint sous mes yeux, et moi je fais quoi ? Je fais l'amour avec elle sous la forme d'un jeu ! Il y a vraiment quelque chose qui cloche chez moi ! Mais si je me laissais aller, je hurlerai à plein poumon, me roulant par terre et arrachant mes cheveux. Mais Lena n'a vraiment pas besoin de ça... Elle a besoin que je sois là, que je l'accompagne dans ses derniers instants en la serrant contre moi. Elle pleure, pas à cause de ce qu'il va lui arriver, mais parce qu'elle sait toute la souffrance qui va s'emparer de moi quand elle disparaitra. J'essaie de ne pas me laisser emporter par ses sanglots, car je sais que si je cède à la tristesse maintenant, je serais submergé par la peine et cela ne fera qu'empirer l'état de Lena. Elle s'inquiète beaucoup trop pour moi...

XXXXXXXXXXMais c'est moi qui devrais me tracasser pour elle. La brume noire autour d'elle s'épaissit de plus en plus, à un rythme effréné... J'ai l'impression que c'est beaucoup plus rapide que les autres fois... Ou peut-être que c'est mon imagination qui me joue des tours, juste parce que c'est elle...

Lena : tu sais...

XXXXXXXXXXSa voix s'étrangle dans sa gorge, noyée dans ses sanglots.

Alex : dis moi.

Lena : le plus beau jour de ma vie, c'était il y a neuf jours...

XXXXXXXXXXMoi aussi...

Lena : c'est le jour où tu as enfin lâché prise... Tu m'as donné ta joie, ta confiance et ton amour. Rien que pour cette journée, il valait la peine de vivre... Mais maintenant j'ai peur. Peur que tu rechutes. Peur que tu fasses des bêtises. Peur que tu sombres. Tu avais enfin trouvé la paix, et je suis terrifiée à l'idée que tu la perdes à nouveau.

XXXXXXXXXXSes peurs sont fondées... Je ne résisterai pas à nouveau à la perte d'une personne que j'aime, mais elle n'est pas obligée de le savoir...

Lena : promets-moi que tu continueras à vivre...

XXXXXXXXXXJe ne réponds rien, car je ne peux tenir cette promesse.

Lena : Alex... promets le moi !

XXXXXXXXXXSes yeux sont suppliants et sa voix implorante.

Alex : tu sais très bien que je ne peux pas te promettre cela !

Lena : alors dis-moi à quoi j'ai servi sur cette terre ! Dis-le-moi ! Je t'ai aidé à retrouver un chemin lumineux et puis quoi ? Je te renvois sur des sentiers encore plus sombres ? C'est à ça que ma vie a servit ? J'ai juste empiré les choses...

Alex : non pas du tout... Tu m'as montré que la lumière existait, alors que j'avais oublié sa présence... et je ne l'oublierai plus jamais...

Lena : ce n'est pas suffisant !

Alex : pour toi non... Mais pour moi c'est beaucoup. Sans toi j'aurai tout oublié !

Lena : ce n'est pas assez ! J'aurai aimé te donner le bonheur que tu mérites...

XXXXXXXXXXJe garde le silence. Parce que je sais que quoi que je dise, elle sera toujours possédée par cette amertume. Je la serre plus fort entre mes bras, et je sens ses mains se crisper dans mon dos. Je m'écarte d'elle.

Alex : ça va ?

Lena : oui oui...

XXXXXXXXXXMais elle ment. Je vois briller dans ses yeux la souffrance. Depuis combien de temps me cache-t-elle sa douleur ?

Alex : tu veux, qu'on aille voir ton médecin ? Il pourra peut-être te donner quelque chose si tu as mal.

Lena : non, c'est bon ça va aller...

XXXXXXXXXXJe me rends compte que je ne connais même pas sa maladie...

Alex : je peux te poser une question délicate ?

Lena : bien sur...

Alex : tu as un cancer ?

Lena : un anévrisme...

XXXXXXXXXXQuoi ! Un anévrisme ! Mais quel idiot je fais ! J'étais trop aveuglé par ma peine pour réaliser quoi que ce soit ... Si ça avait été un cancer ou une maladie génétique, on n'aurait rien pu faire... mais un anévrisme bon sang ! C'est opérable ! Je ne vais pas la laisser mourir alors qu'il existe une possibilité de la sauver !

Alex : habille-toi !

Lena : quoi !

Alex : HABILLE-TOI !

Lena : arrête de crier Alex !

Alex : NON !

XXXXXXXXXXJe ramasse nos vêtements et lui jette les siens. J'enfile rapidement mes habits mais Lena ne bouge toujours pas. Je m'approche d'elle et entreprend de l'habiller comme une enfant.

Lena : mais qu'est-ce que tu fous bordel ?

Alex : Je fais ce qui est bien pour toi !

Lena : c'est-à-dire ?

Alex : un anévrisme Lena ! Bordel un anévrisme ! Depuis quand un putain d'anévrisme n'est pas opérable ? Je ne vais pas te laisser crever pour une idiotie !

Lena : tu ne me forceras à rien !

Alex : si tu crois que je vais attendre la rupture de ton anévrisme en me tournant les pouces, tu rêves !

XXXXXXXXXXElle me fixe en penchant la tête de coté. Son visage est marqué d'une tristesse indescriptible, mais il est également empreint d'une sérénité quasiment irréelle. Tout le contraire de moi. Colère et espoir, voilà ce qui anime mon c½ur en ce moment !

Lena : je vais te poser une question, une seule... Et si tu me réponds par oui, alors d'accord je te suivrais !

XXXXXXXXXXJ'attends le souffle coupé qu'elle pose sa question.

Lena : toutes les personnes que tu as vues avec cette aura... As-tu au moins réussit à en sauver une ?

XXXXXXXXXXJe la regarde atterré. Elle a posé la bonne question et elle le sait.

Lena : ton silence est parlant pour toi... Il ne sert à rien de se battre et au fond de toi tu en as conscience...

XXXXXXXXXXA nouveau je préfère me taire. Je repose ses vêtements et m'assoies au sol, prostré. J'ai eut une lueur d'espoir quelques secondes, et puis elle s'est volatilisée aussi vite qu'elle est apparue. Et c'est encore plus douloureux qu'avant. Lena pose une main sur mon genou droit.

Lena : je suis désolée... vraiment ! J'aurai aimé qu'il y ait une once d'espoir, mais il faut rester réaliste...

XXXXXXXXXXJe hoche la tête. Elle enlève doucement la main de ma cuisse et s'habille. Puis elle vient se mettre à genoux derrière moi pour m'entourer de ses bras. Elle appuie délicatement sa tête sur l'une de mes épaules, et m'embrasse doucement la joue.

Lena : à mon tour de te poser une question délicate ... tu y répondras ?

XXXXXXXXXXJ'hausse les épaules, et je sens son menton s'enfoncer de mon trapèze.

Lena : l'autre soir... Tu as dit que tu avais eut une drôle d'impression le jour où Noah est ... Partit. Est-ce que tu as vu cette auras noire autour de lui.

XXXXXXXXXXJ'acquiesce. Et Lena me sert encore plus fort dans ses bras et un sentiment de révolte m'envahit.

Alex : tu m'as demandé à quoi tu avais servit tout à l'heure... Et bien, c'est à mon tour de me poser des questions ! À quoi me sert ce don, si je ne suis même pas capable de sauver la moindre personne ? Éclaire-moi !

Lena : à accompagner les gens... Comme tu le fais maintenant avec moi !

XXXXXXXXXXSa voix n'est qu'un souffle presque inaudible.

Alex : et bien comme toi il y a quelques instants, je trouve ça insuffisant ! Tu ne peux pas savoir à quel point je suis blessé à chaque fois que je vois cette saloperie de brume foncée ! Le pire est, sans aucun doute, de me savoir impuissant ! J'étais déjà brisé... Mais à chaque présage de mort, mon âme se morcelle en fragments encore plus petits... Dans ces moments là, je venais vers toi, et toi tu arrivais à recoller quelques morceaux...

XXXXXXXXXXEt ta mort va m'achever ! Je vais devenir une putain d'ombre à l'agonie ! Je préfèrerai mourir à ta place !

Lena : tu vas y arriver Alex... J'ai confiance en toi. Je sais que tu vas très bien te débrouiller sans moi.

XXXXXXXXXXSi je pouvais voir ses yeux, je saurais si elle ment... Mais en l'absence de cet indicateur, je ne peux espérer la croire une seconde.

Alex : tu as une vision de moi bien trop optimiste !

Lena : je crois en toi, c'est tout ... Alors, n'ai pas peur de faire de même ! Tu es une personne extraordinaire...

XXXXXXXXXXElle reprend le mot que j'ai tant espéré entendre de sa bouche, mais cette fois-ci j'ai du mal à l'entendre.

Lena : si tu n'as pas foi en toi, ais foi en moi...

Alex : j'ai foi en toi...

Lena : alors crois-moi, tu vas t'en sortir.

XXXXXXXXXXElle dépose à nouveau un baisé sur ma joue, et je me retourne pour lui faire face. Ses prunelles teinte océan, sont emplies de vérité. Elle a vraiment foi en moi et c'est touchant. Mon c½ur déborde soudain de reconnaissance. Jamais au grand jamais, quelqu'un avait témoigné d'une si intense confiance en moi. Et cet aveu ne provoque pas le comportement escompté. Au lieu de m'apaiser, il fait renaitre en moi, la volonté de la sauver à tout prix. Je ne peux la laisser partir, et cette fois, tous ses arguments ne me dissuaderont nullement.

Alex : es-tu capable de tout me pardonner ?

Lena : en cet instant oui, sauf si tu romps ta promesse de tout à l'heure en m'abandonnant.

Alex : alors pardonne-moi...

XXXXXXXXXXJe vois de la panique naitre sur son doux visage.

Lena : de quoi ?

Alex : pardonne-moi...

Lena : pour quelle raison, Alex ?

Alex : s'il-te-plait...

Lena : ce n'est pas parce que je suis mourante que tu dois te permettre de façon scandaleuse de me faire expier tes fautes !

Alex : je me passerai alors de ton pardon, mais je te présente tout de même des excuses d'avance... même si je ne sais pas vraiment si je vais être désolé pour ce que je vais faire !

XXXXXXXXXXJe me redresse et la soulève pour la porter sur mon épaule.

Lena : je peux savoir ce que tu fous ? Pose-moi toute suite !

Alex : je tente de te sauver la vie... alors non, je ne t'obéirai pas !

XXXXXXXXXXElle hurle et me frappe dans le dos de ses petits poings.

Lena : je retire tout ce que j'ai dit, je ne peux pas tout te pardonner !

Alex : je prends alors toute la responsabilité de mes actes !

XXXXXXXXXXJe fais le chemin inverse à toute à l'heure, Lena se tortillant comme une anguille sur mon épaule et vociférant des insultes à mon égard. Je fatigue vite, alors j'espère que sa colère s'estompera rapidement et qu'elle me suivra docilement car je doute pouvoir la porter plus longtemps. Elle arrête brutalement de se débattre, consciente de son impuissante, et ce changement inopiné de comportement me soulage.

Alex : je vais te déposer sur le sol. Je te préviens, tu n'as pas intérêt à tenter de t'enfuir !

XXXXXXXXXXElle ne me répond pas, surement trop furieuse contre moi d'avoir agit contre sa volonté pour me faire l'honneur de parler. Je fais glisser son corps contre le mien, pour faire entrer en contact ses pieds avec le linoléum bleu canard de l'hôpital. Ses muscles ne sont pas tonics et elle s'écroule au sol. C'est seulement à ce moment que je prends conscience que quelque chose ne tourne pas rond. Ses yeux sont grands ouverts, mais vitreux.

Alex : LENA ! Bordel, tu n'as pas le droit de me quitter !

XXXXXXXXXXJe la secoue violement. Trop violement surement. Mais elle ne réagit toujours pas.

Alex : reste ici avec moi !

XXXXXXXXXXJe continue à brusquer son corps comme un possédé. Puis je me résous enfin à abandonner. Je m'agenouille à coté d'elle et l'emprisonne entre mes bras. De furieux sanglots me déchirent la poitrine et m'empêchent de respirer. La douleur est si intense que j'ai envi de hurler, mais aucun son de sort de ma gorge trop serrée par le chagrin. Une si vive brulure se fait ressentir au niveau de mon c½ur que j'ai l'impression qu'il est prêt à éclater et être réduit en bouillit. Il explose soudainement. Pas vraiment dans le sens littéral du terme, mais c'est la sensation que ça me donne. Je ferme les yeux pour encaisser l'onde de torture qui va s'étendre au reste de mon corps, mais au lieu de ça c'est une vague de chaleur et de bonheur qui se diffuse dans mon être. J'ouvre les paupières, surprit, et remarque avec stupeur, que mes mains accrochées éperdument au t-shirt de Lena sont lumineuses.

XXXXXXXXXXJe dépose doucement Lena sur le sol et regarde fasciné mes paumes. Une douce lumière dorée qui s'intensifie de plus en plus, semble sortir de ma chair et créer des rayons miroitants. Ce halo de lumière m'éblouie violement et s'extirpe de mon corps pour se précipiter sur celui de Lena. Les rayons investissent progressivement la peau de ma bien-aimée, effaçant sur leurs passages l'aura noire charbon qui en émanait. Une fois les derniers vestiges de ce présage de mort disparu, la lumière s'estompe doucement pour s'éteindre à jamais. Toujours sous le choc de cet événement surnaturel, je ne remarque pas toute suite que Lena a reprit connaissance. Je voudrais l'entourer de mes bras, mais mes muscles ne répondent pas. Je m'écroule par terre, et incapable de faire le moindre mouvement pour ralentir ma chute, ma tête heurte violement le sol.

XXXXXXXXXXUne certitude s'insinue en moi. Je vais mourir, mais ça m'est égal. J'ai donné ma vie pour la sienne, c'était le prix à payer, et j'en accepte bien volontiers le tarif. Enfin, je comprends pourquoi j'ai été affublé de ce don. Je pouvais voir la mort, mais j'avais aussi le choix de donner la vie... ma vie... Et j'ai l'intime conviction, que ce don n'était présent que pour la sauver elle, comme si celui qui me l'avait attribué savait pertinemment à quoi il allait me servir. C'était ma destiné, et je l'accueille les bras ouverts... Maintenant je n'ai plus qu'à attendre que la faucheuse vienne me chercher. Je suis en paix avec moi-même grâce à Lena... Celle que j'aime va vivre et si douloureux qu'il est de la quitter, je me réjouie à l'idée qu'une longue existence lui est réservée et que, peut-être, Noah m'attend là où je vais. J'espère.

ð ð ð

Je précise, puisque ce n'était pas évident pour tout le monde, ce n'est pas la fin (mais j'admets que ça pouvait porter à confusion !) ! Pas encore du moins ! Il reste encore deux chapitres à cette histoire avant le point final !


Chapitre 32 - Alex

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 11:23

Modifié le dimanche 06 décembre 2009 15:09

Make it a Picture

Make it a Picture

XXXXXXXXXXRetrouvez-moi sur Make it a Picture,
XXXXXXXXXXbase de données de gifs animés !

# Posté le mardi 24 novembre 2009 17:50

Modifié le dimanche 06 décembre 2009 11:28

Chapitre 33 - Lena

XðXXXXðXXXXðXXXXðXX©XXðX



ð ð ð

XXXXXXXXXXJe te déteste... Vraiment. Mais au fond, je t'aimerai toujours. Et je t'en veux pour ça, comme pour beaucoup d'autres choses... Tu avais fait le serment que tu ne me laisserais jamais. Tu avais fait cette fichue promesse, et tu as gentiment attendu que je ferme les yeux pour partir loin de moi sur un sentier sans retour envisageable. Alors je te déteste, car c'est la seule chose dont je suis capable. Je te déteste d'avoir rompu ta parole. Je te déteste de m'avoir fait t'aimer. Je te déteste de m'avoir abandonnée à une existence sans toi à mes cotés. Je te déteste, tout simplement, comme si c'était une évidence ancrée en moi. Mais j'ai beau te haïr autant, je t'aime. Bon sang, je t'aime, de tout mon c½ur, de toute mon âme, de tout mon corps, de tout mon esprit. Et ça, pour la vie...

XXXXXXXXXXJe suis seule maintenant. Seule, tellement seule. J'ai ce trop plein d'amour pour toi qui est enfermé au plus profond de mon c½ur. Il devrait pourtant me tenir compagnie, mais tout ce qu'il me procure c'est une incommensurable douleur parce qu'il ne trouve plus son destinataire. Il me bouffe de l'intérieur, me réduisant à une pauvre petite chose errante. Tu vois ce que tu as fait de moi ? Une âme en peine, ni vraiment vivante, ni vraiment morte. Tu croyais peut-être me sauver en échangeant ta place avec la mienne, mais en fait tu m'as bousillée. J'ai cette culpabilité qui me ronge la conscience comme de l'acide. Ça aurait dû être moi, mais tu as fait ton petit tour de passe-passe, et permuté nos destins. Je t'imagine riant au éclat et satisfait de toi. Oh oui, tu dois être fière ! Et ça me met en rogne de te penser content de ta pathétique farce !

XXXXXXXXXXQu'est-ce que je vais devenir sans toi, hein ? N'ose pas me rétorquer qu'il faut que j'aille de l'avant, et que le plus beau reste à venir. Et surtout, ne joue pas la carte du « j'ai donné ma vie pour toi, alors tâche d'en profiter comme il se doit. En mon honneur ». Mais je sais que c'est exactement ce que tu me dirais, presque mot pour mot, si tu pouvais me répondre. J'aimerai sincèrement y arriver. Vraiment. Mais ça me fait si mal de savoir que la vie continue, sans ta présence. Un avenir privé de toi, c'est un futur sans espoir et sans bonheur. La seule solution qu'il me reste, est de t'écrire, pour créer l'illusion que tu es encore présent, et plus qu'un simple souvenir. Ce sera comme les romans épistolaires que tu appréciais tant, à une exception près : cette correspondance sera à sens unique. Tu me soufflerais que cela fait toute la différence, et je te détesterais d'avoir raison, encore. Alors, lettres, monologues, tirades... donne le nom que tu veux à mes écrits, mais garde bien en tête qu'ils sont pour toi. Uniquement pour toi.

XXXXXXXXXXCe premier jet sur le papier de ton carnet, succède à tes mots. Ces beaux poèmes que tu as écrits pour moi. Je les lis et les relis sans cesse, avec un mélange d'émerveillement et de tristesse. C'est si splendide et si douloureux également. En ce moment, j'ai l'impression de violer ton sanctuaire, à griffonner un piètre texte à coté des tiens, si magnifiques. Mais où t'écrirais-je sinon ? Alors pardonne, le tremblement de ma main, ma calligraphie rudimentaire, ma syntaxe banale, mes fautes d'orthographe enfantines... Et s'il te plait, ne retiens que le contenu. Un contenu, reflet de mes sentiments, qu'il m'est si ardu de transcrire. Car le faire c'est admettre que tu es partit, à jamais. Et j'aurai aimé continuer à me bercer de la douce espérance que tu allais me revenir un jour. Mais il n'y a que les fous qui continuent à s'abuser de la sorte, et on sait que le plus cinglé d'entre nous, c'était toi. Ne me contredis pas, veux tu ? Car tu ne me convaincrais nullement, qu'une personne sensée puisse donner sa vie pour une autre. Non, c'est l'acte d'un fêlé, et je n'en démordrai pas ! Mais aussi timbré que tu es, je t'aime et cela fait surement aussi de moi une givrée.

XXXXXXXXXXIl m'est insupportable de poser mon stylo, cela voudrait dire que je te quitte, pour un temps certes, mais une séparation tout de même. Il est douloureux de t'écrire, mais je me berne en le faisant. Je me construis le leurre de ta présence. Peut-être que c'est malsain. Peut-être. Mais je ne suis pas encore prête à tirer un trait sur toi. Et qui sait si ce jour viendra ? Il est temps maintenant de lâcher ma plume, si pénible ce geste semble être. J'espère que tu n'as pas totalement disparu. Que ton âme batifole à des jeux d'enfant avec celle de ton frère. Que tu puisses lire ceci, et ainsi voir l'intensité de l'amour que je te porte, malgré la colère qui brule en moi pour le moment.

XXXXXXXXXXQuatre jours sans toi... ça me parait déjà insurmontable ! Et ça ne fait que commencer !

XXXXXXXXXXJe t'aime, n'en doute jamais.

XXXXXXXXXXL.


ð ð ð



XXXXXXXXXXJe caresse ces mots manuscrits du bout des doigts. Ces mots que j'ai tellement lus et relus ces derniers jours en me posant un certain nombre de questions. La porte de ma chambre s'ouvre et je referme le carnet d'Alex. Je tente de le dissimuler mais il est trop tard, Joy se tient derrière mon épaule.

Joy : bon dieu Lena, qu'est-ce que tu fais ? Tu vas être en retard !

XXXXXXXXXXSes yeux se posent sur le carnet à la couverture de cuir, et la colère dans sa voix s'efface.

Joy : je suis désolée, qu'il ne soit pas là aujourd'hui...

XXXXXXXXXXPas autant que moi.

Joy : dépêche-toi ! Josh, nous attend dans la voiture et tu sais qu'il est impatient d'enfin te montrer ses talents de conducteur !

XXXXXXXXXXElle change de sujet, car elle sait pertinemment que parler de l'absence d'Alex n'est pas judicieux.

Lena : il va vite se lasser de faire le taxi pour nous !

Joy : laisse-le se délecter d'avoir enfin eu son permis !

Lena : je ne vais pas le brider dans ses épanchements de bonnes humeurs... Tu me laisses deux secondes, je vous rejoins au garage...

Joy : d'accord... Mais ne traîne pas. Je ne suis pas sure qu'un retard soit vu d'un bon ½il, surtout dans ton cas !

Lena : ne t'inquiète pas !

XXXXXXXXXXJe reprends le carnet, l'ouvre à dernière page que j'ai consulté et reprends ma lecture.



ð ð ð

XXXXXXXXXXTu me manques. C'est tout ce que je dirais aujourd'hui. Parce que ça a été une sale journée, et que si je te raconte tout ce que j'ai enduré, je vais me remettre à pleurer et je suis fatiguée de pleurer.

XXXXXXXXXXNe crois pas que je t'oublie, non. C'était tes obsèques aujourd'hui, et te dire adieu... c'était trop dur à supporter. J'ai essayé de parler pour toi. Mais mes phrases se sont noyées dans mes larmes. Ma gorge était trop serrée pour que je puisse articuler le moindre mot. Et je m'en veux, tu sais, d'être faible, de ne pas avoir pu te dire au revoir devant toute ta famille et nos amis.

XXXXXXXXXXJe ne voulais pas étayer cette sinistre journée. Et voilà que ma main retranscrit mes pensées sans que je lui demande. Si tu te poses la question, oui, les tâches d'encre, ce sont bien mes larmes qui se sont écrasées sur le papier. Je ne voulais pas pleurer. Mais... Il y aura toujours un « mais » quand il est question de toi. Tu as chamboulé mon existence et tu la chamboules encore maintenant...

XXXXXXXXXXTu me manques, à chaque seconde, à chaque minute, à chaque heure, de chaque jour. Cinq maintenant. Une éternité sans toi. Et ce n'est que le début... Qu'est-ce qu'il va se passer quand je commencerai à compter en semaine, en mois, en année ?

XXXXXXXXXXJe t'aime...

XXXXXXXXXXL.

ð ð ð



XXXXXXXXXXJe referme violement le carnet que je range dans mon sac. Je ne dois pas pleurer. Non. Pas maintenant. Je descends au garage, pour joindre Joy et Josh, non sans mettre regardée dans l'immense miroir de l'entrée en passant. Aujourd'hui c'est la remise des diplômes à l'université, et une tenue correcte est exigée. J'ai du mal à marcher avec ma robe fourreau et mes talons hauts, mais je compte bien enlever tout ça dès la fin de la cérémonie. Je m'assoie à l'arrière de la Cadillac de Josh. Il me sourit dans le rétroviseur.

Josh : prête pour le grand jour ?

Lena : mouais...

XXXXXXXXXXSans lui, rien n'est important.

Josh : c'est quoi cette moue et ce ton nonchalant ?

Lena : je me demandais si j'allais arriver indemne ! C'est un vrai permis que tu as ? Pas un faux ?

Josh : je ne répondrai pas tes attaques sournoises, jeune fille !

XXXXXXXXXXJe lui fais une grimace, et il démarre son bolide pour me conduire à la cérémonie.

Joy : tu as prit ton discours ?

Lena : non. Je n'en ai pas fait !

Joy : et bien, je crois qu'on va bien rigoler ! J'ai hâte de voir la tête de ce vieillard de doyen quand il va s'en rendre compte !

Lena : je ne vais pas me ridiculiser tu sais ! Il n'y verra que du feu !

Joy : à voir ! Tu connais ses talents ! Il détecte les entourloupes à dix kilomètres à la ronde !

Lena : alors pourquoi m'a-t-il choisie pour faire ce discours ? Je suis une entourloupe ambulante !

Josh : une évidence, ma chère ! Et tu en as autant conscience que moi !

XXXXXXXXXXOui, oui j'en ai conscience ! C'est à cause de mes liens avec Alex qu'il m'a choisie et pas pour mes qualités d'étudiante !

Lena : c'est d'un pathétisme !

Joy : je ne te le fais pas dire !

Josh : mais rappelons tout de même que personne ne t'a forcée à accepter !

Lena : je dois être maso c'est tout !

Joy : je sens que cette remise de diplôme va être plus palpitante que la notre !

Lena : plus palpitant que Sacha qui montre ses fesses au moment où Max monte sur l'estrade ?

Joy : hum... laisse-moi réfléchir... Totalement !

Lena : j'aimerai que ta prédiction ne soit pas fondée !

Joy : pour toi oui... mais pour nous, ça serait plus amusant si tu nous faisais une petite bourde !

Lena : et ça se dit être mon amie ?

Joy : la meilleure de toute !

Lena : ça, c'est à revoir peut-être !

Joy : tu me blesses !

Lena : mais non ! Tu dis ça parce que tu es en colère !

Josh : il serait agréable que vous suspendiez l'utilisation de cette expression dénuée de sens !

Joy : hé ho, monsieur le rabat joie du langage, tu ferais mieux de te concentrer sur la route !

Josh : sans quoi ?

Joy : tu le sais très bien !

Josh : bien mademoiselle.

XXXXXXXXXXJe ne sais pas ce que sous-entend cette petite phrase, mais ça a un effet b½uf sur mon colocataire !

Joy : tu vois, comment on dresse un homme ?

Lena : je tacherai de me souvenir de tes merveilleuses leçons !

Joy : j'y compte bien !

Lena : seulement si tu me dis avec quel argument tu le menaces !

Joy : ça s'est impossible ! C'est le secret d'une pro !

XXXXXXXXXXElle se retourne et me fait un clin d'½il qui en dit long. Elle me le dira c'est sur, mais quand Josh ne sera pas dans le coin à écouter notre conversation.

Lena : je ne te pardonnerai jamais pour ça !

Joy : tu t'en remettras j'en suis certaine !

XXXXXXXXXXArrivés à l'université, Josh se gare et me prend à part quelques secondes.

Josh : il me manque à moi aussi... terriblement. Mais aujourd'hui, c'est ta journée... Souris, car il serait ravi de t'admirer dans cette splendide robe, et fière d'ouïr ton discours improvisé. Fais lui honneur, jeune fille !

XXXXXXXXXXIl m'embrasse sur le front comme il a l'habitude de le faire et va rejoindre sa dulcinée. Quant à moi, je me dirige vers la salle où m'attend le doyen pour me prodiguer des conseils de dernière minute. Je l'écoute à peine, trop distraite par les paroles de Josh, qui ont réveillé en moi l'envi de lire à nouveau le journal d'Alex. Une fois le doyen éclipsé, pour me laisser me « concentrer », je sors le carnet de mon sac et le feuillette avant de tomber sur le passage particulier que je souhaite parcourir.



ð ð ð

XXXXXXXXXXAujourd'hui, j'ai souris. Et j'ai honte. Comment puis-je sourire alors que tu n'es plus là ? En te posant cette question c'est comme si j'entendais ta voix dans ma tête me dicter la réponse. « Tu as le droit de sourire... Le passé est le passé. Il faut te tourner vers le futur et ton avenir. Il sera fait de surprise, de bonne chose mais aussi de désillusion. Mais quoi qu'il arrive il ne sert à rien de regarder en arrière ! Va de l'avant ! Maintenant ! Envole-toi et laisse-moi derrière toi, pour découvrir des nouveaux horizons ! ». Tu ne l'aurais peut-être pas dit de la sorte... Mais c'est surement ce que je t'aurai glissé à l'oreille si tu étais à ma place en ce moment. Il est plus facile de dispenser des conseils que de les appliquer, n'est-ce pas ? Alors je vais continuer à me sentir coupable à chaque fois que j'oublie que tu es partit ! Et ne me dis pas, s'il-te-plait, que cette culpabilité disparaitra ! Je ne le souhaite pas !

XXXXXXXXXXUn mois, une semaine, deux jours ...

XXXXXXXXXXJe t'aime, encore et toujours...

XXXXXXXXXXL.

ð ð ð



XXXXXXXXXXOui je vais tacher de sourire aujourd'hui... Même s'il est absent. Juste parce que je sais qu'il souhaiterait que je sois heureuse aujourd'hui. Et puis cette petite lecture, a eu le mérite de m'inspirer pour mon discours !

??? : Mademoiselle, c'est à vous !

XXXXXXXXXXJe soupire, range le carnet dans mon sac, et monte sur l'estrade affronter mes camarades. Tous les regards sont tournés vers moi, et j'évite de me plonger dans celui de Joy, rieur. Elle attend sournoisement que je me plante ! Et bien je ne lui ferai pas cette joie !

Lena : C'est avec honneur, que j'ouvre cette remise de diplôme. J'avais envi de faire un discours, avec de grands mots, de grands auteurs. Mais, il est évident que Dickens, Malraux, Shakespeare, n'ont pas vécu à notre époque. Alors je me contenterai de parler avec mon c½ur et ma propre expérience. Les années universitaires sont, parait-il, les plus belles années de nos vies. Pour moi en tout cas, ça été le cas. Au-delà de nous créer un futur, l'université est une vraie expérience humaine ! J'y ai rencontré des personnes formidables et j'y ai appris beaucoup de chose sur les autres et moi-même.

XXXXXXXXXXJe fixe l'assemblée, en évitant soigneusement de m'attarder sur mes deux amis qui pouffent en fixant la mine cramoisie du doyen. Il aurait justement préféré que je cite du Shakespeare ! Enfin, je crois, puisque je n'ai pas écouté la moindre de ses attentes. Je reprends ma respiration et poursuit mon monologue d'une platitude rarement égalée.

Lena : maintenant, c'est l'inconnu qui nous attend. Une nouvelle aventure, qui s'offre à nous. Pour certain, l'entrée dans la vie active, pour d'autre le prolongement de leurs études. La plus-part d'entre vous regretteront leurs années ici, mais à ce moment rappelez-vous que le passé est le passé. Il faut te tourner vers le futur et l'avenir. Il sera fait de surprise, de bonne chose mais aussi de désillusion. Mais quoi qu'il arrive il ne sert à rien de regarder en arrière ! Laisser derrière vous le passé, pour découvrir des nouveaux horizons !

XXXXXXXXXXJe crois que je ferai mieux de m'arrêter là, avant de me ridiculiser plus amplement !

Lena : Félicitation à tous les diplômés !

XXXXXXXXXXUn tonnerre d'applaudissement salue mon discours. Ce n'est pas une ovation, mais cela témoigne d'un soulagement de la part des autres étudiants, de ne pas avoir entendu une énième allocution pompeuse. Finalement, il n'y a que le doyen et surement l'administration qui n'apprécient pas ma petite dérogation aux typiques discours de fin d'étude. Je souris, pour faire plaisir à Josh, et à Alex par la même occasion, même s'il n'a pas la chance de pouvoir remarquer mes efforts.

XXXXXXXXXXLe doyen s'approche de moi, le visage colérique et ouvre le long bal des remises de diplôme en me tendant le mien sans cérémonie. Heureusement que je ne vais pas le revoir après ce soir.... Une fois cet interminable moment passé, il est enfin temps d'aller à la réception organisée pour les diplômés. Mais avant, je dois récupérer mes affaires, dans la petite salle où j'étais tout à l'heure. J'agis avec empressement, et maladroite comme je suis, je fais tomber mon sac. Le carnet d'Alex glisse sur le parquet, et c'est avec difficulté que je le ramasse, trop empêtrée dans ma robe de soirée. Je caresse du bout des doigts sa reliure foncée, et je ne peux m'empêcher de le feuilleter à nouveau. Cette fois-ci, je choisis le dernier texte.



ð ð ð

XXXXXXXXXXToutes les choses ont une fin, n'est-ce pas ? Rien n'est immuable. Alors aujourd'hui sera la dernière fois que je t'écris. J'ai comprit que je devais aller de l'avant. Il m'en a fallut du temps, mais je l'ai enfin comprit. T'écrire, ne me permet pas d'avancer. Je stagne, je m'enterre dans ce que j'ai vécu avec toi. Mais c'est fini. J'ai enfin pu envisager un avenir. Grâce à lui...

XXXXXXXXXXÇa fait un moment déjà que je te fais part de propos sur lui... Peut-être le détestes-tu ! Mais j'aimerai vraiment que tu l'apprécies, car il me rend heureuse. Il ne prend pas ta place, loin de là. Personne ne peut prétendre usurper la place que tu as dans mon c½ur. Mais, il s'est forgé la sienne en ayant peur de ton ombre. Il avait raison d'être effrayé par toi. Se battre contre quelque chose de réel est facile, mais contre un souvenir, c'est plus compliqué. Tu étais tellement insinué en moi, que je ne voulais pas t'abandonner. J'avais peur de te trahir et de t'oublier en l'aimant. Mais ce matin je me suis levée avec une certitude. L'aimer ce n'est ni te tromper ni t'oublier.

XXXXXXXXXXNous avons partagé quelque chose de particulier, et jamais ces instants ne s'effaceront de ma mémoire. Mais il est temps pour moi de prendre un nouveau départ et de recommencer à vivre. Parce qu'au final, c'est ce que tu souhaitais en donnant ta vie pour la mienne. Tu n'aurais pas voulu me voir, revivre à l'infini nos moments de bonheur, mais justement m'en créer de nouveaux. C'est ce que je vais faire à partir de maintenant.

XXXXXXXXXXDeux ans, trois mois, une semaine et six jours. Voilà le temps que ça m'a prit pour faire ton deuil. Mais ce temps n'a aucunement effacé les sentiments que j'ai pour toi. Tu continueras à me manquer atrocement tous les jours... Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai. Sois en sur ! Adieu mon bien aimé. Adieu.

XXXXXXXXXXL.

ð ð ð



XXXXXXXXXXDes larmes roulent doucement sur mon visage. Je les essuie rageusement du dos de ma main. Je m'en veux de pleurer !

??? : comment peut-on pleurer après avoir fait le discours le plus scandaleux que cette université ai connu ? Tu devrais rire, Lena ! Rire !

XXXXXXXXXXJ'ai reconnu sa voix, dès les premiers mots qu'il a prononcés, et mon c½ur a fait un bond dans ma poitrine. Mais je ne me tourne pas vers lui toute suite, pour prolonger de quelques secondes l'instant de nos retrouvailles.

??? : toujours entrain de jouer avec le temps ? Arrête de me faire languir comme ça, et vient m'embrasser ! J'en rêve depuis des jours !

XXXXXXXXXXEt moi donc ! Je me précipite sur lui, et dévore ses lèvres qui m'ont tant manquée.

??? : je déteste partir, mais nos retrouvailles sont toujours aussi fantastiques !

XXXXXXXXXXIl me soulève et m'assoie sur une table. Il pose son front sur le mien et me caresse le dos d'une main et les cheveux de l'autre.

Lena : que fais-tu là ? Je croyais que tu ne pouvais pas revenir à New-York avant au moins une semaine !

??? : tu croyais vraiment que j'allais te laisser vivre ce moment sans moi ? Jamais ! Je suis là pour toi, à tout instant ! Et puis, je n'allais surement pas louper une occasion de te voir avec une robe des plus attrayantes, et des talons qui te rendent encore plus sexy !

Lena : pourquoi tes propos ne m'étonne même plus ? Mais j'ai une mauvaise nouvelle pour toi, vu que tu ne m'as pas prévenue de ton retour, j'ai déjà prévu une petite soirée avec mon amant ! Tu vas être obligé de t'éclipser !

??? : c'est ce que tu crois blondinette ! Tu m'appartiens !

Lena : je ne suis pas un objet !

??? : je m'en fous. Tu es à moi, un point c'est tout ! Et personne d'autre que moi n'enlèvera cette robe de ton corps.

XXXXXXXXXXJe fais semblant d'être outrée, par ses violents témoignages de possession. Mais au fond, je suis satisfaite qu'il me revendique comme sa propriété !

??? : mais avant, dis moi pourquoi tu pleurais avant mon arrivée. Tu sais que je ne supporte pas de te voir triste !

XXXXXXXXXXJe lui indique le carnet, et il acquiesce.

??? : je comprends... je suis désolé !

Lena : tu fais bien de l'être !

XXXXXXXXXXJe lui agite le carnet sous le nez.

Lena : c'est quoi ça ?

??? : une surprise... qui visiblement t'as surprise. Et c'était l'objectif !

Lena : je ne comprends pas ! Ça fait des jours que je me pose tout un tas de questions, sans arriver à te joindre pour t'en parler ! Tu m'envois ton carnet, sans rien, sans explication, juste avec un post-it collé dessus avec marqué « lis » ... J'ai lu. C'est magnifique. Comme tout ce que tu écris, mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu as écrit cette histoire ! Notre histoire finie bien Alex, alors pourquoi lui donner une tournure tragique ?

Alex : mais celle-ci finit bien aussi !

Lena : à sa façon oui, mais je peux te dire que je préfère largement vivre la vrai version, que celle que tu as écrite !

Alex : tu n'aimes pas, c'est ça ?

Lena : arrête, tu sais très bien que je suis ta plus grande fan ! Ce que je veux te dire, c'est que j'ai cru vivre ta perte et cette dépression... et te savoir loin de moi n'a rien arrangé ! J'ai pleuré, à chaque page. C'était tellement douloureux, d'imaginer que tu n'étais plus de ce monde ! Je ne veux pas vivre dans un univers où tu n'existes pas !

XXXXXXXXXXIl me prend dans ses bras, et me serre contre lui.

Alex : je suis désolé ma puce. Je ne voulais pas te faire souffrir. Tu me répètes tellement souvent que je suis tout pour toi, alors je voulais te faire prendre conscience que sans moi tu aurais très bien pu t'en sortir... C'était ma façon de te montrer toute la foi que j'ai en toi, et toute cette force que je perçois à l'intérieur de ton être. Et c'était peut-être aussi pour me donner le beau rôle ! Je ne pense pas que, s'écrouler de fatigue, se faire un traumatisme crânien et en conséquence se croire sur le point de mourir soit vraiment très héroïque !

Lena : moi je t'ai trouvé très héroïque ! Je te rappelle que tu t'es illuminé ! C'est assez romanesque à mon goût ! Et puis m'as fait une frayeur sans nom ! J'ai vraiment cru, que tu allais me claquer dans les mains ! Et puis au final, tu m'as quand même sauvé la vie ! C'était héroïque !

Alex : je plaisantais... moi aussi je préfère la vrai version de notre histoire. Mais au-delà de ma volonté de te faire comprendre ta force, je voulais aussi te témoigner à quel point je tenais à toi. La tournée promotionnelle de mon roman m'éloigne de toi... Et à travers ton personnage, je souhaitais te montrer à quel point être loin de toi me fait souffrir. Chaque fois que je dois te quitter, c'est un déchirement.

Lena : alors ne me quitte plus jamais...

Alex : d'accord...

XXXXXXXXXXMais il ne peut malheureusement pas rester à mes cotés... La tournée promotionnelle de son livre est bien trop importante pour qu'il la laisse tomber pour moi ! Son roman a été un carton aux Etats-Unis, et il est prévu qu'il aille en Europe le mois prochain, pour le lancement mondial.

Lena : trêve de plaisanteries, tu repars quand ?

Alex : dans deux jours ...

XXXXXXXXXXJe savais qu'il n'allait pas rester, mais entendre de sa bouche qu'il va à nouveau me quitter me fend le c½ur.

Alex : cache-moi ce visage déconfit, car tu viens avec moi ! Maintenant que tu es diplômée, plus rien ne te retient ici. Je viens de te promettre à l'instant que je ne te quitterais plus jamais, il est hors de question que je brise cette promesse ! Même si je dois pour ça te forcer à entrer dans une valise, pour t'emmener avec moi !

Lena : ça ne sera pas utile ! Je viens avec toi... carrément !

XXXXXXXXXXIl m'embrasse avec passion, et des décharges électriques se propagent le long de ma colonne vertébrale.

Alex : tu es prête à profiter des avantages de vivre avec un écrivain de renom ?

Lena : j'ai déjà eu un avant goût des effets de ta notoriété, en étant propulsée sur le devant de la scène pour le discours de remise des diplômes !

Alex : d'ailleurs, tu as dit que tu n'utiliserais pas de citations d'auteurs, ni de grand mots... mais j'ai cru y reconnaître tout de même ma patte !

Lena : bien vu ! Mais ne te vantes pas trop, il va encore te falloir vendre et écrire un sacré nombre de livre pour être cité une prochaine fois dans un discours !

Alex : des autres probables fois, je m'en moque... c'est la fois où tu m'as cité qui m'intéresse !

XXXXXXXXXXJe rougie violement, et il m'embrasse à nouveau. J'ai soudain beaucoup plus envi de rentrer à l'appartement pour passer du temps avec lui, que d'aller à la réception.

Lena : on rentre ?

Alex : j'aimerai bien... mais une surprise t'attend. Et j'aimerai bien revoir un petit coup mes amis avant de partir.

XXXXXXXXXXJe n'avais pas pensé à ça. En partant avec Alex, je vais quitter Joy et Josh... Ils ne vont pas être mécontents d'avoir l'appartement pour eux deux. Mais ça va me faire bizarre, de ne plus les voir tous les jours. Je ne peux décemment pas partir sans une fête d'adieu !

Lena : une surprise, tu dis ?

Alex : oui, et ne compte pas sur moi pour te la dévoiler !

XXXXXXXXXXJe grommelle, et Alex dépose un léger baiser sur ma tempe pour m'apaiser.

Alex : je sais que tu détestes les surprises... Mais celle-là va te plaire !

Lena : tu veux bien arrêter de me donner des indices ? Tu sais que je suis bien trop curieuse pour le supporter !

Alex : alors plus vite on y sera, plus vite ta curiosité sera assouvie !

XXXXXXXXXXJe descends de la table et manque de me tordre une cheville en me réceptionnant sur mes escarpins bien trop surélevés pour moi. Alex me soutient de justesse en riant.

Alex : ça casse un peu ton image de femme fatale de voir que tu es incapable de te déplacer avec un millimètre de talon !

Lena : un millimètre ? Tu te moques de moi ! J'aimerai bien te voir perché quelques secondes sur « un millimètre » de talon...

XXXXXXXXXXJe mime, les guillemets avec mes doigts lorsque je prononce « un millimètre ». Alex se retient de rire, et caresse mon avant bras dénudé du dos de sa main.

Alex : je doute, être aussi attrayant que toi avec...

XXXXXXXXXXIl attrape mon poignet, et m'attire contre lui. Il approche son visage du mien, et m'embrasse tendrement en glissant une main dans le bas de mon dos. C'est avec déchirement que je détache mes lèvres des siennes, le c½ur battant la chamade et ma respiration désordonnée. J'avais envi de lui rétorquer une phrase bien acide, mais cet imbécile a définitivement une influence sans borne sur moi, et la capacité de me manier à sa guise... Voilà qu'avec un baiser, il me fait oublier que l'on se charriait quelques secondes plus tôt...

Alex : on y va ?

XXXXXXXXXXJ'acquiesce, et il passe son bras autour de mes épaules pour me guider jusqu'à la réception, où j'ai l'immense plaisir d'y retrouver tous mes amis. Sacha a fait le déplacement depuis Chicago, et Max a refusé d'effectuer un photoshoot à Los Angeles pour être ici aujourd'hui. Je sers les deux frères entre mes bras et tente de les entrainer sur la piste de danse, où se déchainent déjà Joy et Josh, mais Alex s'interpose.

Alex : attends jeune fille pas si vite ! Tu n'as pas eu toute ta surprise !

Lena : et je peux savoir ce que vous m'avez concocté d'autre ?

Alex : retourne-toi !

XXXXXXXXXXJe fais volte face et découvre Mandy dans une splendide robe bustier noire. Je reste pétrifiée quelques secondes, puis je vole littéralement jusqu'à elle pour l'emprisonner de mes bras et la serrer fort contre moi.

Mandy : et bien Blondie, rien que pour découvrir ton visage ébahi, le voyage en valait la peine !

XXXXXXXXXXC'est la seule personne qui me surnomme ainsi, et l'entendre me ramène des années en arrière sur les bancs du lycée.

Lena : petite cachottière ! Je t'ai parlé au téléphone il y a deux jours et tu as omis de me préciser que tu avais prévu de me faire une visite !

Mandy : tu penses bien que je n'allais pas te gâcher la surprise, même si je sais que tu les détestes !

Lena : je crois que celle là me fait plaisir...

XXXXXXXXXXSous le coup de l'émotion, les larmes me montent aux yeux. Cette journée restera gravée dans ma mémoire c'est sur !

Mandy : félicitation pour ton diplôme ma Blondie !

Lena : merci ma Brunette !

XXXXXXXXXXElle s'écarte de moi et prend soudain un air grave.

Mandy : j'ai un message pour toi... De la part de Jacob.

XXXXXXXXXXJe sens que le regard d'Alex pèse sur ma nuque, immédiatement après que le prénom de mon ex prononcé. Je le croyais occupé à parler avec Max et Sacha, mais il était en réalité très attentif à mes retrouvailles avec ma meilleure amie.

Mandy : il souhaitait que je le fasse à l'oral, mais je n'avais guère envi de te le transmettre sous cette forme. Alors il t'a écrit une lettre...

XXXXXXXXXXElle me tend une enveloppe, que je prends délicatement entre mes doigts avec appréhension. Je serre doucement l'épaule de mon amie, et m'éloigne pour lire cette lettre au calme. Alex me couve du regard, attentif à mes moindres gestes. Je déchire l'enveloppe douloureusement, j'ai bien trop peur de découvrir ce qui s'y cache.



ð ð ð

XXXXXXXXXXLena,

XXXXXXXXXXTu as été une énigme pour moi. Je croyais te connaître, mais je me trompais. Je te voyais, comme une personne intègre qui préférait la vérité aux mensonges. Mais du jour au lendemain tu as changé, abandonnant tout sur un coup de tête. Tu m'as fait tellement de mal, mais je me consolais un peu en constatant qu'il n'y avait pas que moi que tu avais évincé de ta vie.

XXXXXXXXXXQuand je rentrais chez nous, pendant les vacances, tu n'étais plus là. Je voyais Mandy, errer dans la ville, à la cherche de la moitié qu'elle avait perdue, la même que la mienne. Alors, je me rassurais en me disant que le problème ne venait pas de moi, que tu avais juste oublié tes racines dans les bras d'un autre et dans un autre lieu.

XXXXXXXXXXPuis, moi aussi j'ai commencé à m'éloigner, de notre origine et de nous. A quoi bon revenir dans cette ville, qui me rappelait que tous les souvenirs que j'y avais, c'était avec toi ? Les mois ont passés, les années aussi, et j'ai arrêté de penser à toi. J'ai arrêté d'essayer de comprendre, pourquoi tu avais laissé Mandy, ta meilleure amie, celle avec qui tu partageais tout. Moi je comprenais pourquoi tu ne souhaitais plus me voir, tu ne m'aimais plus. Mais elle, pourquoi ?

XXXXXXXXXXHier, je suis revenu chez nous. J'ai croisé Mandy pour la première fois depuis deux ans. Elle avait cette mine joyeuse que je lui connaissais, et elle m'a annoncé ta brillante réussite à l'université. J'ai donc appris bien malgré moi, que tu avais reprit contact avec elle. Et à nouveau, j'ai voulu te comprendre... Pourquoi ce changement soudain ? Elle m'a raconté ton histoire, et ce que tu avais fait pour nous protéger. Elle ne savait pas si elle pouvait me dévoiler ces éléments, alors ne lui en veut pas de m'avoir tout dit, j'ai longuement insisté pour avoir la vérité. J'aurai aimé, l'apprendre de ta bouche. Mais au final je saisis parfaitement les raisons de ton silence. Tu m'avais déjà brisé le c½ur, tu ne souhaitais pas me le briser une nouvelle fois, en m'apprenant que notre séparation n'était basée que sur des mensonges, mais que le résultat était finalement identique puisque tu en aimais un autre, pour de vrai cette fois.

XXXXXXXXXXJe ne souhaite pas te culpabiliser, en te faisant des reproches. Je pense que tu as autant souffert que moi de cette situation et j'admire ton courage. Dans ton cas, je ne crois pas que j'aurais eu l'audace de te quitter. Mais, j'avais cru que l'on était assez proche à l'époque pour que tu daignes te confier à moi. J'avais tord. C'est surement parce que je n'étais pas celui qu'il te fallait et même après plus de deux ans, c'est difficile à admettre.

XXXXXXXXXXJ'espère qu'un jour, nous aurons l'occasion de nous croiser à nouveau, et de nous apprécier en amis. Je te souhaite, beaucoup de bonheur, et j'en profite pour t'adresser mes plus sincères félicitations pour ton diplôme.

XXXXXXXXXXJacob

ð ð ð



XXXXXXXXXXJe finis de lire avec un énorme pincement au c½ur. Je suis heureuse avec Alex, mais Jacob a eu une très grande importance dans ma vie, et savoir qu'il souffre encore à cause de moi, me chagrine. Je n'ai pas oublié notre passé, cependant, je ne peux que constater qu'il a totalement raison lorsque qu'il stipule qu'il n'était pas celui qu'il me fallait. Je ne m'en étais pas rendue compte à l'époque, mais maintenant, je sais que notre histoire était vouée à l'échec, même sans ma maladie ou ma rencontre avec Alex. Nous étions trop identiques et pas assez complémentaires, pour que cela fonctionne. J'aimerai qu'il le comprenne, car je sens qu'il a encore des sentiments forts pour moi.

XXXXXXXXXXJe range la lettre dans mon sac et retourne vers mes amis. Alex prend ma main dans la sienne et effectue une petite pression sur ma paume pour savoir si je vais bien. Je lui réponds par un grand sourire qui dissipe un peu ses craintes. On a beaucoup parlé de Jacob, et en dépit de tout ce que je lui ai dit, il a toujours peur, qu'un jour je retourne vers mon premier amour. Je ne peux l'en blâmer pour ça, j'ai la même terreur en ce qu'il concerne Cassy.

XXXXXXXXXXPour le rassurer, je prends un stylo dans mon sac et écris sur son avant bras que je l'aime. Ses yeux brillent lorsqu'il lit l'inscription sur sa peau et il me mène sur la piste de danse où l'on commence à se déhancher ridiculement bientôt rejoins par le reste de notre petite troupe. S'il devait y avoir une palme des danseurs les plus excentriques, elle serait indéniablement pour nous. Sacha tente sans grand succès de faire du break danse en se roulant par terre, Joy fait un remixe de Grease, Mandy est dans son monde en effectuant un semblant de danse contemporaine, sans parler de Josh qui s'amuse à se déplacer en faisant le kangourou ! Max circule entre nous avec son appareil photo, pour immortaliser le moment. Cette journée n'aurait pas pu être mieux !

XXXXXXXXXXLa réception tirant sur la fin, on décide de prolonger la soirée à l'appartement. On s'avachie sur le canapé et les fauteuils du salon et je me blottie dans les bras d'Alex. Nous parlons de tout et de rien, profitant de ce rare moment où nous pouvons être tous réunis. Max s'éclipse discrètement, et je veux me lever pour savoir s'il va bien mais Alex me retient impétueusement dans ses bras. Au moment d'aller nous coucher, j'ai l'étonnement de trouver un album photo rempli des clichés de la soirée et je comprends le petit manège de Max. Je regarde un moment avec Alex, nos têtes sur le papier glacé.

Lena : non mais regarde, il n'y a pas un seul garçon qui sourit ! Ce n'est pas du travail ! On dirait que vous vous ennuyez à mourir !

Alex : c'est juste que Max nous as tellement soulé à nous photographier sous tous les angles qu'à un moment donné on se lasse de sourire.

Lena : t'aurais pu faire un effort pour moi quand même !

Alex : promis la prochaine fois !

Lena : je m'en souviendrais !

XXXXXXXXXXJe continue, à tourner les pages et m'arrête sur une photo de nous tous, prise par un inconnu qui a bien voulu nous faire ce plaisir. J'observe un à un le visage de mes amis, et je me rends compte qu'ils vont tous affreusement me manquer !

Lena : je suis heureuse de partir avec toi... mais je vais les regretter... tous.

Alex : moi aussi. Ne t'inquiète pas, on fera en sorte de les voir le plus souvent possible... Et puis il faudra bien se poser un jour quand tout sera terminé. Que penses-tu d'un petit nid douillet à New-York ?

Lena : ça serait le paradis...

Alex : tant que je suis avec toi, le paradis est partout !

XXXXXXXXXXPour toute réponse, je l'embrasse. Je n'ai jamais eu de talent pour les mots ou les grandes déclarations. Entre deux baisers j'arrive tout de même à articuler trois petits mots.

Lena : je t'aime

Alex : je sais... Moi aussi...

Lena : je sais ...



ð ð ð

Ok ok, c'est long, mais j'avais énormément de chose à placer... Et je n'ai pas réussi à tout caser, alors vous allez bientôt avoir le droit à un épilogue !

J'espère que c'est assez clair ! J'ai conscience que c'est un peu brouillon par moment... ce n'était pas évident à mettre en place !

Vous vous demandez surement (ou pas) pourquoi j'ai fait une sorte de double dénouement. Je vais donc vous donner une petite explication. Quand j'ai commencé cette histoire, j'avais l'intention de la finir tragiquement par le décès d'Alex. Mais je me suis rendue compte que j'étais plus du genre happy end ! Alors, ma première idée de fin est racontée par Alex dans son carnet... C'était aussi l'occasion de vous induire en erreur. Ai-je le droit de m'avouer satisfaite de cette petite blague ? Oh que oui !

Goodbye everybody, see you soon !

Chapitre 33 - Lena

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 11:24

Modifié le jeudi 10 décembre 2009 14:54